Ose court

OSE COURT - Miseria

28 octobre 2009 | Par : Gore Sliclez

Ne croisez pas son regard...

"DRAME : Une mort atroce à seulement 26 ans Alan Morse, 26 ans, a trouvé la mort cette nuit aux alentours de 23:10, renversé par une voiture sur la route qui mène à l’immeuble dans lequel il vivait. " Alan regarde sa montre : il est 23:08. Que feriez-vous à sa place ?

Dans le cadre de notre chronique hebdomadaire OSE COURT, place aujourd’hui au nouveau film de la jeune réalisatrice Françoise Ellong : Miseria. Sa jeunesse n’a d’égale que sa passion du cinéma de genre pour lequel elle rend brillamment hommage à travers ce court qui lorgne avec talent et toutes proportions gardées du côté de Martyrs ou d’un Romero des premières années. Volontaire et plutôt culottée, voilà la réal plantant son décors dans les rues de Saint-Denis provoquant par la même occasion un "film dans le film" compte-tenu du contexte urbain. Dans la peau de Miseria : la belle Stéphanie Kern Siebering, ex Scream Queen of the Week et officiant déjà sur le très attendu "Ouvert 24/7" de Thierry Paya.

Vous geeks de la Francophonie, réservez-lui l’accueil qu’elle mérite, car plus maintenant que jamais c’est le moment de soutenir ce cinéma parallèle qui nous fait découvrir chaque mois de jeunes talents hyper-motivés, talentueux et prenant plaisir...à faire plaisir.

- Petite présentation pour ceux qui ne te connaissent pas ?

J’ai 21 ans, je suis née au Cameroun. C’est à l’âge de 11 ans que je découvre la France, mais aussi ma passion pour la littérature, et ensuite, l’écriture. Durant toutes mes années collège, j’ai dévoré des bouquins de Stephen King et je dois avouer que c’est en lisant ses livres que l’envie d’écrire m’est venue. J’ai tout de suite surpris mon entourage avec des histoires où les personnages étaient enfermés dans des caves sombres, un bras arraché, un œil crevé venu tout droit de l’au-delà. Ma réelle passion pour le cinéma a pris forme il y a quatre ans. Je me suis formée en observant d’autres travailler, en bouquinant tout ce que je trouvais en rapport avec les techniques du scénario et de l’image et en participant à des stages et ateliers liés au 7ème Art. Aujourd’hui, j’entame un Master en Digital Film à Londres après un cursus littéraire et une licence en communication.

- D’où vient l’idée de Miseria ? Et pourquoi Miseria ?

Guinàn Deluca, comédien du film m’appelle un matin et me dit : « écoute Frannie j’ai une idée qui m’est passée par la tête tout à l’heure, et je pense que ça devrait te plaire ». Très curieuse, je l’invite à continuer et c’est là qu’il me dit « un homme découvre dans un journal qu’il est décédé ». Tout de suite, je vois jaillir en moi des tonnes d’images incontrôlables. Mais aucune d’elle n’a été la résultante de la version finale du film. Guinàn n’avait qu’un pitch, c’était à moi d’en trouver l’histoire. J’ai écrit une première version, pas très satisfaisante. Puis je l’ai remaniée une seconde, une troisième, puis une quatrième fois. Au bout de cette quatrième fois, j’ai senti que je tenais l’histoire que je voulais raconter. Je voulais parler de mort, bien évidemment, mais je voulais également confronté deux visions de cette mort. D’une part, un sans abri incarné par Patrick Diwen. La misère est son quotidien. Il n’a pour seule compagnie que ses bouteilles d’alcool, qu’il appelle les filles. Son destin n’est écrit nulle part, et c’est donc tout à fait par hasard qu’il tombe sur le personnage de Miseria. D’autre part un homme lambda, ne vivant certes pas dans la même misère que le sans abri, mais proche d’elle néanmoins. Pour lui, tout est écrit : le journal qu’il découvre annonce sa mort à 23 :10. Il regarde l’heure : il est 23 : 08. Que va-t-il faire ? Il n’y a pas place au doute, car Miseria n’est pas loin. La question est toute autre à présent, car il s’agit maintenant de savoir ce qu’il peut faire.

