Ose court

OSE COURT - Les suspects

15 octobre 2009 | Par : Gore Sliclez

Usual french suspects...

Après Surrender, CinemaFantastique vous présente cette semaine dans le cadre de la rubrique Ose Court Les Suspects de Sébastien Onomo, un autre polar dans la veine de ses illustres prédécesseurs. C’est que le "court" policier semble revivre en France et c’est tant mieux.
Pour son premier véritable film, Sébastien s’est payé les participations de Julien Courbey et Cyril Guei pour sa première, excusez du peu. Avec un scénario un peu à la Usual Suspects, Les Suspects s’avère un bel hommage et un bel exercice de style qui devrait ravir les amateurs du genre. En attendant, qui sait, de flirter avec Besson, le jeune réal a de l’ambition et des projets plein la tête. Rencontre avec ce passionné du genre...

- Peux-tu te présenter à ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Bonjour à tous. Pour ceux qui ne me connaissent pas encore (et je pense qu’ils sont très très nombreux ) je m’appelle donc Sébastien Onomo, je suis né le 7 septembre 1986 à Sèvres, d’un père et d’une mère camerounais. A l’origine, je ne me destinais pas vraiment à faire des films, mais en grandissant mon désir d’évoluer dans le 7e art s’est de plus en plus accentué. C’est donc à l’age de 16 ans que j’ai commencé à mettre "un orteil" dans le milieu, avec pour premier vrai projet, un rôle de comédien dans le pilote d’une série courte réalisée par Vincent Jérôme (Pub Givenchy avec Liv Tyler). Malheureusement cette fiction ne fera pas l’unanimité au près des diffuseurs. Cependant, je pense que c’est à partir de là que j’ai réellement attrapé le virus des tournages. Par la suite, j’ai enchainé avec divers tournages de court-métrages et des petites pubs ce qui m’a permis de me rendre compte du travail et du chemin qui me restait à parcourir. Tous ces projets parfois un peu galères, m’ont permis d’observer la vie d’un plateau, de poser des questions, et d’en apprendre beaucoup sur les métiers des uns et des autres. Parallèlement à cette vie artistique, j’ai continué mes études, pour faire plaisir à mes parents, mais également pour me rassurer et garder le secret espoir qu’un jour peut être je pourrais décrocher un bon second rôle qui n’ai jamais venu... Cette attente liée selon moi à un manque de représentations des minorités dans le paysage médiatique français, m’a poussé à me lancer dans la conception, la production et la réalisation de mes propres projets. Après l’obtention d’un bac Littéraire, j’arrive donc à l’université de La Sorbonne Nouvelle. C’est un passage important car ce sont des années durant lesquelles, grâce au temps libre plus important dont j’ai bénéficié, j’ai pu rencontrer beaucoup de professionnels du milieu. J’ai également pu créer l’association EPUAR avec mon cousin Abad, ce qui nous a permis d’écrire et produire "à l’arrache" plusieurs petits projets, quasiment tous diffusés en télévisions ou en festivals. Trois en plus tard, j’en ressors donc de la fac avec une licence en Lettres Modernes dans les poches et le désir de sanctionner mes connaissances autodidacte acquises dans le cinéma et l’audiovisuel par un diplôme. J’ai donc tenté et réussi le concours de l’INA Sup, l’école supérieur de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel), qui calqué sur des modèles tels que UCLA, propose une formation de producteur en deux ans. Il s’agit là d’une des deux seuls vraie formation de producteur en France avec celle de la Femis qui est beaucoup plus axée sur le cinéma tandis que chez nous, nous avons un panorama qui nous offre une vision de la télévision, du cinéma, mais également d’Internet. Pour ma part, à l’heure actuelle je suis donc dans la dernière année de cette jeune formation.

- Comment arrive-t-on à avoir Julien Courbey et Cyril Guei dans son premier court ?

Pour "mon premier vrai court", il est clair que j’ai eu la chance de bénéficier d’un casting incroyable ! Julien Courbey est le premier comédien à avoir rejoint le projet. Nous avons été présentés par un ami avec qui il avait travaillé. Le courant étant bien passé, nous sommes restés en contact. Ensuite lorsque j’ai eu l’idée de ce film, j’ai toute de suite pensé à Julien. Je lui ai fait lire la première version du scénario qu’il a refusé... Et je l’en remercie ! Car ce que j’apprécie beaucoup chez lui c’est sa franchise et il n’aimait pas ! Évidemment ce n’était pas un non catégorique, il a su argumenter sa décision de manière à ce que je puisse retravailler le projet. J’ai donc changé de co-scénariste et Hervé N’kashama est entré en piste. Nous nous sommes rencontrés à la fac, et c’était l’occasion pour nous de travailler ensemble. Une super expérience.

Après quelques rendez-vous au Quick de Montparnasse et plusieurs échanges mails, on tenait le bon bout ! J’ai donc envoyé la deuxième version du scénario à Julien, qui cette fois été super emballé et m’a dit oui ! C’était pour moi un bon début ! Le tournage ne s’est pas fait tout de suite car j’avais d’autres projets à finaliser, du financement à trouver, des coproducteurs m’ont lâché en route, puis Julien est parti en tournage, du classique dans le cinéma. Une fois le financement trouvé, j’ai relancé la machine. La préparation était avancée, ne manquait plus que le casting... Au début je pensais pouvoir jouer le personnage de Tchim, mais je ne voulais pas répéter les erreurs de mon premier court-métrage, car ici encore j’étais scénariste, producteur et réalisateur. Aux vues des exigences que j’avais pour ce film, je ne pouvais absolument pas incarner un de mes personnages principaux. Je me suis donc mis à la recherche d’un acteur qui pourrait à la fois jouer correctement sans tomber dans du cliché, mais également apporter une vraie plus value en terme d’image pour la suite du projet. Je me suis donc souvenu d’un mec avec une "bonne gueule" que j’avais vu dans Brice de Nice, Hellphone, et Hitman. Je n’avais personne dans mon entourage qui le connaissait, j’ai donc cherché par moi même... Le destin a voulu qu’il se soit inscrit quelques jours plus tôt sur un site communautaire...! Je suis entré en contact avec lui en lui disant que je voulais qu’il soit dans mon film. Il m’a demandé à lire le scénario et m’a rappelé quelques jours plus tard pour me dire qu’il ferait parti de l’aventure ! Jusque là aucun des deux ne savait qu’il allait tourner avec l’autre. D’ailleurs, ils ne se connaissaient pas. Pour la petite histoire, Cyril et Julien se sont rencontrés pour la première fois sur le tournage du film l’Orpailleur de Marc Barrat (Pour lequel Julien à eu un prix d’interprétation), et juste après ils ont enchainés avec le tournage des Suspects. Un heureux hasard car cela m’a fait gagner du temps au niveau des affinités entre mes deux comédiens.

- Karine Ventalon est, elle aussi, impeccable. Elle provient pourtant du milieu théâtral, comment s’est opéré la rencontre ?

A chaque comédien, son histoire avec le réalisateur. Pour Karine, on ne le lui a dit que plus tard, mais on la connaissait déjà. En effet, ma directrice de casting, Virginie Gaydu l’avait déjà rencontré pour mon premier court-métrage KITTY. Malheureusement, bien qu’étant une excellente comédienne, nous ne l’avions pas retenue car elle ne correspondait pas à la vision que j’avais du personnage. Toutefois, on avait gardé en tête sa prestation ? puisque lorsque l’on a reçu sa candidature on a su quasiment tous de suite qu’elle ferait partie des candidates sérieuses pour le rôle. Ce qui a été le cas ! Elle était la dernière à passer. On l’a attendu car elle sortait d’un shooting photo et on a bien fait ! Elle joue son rôle à la perfection. Je n’avais aucun doute en la prenant dans le casting final et jouer avec des acteurs confirmés comme Julien et Cyril cela aide beaucoup également. Karine est une jeune actrice qui mérite à trailler sur des projets de plus grande envergure. Elle s’est exprimé son talent aussi bien sur scène face à un public, que devant une caméra et c’est tout à fait remarquable !

- Comment était l’ambiance sur le plateau ?