Le titre du film m’est venu spontanément. « Miseria » vient du latin miseriae signifiant le malheur, la peine, la douleur ou encore la misère. Tant de sentiments à mon humble avis suffisants à la destruction d’un homme. Le film parle de toutes ses menaces invisibles qui planent sans cesse au-dessus de nos têtes, attendant patiemment nos moindres faux pas.

« MİSERIA » traite d’un sujet qui me fascine, d’une approche quasi fataliste de cet état de complète passivité que certains d’entre nous craignent par-dessus tout : la mort. Il n’y a pas de vie sans mort aussi bien qu’il ne peut y avoir de Dieu sans Satan. Je souhaitais que l’histoire de ce court mette tout le monde sur un pied d’égalité en ce qui concerne la mort : que l’on soit un sans abri habitué du froid, un homme avec certes un toit au dessus de la tête et un lit chaud dans lequel se blottir, lorsque l’heure a sonné, c’est qu’il n’est plus temps de penser à s’enfuir. Riche, pauvre, connu, anonyme, s’ils sont deux choses dont nous avons tous en commun, sont la naissance et la fin de vie. Notre richesse ne l’empêchera pas, au même titre que notre pauvreté, notre célébrité ou notre anonymat. Le rythme est certes différent pour les uns et pour les autres, mais finalement, tous les chemins ne mènent-ils pas à Rome ?

- Comment as-tu rencontré Stéphanie Kern Siebering ?

Stéphanie m’a été présentée, alors que j’hésitais encore sur les candidatures que j’avais reçues pour le personnage de Miseria. Ma première rencontre avec elle s’est faite dans un café sur paris. Au terme de notre longue conversation, il m’a paru évident que personne d’autre qu’elle n’arriverait à incarner mon personnage. J’avais en face de moi Miseria telle que je me l’étais représentée, physiquement du moins, et je n’ai pas du tout été déçue de ma collaboration avec elle. C’est une comédienne comme on en trouve rarement, surtout sur des projets de court-métrages. Le casting est difficile, car compte tenu des moyens et parfois des conditions, il est difficile de mettre la main sur des personnes aussi passionnées qu’elle. Mais ce qui m’aura le plus marquée chez Stéphanie, c’est son professionnalisme, sa patience et surtout, son respect du travail de chacun.

- L’apparition de Miseria ressemble beaucoup à la scène d’ouverture de Martyrs. Un hasard ?

Pas du tout. Je fais partie des personnes qui pensent que Martyrs, à bien des points, est une réussite du genre made in France. Pascal Laugier à mon sens, nous a offert de grands moments dans son film, notamment cette fameuse scène d’ouverture. Il ne s’est pas agit pour moi d’un quelconque plagiat, ou autre, mais inconsciemment, j’ai rendu un petit hommage à ma façon à ce film qui a été pour moi une très bonne surprise. Cependant, l’arrivée de Miseria telle qu’elle a été filmée n’est pas du tout celle de mon découpage. J’avais au contraire privilégié un pano semi-circulaire qui démarrerait derrière le personnage, contournerait par la droite ses pieds avançant vers les bennes tout en élargissant le champ et s’élevant jusqu’à la première découverte du visage de Miseria. Ce mouvement aurait été possible à l’aide d’une grue initialement prévue dans la liste du matériel. Mais après un léger bras de fer avec la mairie de Saint-Denis, nous avons été contraints de réduire à beaucoup notre matériel.

- La scène où l’on voit Miseria traverser la rue fait penser à la fois à un Romero et à la fois à la fantasmagorie du cinéma d’horreur asiatique. Deux références pour toi ?

Complètement. Je suis une vraie fan des films d’horreurs asiatiques, et supportent très mal les remakes qu’en font nos amis les américains. Dans ma note d’intention, j’écrivais que je souhaitais, c’était de « … réussir à générer un huis-clos angoissant en plein air, avec des chorégraphies et une esthétique qui [rappelleraient] celles des films d’horreurs asiatiques ». The ring, The grugde, shutter… J’éprouve toujours un réel plaisir à regarder et re-regarder d’un œil souvent très attentif ces films. Quant à Romero, c’était pour moi une évidence. En ce qui me concerne, ma fascination du mort-vivant ne réside pas tant dans son aspect, mais dans sa lenteur. Il à cette caractéristique fascinante de toujours réussir à nous rattraper, peu importe les moyens que nous mettons en œuvre pour lui échapper. Je suis une mordue des films de Romero, car c’est le seul réalisateur qui je trouve nous montre tout ce qu’on aime particulièrement chez les morts-vivants. Plus il nous en donne, plus on en redemande.

- Et la collaboration avec David Scherer ?

David Scherer est une personne pour qui j’ai une totale admiration. Il s’est présenté à moi la première fois, alors que je préparais Dade, mon précédent court-métrage. Imaginez ma surprise, quand j’ai découvert sa filmographie. Tout simplement énorme. Mes collaborations avec David ont été un réel plaisir. Lorsque l’idée de Miseria m’est venue, je l’ai appelé tout de suite, et nous en avons parlé longuement. J’étais envahie d’une quantité insupportable de ressenties et sentiments concernant Miseria, et la meilleure façon que j’ai eue de l’illustrer un tant soi peu à David, a été de lui dire : « je veux la femme de tes rêves, mêlée à celle de tes cauchemars ». Je pense que c’est à ce moment là que des idées ont commencé à fuser pour lui, et sa question immédiate a été ensuite « qu’as-tu pensé de Martyrs ? ». Il avait exactement mis le doigt dessus. Mon court-métrage est en partie fait de clin d’œil et hommage au genre de films que j’aime énormément, et la référence à Martyrs m’a tout de suite plu. David a ensuite travaillé en étroite collaboration avec Gégory Lê, storyboarder et illustrateur talentueux avec qui je travaille depuis deux ans. Ensemble, ils ont donné forme à Miseria, me tenant régulièrement informée de l’avancée des croquis et essais de David. Durant le tournage, David était assisté de Cedric Amann, très bon créateur SFX également, et de Virginie Tafani, qui s’est chargée de la « mise en beauté » du personnage. C’est sans en faire trop, que je n’imagine plus un film de genre made in France sans David Scherer. Je pense que tous les jeunes réalisateurs et réalisatrices qui font dans le genre, se rendent compte d’avoir tous et toutes cette perle en commun…

- Qui signe la musique très prenante du film ?

Anthony Bui. Anthony s’est présenté à moi par le biais de myspace. Il avait vu ma page, et aimé l’ambiance qui en découlait. Je me souviens avoir ouvert mes mails, reçu et lu son message très simple mais clair, et m’être dit : mon film prend forme. Cependant, notre rencontre s’est également faite alors que je préparais Dade. Dade malheureusement, après quelques soucis doit repartir au montage et subir un troisième cut. Mais Anthony ne m’a pas du tout laissé tomber. Quand l’aventure Miseria a commencé, je lui en ai tout de suite fait part, et il a été emballé par le pitch. Une fois qu’il a eu le film en main, tout s’est enchaîné. Il voyait déjà la musique du film à chaque seconde. Je regardais fasciné cette petite lueur qu’il avait sur le visage, et qui semblait me dire que les idées tourbillonnaient au fond de lui. Je n’avais pas tort, car à peine deux trois jours, le temps de quelques arrangements, qu’il me proposait déjà cette musique. Inspirée des films d’horreur asiatique également, notamment The Ring, j’étais aux anges. Il avait réussi du premier coup. Un vrai coup de maître pour moi.