Sur le plateau, l’ambiance était globalement très bonne. Évidement comme à chaque tournage il y a eu des péripéties, mais rien d’insurmontable. Et pour preuve, le film est sorti non ? Non j’étais très content car depuis j’ai retravaillé avec beaucoup des techniciens de cette équipe sur d’autres projets et cela va continuer.

- Où eut lieu le tournage des scènes de commissariat ? Dans un vrai ?

Le tournage à eu lieu au Collège Gustave Courbet à Trappes. Il ne s’agit donc pas d’un vrai commissariat... Je remercie mon bras gauche Jérémy Gaydu de m’avoir transformé ces salles de cours et ses bureaux en un commissariat. Je trouve que cela marche plutôt bien car même en le disant les gens de se rendent absolument pas compte que le tournage s’est déroulé dans un collège. J’avais passé "un contrat" avec le Conseil Général des Yvelines qui était d’inclure des élèves au tournage dans le cadre d’un "stage découverte du milieu cinématographique". J’en avais parlé à la direction qui opérait à l’époque dans le collège et ils trouvaient cette initiative originale. Pour ma part, j’aime ce milieu, et si je peux transmettre ma passion à des gamins à qui on promet un échec scolaire dès leurs naissance, je le ferai toujours avec plaisir. Un an avant j’avais donc créé un atelier cinéma dans le collège, ce qui m’a permis de repérer les élèves les plus motivés et les plus sérieux pour participer au projet. J’en ai "embauché" trois, le quatrième n’étant finalement pas venu. Et je pense d’après leurs retours qu’ils ont vraiment apprécié. L’objectif pour moi étais de faire passer le message que l’on veux faire aboutir un projet, c’est tout à fait possible sous réserve de s’en donner un minimum les moyens...

- Le budget était-il conséquent ?

Sans entrer dans les chiffres, je dirai qu’à l’échelle du court-métrage autoproduit, le budget global du film et de ses annexes est un buget conséquent. Par contre, si l’on se place sur l’échelle d’un court-métrage produit par une société de production, je pense que c’est un budget assez ridicule. Dans tous les cas je trouve que compte tenu des moyens que j’ai réussi à réunir, on s’est très bien débrouillé ! Et aller chercher même 100 euros pour faire un film c’est un réel effort, car à ma connaissance, l’argent ne tombe pas du ciel. En somme, c’est un film qui à bénéficier pour la partie publique du soutien des universités de La Sorbonne Nouvelle, Vincennes - Saint-Denis, du Crous de Paris, et du Conseil Général des Yvelines. L’autre moitié du budget, qui correspond à des fonds personnels, a été apportée par Josselin Cadoudal (Premier assistant et coproducteur), ainsi que par moi-même.

- Ton précédent film, Kitty, était déjà un film policier. Un genre qui t’interpelle plus ?

Oui, je considère Kitty, comme une comédie de "teenagers". C’est un film que j’ai fais un peu plus d’un an après mon bac, et qui était un galop d’essai. J’ai pu me confronter aux difficultés d’écrire, de produire, de réaliser et de jouer dans ses films. Chaque travail requiert une attention particulière donc j’avais les yeux partout et j’étais le référent unique pour l’équipe donc c’était vraiment formateur. J’ai essayé de retenir de mes erreurs pour m’améliorer avec Les Suspects, et comme je m’améliorerai au prochain. Bref, dans Kitty, il y a effectivement des références à un univers vers lequel je me destine, à savoir l’univers du film policier, et d’en un sens plus général le film à intrigue. C’est un genre que j’apprécie car ce sont des codes narratifs qui me parlent, j’aime réfléchir en regardant un film essayer de deviner les indices disséminer par un réalisateur dans son histoire, anticiper là ou il veut nous amener. Mais j’aime aussi être surpris et baladé, il n’y a rien de mieux que de découvrir le fin mot de l’histoire à la toute fin du film !

- Le mix final est dans la grande veine des films du genre. Quelles sont tes références cinématographiques et littéraires dans le « policier » ?