- D’où venaient les figurants du film ?

Les figurants viennent de l’acharnement de mon second assistant Antoine Lareyre, pour trouver des figurants qui veulent bien tourner de vingt et une heure à cinq heures du matin pendant deux jours. Nous en avons beaucoup perdu, à cause des dates qui ont dû changer. Je remercie profondément toutes les personnes qui ont fait le déplacement, leur respect total de notre travail, mais surtout leur curiosité. Ils n’hésitaient pour la plupart à venir me voir entre deux prises et poser des questions sur le déroulement d’un tournage, ou sur mes choix de mise en scène. Antoine les a dirigés à ma demande, car il avait vraiment bien préparé leurs scènes. Il avait des plans en main, des points A, des points B, les équipes A et les équipes B. Je décrivais uniquement le trajet et guidait certains d’entre eux dans leurs jeux, mais Antoine a fait un boulot formidable d’organisation. Il n’y a eu réellement aucun problème ni incident avec les figurants. Je tiens donc une nouvelle fois à les remercier du fond du cœur.

- Et toi, que ferais-tu s’il te restait deux minutes à vivre ?

Très bonne question. Je tricherais si je disais que je détiens la réponse à cette question. La raison à cela, est que je ne me la suis jamais posée avant Miseria. Je pense sincèrement que nous vivons parfois tous comme si nous étions immortels, comme si ce genre de choses n’arrive qu’aux autres, jamais à soi. Mais j’ai quand même ma petite idée là-dessus. Dans le contexte du film, j’aurais fui. C’est la nature humaine. Alors je ne le nie pas, j’aurais fui. Mais dans un autre contexte, je prendrais une feuille, un crayon, et écrirai la plus longue lettre possible à toute ma famille. Oui, je pense que c’est ce que je ferais.

- Où en est ton projet de long « The North Wing » ?

The North Wing est un projet pour lequel je me bats énormément. J’ai beaucoup travaillé sur le scénario de ce film, l’ai retravaillé un nombre incalculable de fois, et surtout, l’ai envoyé en traduction pour une version en anglais. C’est un très gros projet, qui a vu le jour grâce au soutien de Mick Gondouin qui pour moi en est le parrain, car il a tout de suite cru en mes capacités. Le scénario est écrit, du moins sa première version. Sa version anglaise également est disponible, et nous travaillons très dur sur un dossier de presse irréprochable.

‘The North Wing’ se déroule dans une ville sortie tout droit des méandres de mon imagination : Vandernoot City. Un nom dont la particularité recherchée, a été à la fois l’intemporalité, mais également, une sorte de multi nationalités. La raison en est la suivante : le film traite de sujets sensibles tels la violence psychologique carcérale, mais également la légitimité dont sont convaincus, aujourd’hui encore, de nombreuses personnes quant à la nécessité d’une condamnation à mort d’un prisonnier.

Après lecture du scénario, Jo Prestia et Mick Gondouin très emballés par l’histoire, m’ont tout de suite donné leur accord de principe. David Scherer n’a pas hésité à me dire qu’il serait également de la partie, et Anthony Bui, qui a lui aussi lu le scénario, m’a également montré au plus haut point son soutien et son envie très forte d’y participer. Nous attendons patiemment l’accord de principe de Madhur Mittal, Slumdog Millionnaire, qui lit en ce moment la version anglaise du scénario, car le film est prédestiné à être tourné en anglais. Néanmoins, je tiens à ce que ce soit une production française, avec simplement un casting ouvert à l’international. Le film est très pro américain, ce serait un tort de le nier, mais nous sommes en France et ce sont des films français que j’aimerais faire. Pour illustrer ce désir au mieux, j’ai fait le choix du personnage principal bien de chez nous.

Je ne peux cependant pas parler de The North Wing, sans parler de David Lucchini Deplanque. David est un jeune réalisateur dont j’admire énormément le travail. Nous nous sommes connus par le biais de David Scherer, et nous sommes ensuite rencontrés lors d’une soirée cinéma organisée sur paris. Depuis, David a fait office de « grand-frère » du cinéma, car c’est lui que j’harcèle à chacun de mes tournages pour des conseils, certaines méthodes de travail. J’ai beaucoup appris grâce à lui, et sa critique est très importante pour moi. J’ai beaucoup aimé son court-métrage « mauvais mélange », et c’est sans hésiter que je lui ai proposé une coréalisation pour ce premier long. Après lecture du scénario, David a accepté volontiers ma proposition. Nous combinons désormais nos forces pour mener à bien ce projet.

The North Wing est actuellement entre les mains de nombreuses productions françaises, et attend des réponses. Quant à nous, nous continuons notre acharnement à la préparation de ce projet. On y croit énormément. Le film est donc à la recherche d’un producteur.

- Comment arrive-t-on à tourner un film à Saint-Denis ? Pas de soucis avec les habitants ?

Une vraie mission suicide. J’aurais du m’en rendre compte, mais je me suis laissée porter par la naïveté de croire que tout est possible. Ca l’est effectivement, mais nous avons vraiment pris beaucoup de risques. Nous étions sans cesse interrompus par les riverains, notamment les plus jeunes d’entre eux. Nous avons rencontrés pas mal de sans abri à qui nous avons souvent été contraint de tenir la conversation au moins cinq minutes, afin qu’ils ne sentent pas agresser ou autre. Le plus dur cependant, a été la scène de Miseria tournée près des bennes à ordures. Stéphanie est allongée à même le sol, il fait très froid, elle est en petite tenue. Nous avons fait en sorte que l’endroit soit le plus propre possible, afin de ne prendre aucun risque inutile. Mais au moment de tourner la scène, les premières agressions ont commencé. Les riverains nous chassaient à leur manière. L’horreur. Je n’avais encore jamais été confronté à un tel problème. Après tous les soucis de préparation qu’avait eut Miseria (un producteur répondant aux abonnés absents, réduction du temps de tournages, une chef opératrice qui nous plantent deux jours avant le tournage, la nécessité à la dernière minute de changer de cadreur…), on assistait littéralement au pire. Ce jour-là, nous avons passé presque une heure sans tourner, obliger d’appeler la police pour nous sentir plus en sécurité. Tout semblait mis en œuvre pour que le film ne voie jamais le jour. Mais nous nous sommes acharnés, toute l’équipe, parmi laquelle nous avons eu le plaisir de compter les membres de l’association Pok Productions. Le scénario en a pris un gros coup et notre but a donc été finalement de proposer un contexte, une ambiance et des personnages intéressants. Miseria a beaucoup de défauts qui sont pour la plupart liés à toutes ses difficultés rencontrées en chemin, et même le jour J. Notre fierté pour le film réside sur cette phrase de fin de tournage : ON L’A FAIT !

- Les horaires devaient être éprouvants et quelques peu tendus compte tenu du matériel utilisé ?

Miseria devait être préalable tourné en Mars. L’hiver nous aurait permis de gagner en temps de tournage, car à partir de dix huit heures, il fait nuit noire. Le producteur lié au projet s’étant désisté sans raisons, ni sans prévenir, nous avons été contraints de repousser le tournage en mai. Sauf que le problème, c’est qu’à cette période, le soleil ne se couche qu’à partir de vingt et une heure. Nous avons perdus six bonnes heures sur les deux jours de tournage. C’était énorme. Mais nous étions lancés, il était réellement trop tard pour tout annuler. L’équipe était prête, les comédiens également. Tout arrêter aurait été une vraie catastrophe pour toutes les personnes qui avaient bossé et bloqué leurs plannings pour nous. Miseria devait être tourné. Nous avions loué pas de matériel. Je pense que ça été une réelle compensation pour l’équipe après tant de galères. Mais matériel pour lequel nous devions restés très près et jamais perdre de vue.

- Comment vois-tu ton avenir dans le cinéma de genre ? As-tu choisi cette voie ou est-ce un hasard ?

Il m’est impossible de raconter une histoire, sans y ajouter une pointe d’horreur, de fantastique, d’angoisse… Ça vient naturellement. Je suis d’origine camerounaise, et j’ai souvent dit aux gens autour de moi, que l’Afrique est l’un des QG aux histoires de fantômes, de revenants et autres. Une vraie source d’inspiration pour moi. J’ai été en partie élevée dans cette culture, et cette atmosphère a laquelle on s’habitue vite. Des histoires « d’horreurs », on en trouve à chaque coin de rue au Cameroun si on prête bien l’oreille. Je me souviens du plaisir que j’avais à écouter mes frères, mes tantes et cousins lorsqu’ils s’embarquaient dans un de ses récits morbides. Ma mère aussi aimait les films d’horreurs dans le temps. C’est d’ailleurs elle qui m’a fait découvrir mon premier film de morts-vivants. Je ne me souviens plus exactement, mais il me semble que c’était l’histoire d’une fille que les parents amènent à l’hôpital pour un petit problème. Le temps passe et l’adolescente se rend compte que le lieu est de plus en plus silencieux. Un coup d’œil dehors lui montre un lieu quasi désert, et au bout d’un temps, les voilà qui débarque. Les zombies. L’image précise que j’ai de ce film, est celle d’une balle en plein front qui est en fait le seul moyen de les tuer. J’avais sept ans. Par la suite, ça a été les clips de Michael Jackson pour qui j’ai une admiration totale : Thriller et Ghost (Ghost d’ailleurs écrit par Stephen King si je ne me trompe pas). Je n’ai donc pas l’impression d’avoir choisie cette voie, pour être honnête, elle m’a parut de soi.

- Quels sont tes projets futurs ?

Je travaille en ce moment sur la préparation d’un autre court-métrage The Unknown en collaboration avec justement David Lucchini Deplanque. Nous avons eu pour idée de préparer ensemble une coréalisation, afin de convaincre encore mieux les producteurs pour le long-métrage. The Unknown est un thriller psychologique et angoissant mettant en scène un psy avec une enfant un peu particulière. Le pitch évidemment, ressemble beaucoup à des films qu’on a déjà tous vus, mais le contenu n’est pas du tout le même. J’ai moi-même fait le test : personne jusqu’ici n’a réussi même un peu à deviner mon histoire. On ne s’attend pas à ce qu’on découvre ensuite en lisant le scénario. Nous espérons tourner ce court en 35 mm. Le film fait une quinzaine de minutes environ.

L’autre projet du moment, est une invitation que j’ai reçue venue tout droit de mon pays natal, le Cameroun. Invitation à présenter Miseria au festival Mis Me Binga (Regard de femmes) qui se tient du 04 au 08 mars 2010 à Yaoundé, la capitale. Une vraie surprise. Stéphanie Kern Siebering et moi-même serons de la partie. Nous avons vraiment hâte d’y être. C’est un honneur pour moi, que de participer à un festival qui se déroule dans mon premier chez moi.

LE SITE DE MISERIA

Commentaires

franou tu m’a trop surpris, que moi je ne saurais koi dire de ta passion toi 1film c’est trop génial car je dirais aussi à mes pôtes que dans la mifa on a eu une réalisatrice et c’est la BENGUISTE f. ELLONG beaucoup de courage la niècesse et surtout mes félicitations je suis 13fièr pour toi. ba là gt lèce k666666666666666666

4 novembre 2009 | Par rodrig

BON BA FRANNIE JAVAI DEJA LU LE RESUMEZ DE TON HSITOIRE SUR LES MUR DE LA FAC IL ME SEMBLE ET JAVAI TROUVER SA ARCHI BIEN
TA BEAUCOU DE TALENT ENCORE PLUS DE DETERMINATION ET DE SERIEU DONC JME FAI PA DE SOUCI PR TOI
JTE SOUHAITE KE TT TES REVE SE REALIZE...
BIZ

4 novembre 2009 | Par TCHITO

J’ai eu la chance de le voir et je le trouve vraiment bien. L’ambiance, le découpage, les lumières et les comédiens sont tous bon.
Seulement au milieu du film quand la jeune femme fantôme suit l’ami du clochard tué, c’est malheureusement bizarrement mis en scène (j’imagine que c’est à cause des conditions de tournage), voilà c’est un peu brouillon, à ma première vision j’avais pas remarqué qu’il lisait sa mort dans le journal, ça va trop vite.
Pour moi, c’est le gros point faible du court métrage mais sinon à part ça c’est vraiment très bon.
Je félicite le courage de la réal et de son équipe pour avoir tourner dans Saint Denis car connaissant les lieux, j’aurais jamais eu le courage de tourner là bas.
La passion permet de braver tous les dangers et ça c’est classe, faudrait que des réals pro en prenne de la graine.

4 novembre 2009 | Par Josselin

Une vraie passionnée la ptite Frannie..je te reconnais bien là ! Tu lache pas l’affaire tant que tu sens que c’est ce que tu dois faire...Ton film et ton histoire vont faire des envieux C sur ! J’espère vraiment de tout coeur que tu ira loin !

31 octobre 2009 | Par jeanne

francoise sincerment je tiens juste a te feliciter pout ton oeuvre
franhement il sort tres tres biien g beaucoup aimer mes on n’att tous la suite heiin ? lool franchement super francoise et continue comme sa
et les acteur aussi super dans le personnage a 100% rien n diire
j’esquer que t va allez tres lloiiin des bisous fran

31 octobre 2009 | Par RACHIIID

Toutes mes félicitations pour cette oeuvre. C’est non seulement une belle histoire mais également un bon travail que l’on découvre en regardant MISERIA.
Mes encouragements.

30 octobre 2009 | Par Malady

hey frannie félicitation,longue vie dans le cinema,ne nous oublie pas kan tu monteras les marches de cannes

30 octobre 2009 | Par boris

Je te souhaite également une très grande carrière qui ne peut être que mondial au vue de se que tu fais !
J’attend le prochain film avec grande impatiente !! et je dis OUI à la vague de films fantastique/horreur by Francoise Ellong !

29 octobre 2009 | Par MiiKaa

Je te souhaite la meme carriere que Steven Spielberg tu le merite !

29 octobre 2009 | Par Khadidja

J’ai su peu après notre 1ère rencontre il y a de cela 10 ans que tu étais quelqu’un d’exceptionnelle, tu as toujours su voir les choses et surtout les écrire d’une façon hors du commun. Comme tu l’as si bien dis ça pouvait surprendre de lire tes histoires avec « des personnages aux bras arrachés » mais cela démontre tout simplement que ton talent est inné.

Je te souhaite que du bonheur pour la suite et continues à nous surprendre et nous faire plonger dans tes histoires comme tu as le don de le faire...

29 octobre 2009 | Par Sarah

C’est dit dans l’intro : " Sa jeunesse n’a d’égale que sa passion du cinéma " ... Ce n’est que le début !!!!!
THE NORTH WING on y croit dur comme fer...
Je te souhaite une longue, belle et internationale carrière Melle Ellong !

29 octobre 2009 | Par coraly

La passion et la détermination dégoulinent de cette petite perle d’Afrique...
MISERIA est si universel...qu’on est saisit par la force de son interpellation.

Tes films ont un bel avenir !!!!!

Nous t’attendons Impatiemment au pays pour le Festival...

 ;)

29 octobre 2009 | Par Carole

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