Merci, c’est très gentil. Au niveau de mes références cinématographiques et littéraires dans le film policier elles sont nombreuses, mais pas uniquement issues du film policier. J’ai des gouts plutôt éclectiques. J’aime beaucoup le travail de réalisateurs comme Ridley Scott, Tony Scott, Michael Mann, Spike Lee, Bryan Singer, J.J Abrams ou encore Francis Lawrence. C’est une liste non exhaustive, mais qui te donne un aperçu des délires dans lesquels je peux aller. Idem aux niveau des lectures, cela peux aller de Gilbert Gatore, à Guillaume Musso en passant par Harlan Coben, Kourouma, Legrand, et beaucoup d’autres moins dont je tairai les noms car il y a peut être des projets d’adapations en perspectives.

- Que penses-tu justement du film policier en France ?

Mon avis sur le film policier en France, est qu’il y a une génération de réalisateur qui émerge en France, est qu’ils sont très très fort. Je pense qu’ils n’ont d’ailleurs pas grand-chose à envier à nos collègues anglo-saxons si ce n’est des budgets beaucoup plus important pour aller au bout de leurs idées et encore... Moi j’adore le travail de mecs comme Jérôme Salle, Mabrouk El Mechri, Fred Cavayé, Philippe Haïm, ou Guillaume Canet ! C’est des tueurs à gages ! Et ceux qui sont en place depuis un moment ne sont pas en reste ! Kassovitz, et compagnie c’est du lourd également. Je viens de prendre des claques en voyant Braquo d’Olivier Marchal et Frédéric Schoendorffer ! C’est du cinéma à la télé, et là on commence à atteindre des niveaux plus qu’intéressant en terme d’écritures, de réalisation et d’interprétations ! Faudra juste éviter de pas tourner en rond... Mais ça ce sera le travail de ma génération, qui arrivera si tous va bien dans quelques années .

- Envie de travailler avec Luc Besson que tu sembles apprécier ?

Oui pourquoi pas. On a toujours le droit de rêver . C’est un réalisateur et producteur que je respecte énormément car il a su créer un groupe avec une identité très singulière puisque c’est le producteur le plus connu en France. Dès fois tu as des films qui sortent et les gens ne connaissent même pas le réalisateur, ils disent juste "c’est un film produit par Besson". Personnellement, je trouve cela assez énorme. Après que l’on aime on que l’on aime pas, son parcours force évidement le respect. Je pense que le cinéma français lui doit pas mal, notamment au niveau des exportations en Amérique du nord et au Japon. Franchement c’est un homme que je respecte et avec qui je dois pas être le seul à vouloir travailler si l’occasion se présente. D’ailleurs je pose ma candidature pour Le Transporteur 5 avec Jason Sthatam et Cyril Guei.

- Comment fut la rencontre avec PPDA pour ton clip « Une seule France » ?

C’était un heureux hasard couplé à un concours de circonstances. On était là au bon endroit au bon moment pour proposer le projet à un de ses proches, qui lui a ensuite fait part de notre souhait de le compter parmis nous dans cette aventure. Il a très vite accepté notre invitation, ensuite j’ai reçu un appel de son assistante qui m’a dit "ce sera mardi, 10h à TF1 vous aurez 10min après il part". On y est allé et cela s’est très bien passé. Il a été très chaleureux et très réceptif à notre initiative. Sa seule inquiétude est qu’il ne souhaitait pas être associé à des gens issues de la télé réalité. Ce qui est évidement compréhensible pour une personnalité de se calibre, et de toute façon ce n’était absolument pas notre propos.

- Es-tu en contact avec d’autres réals de courts « policier » ?

On va dire que je suis en contact avec des réalisateurs de ma générations qui sont dans le même délire que moi. Pas forcément du film policier pure, mais un univers mixte où gravite de l’action, du suspense, et de l’intrigue. Il y a de la critique positive entre nous et je suis convaincu que comme les autres générations c’est ensemble que l’on avancera car ce milieu marche beaucoup par des réseaux. Et mon réseaux c’est maintenant que je le construis, pas dans dix ans . Il y a de jeunes réalisateurs très talentueux dans ma génération et pour qui j’aimerai produire des films. Je leur ai fais savoir et j’espère que cela se fera dans un futur plus ou moins proche.

- Quels sont tes projets immédiats ?

Là je viens de signer un contrat de distribution du film LES SUSPECTS avec la société Shorts International basée à Londres. Le film devrait donc commencer sa vie très prochainement. Comme il s’agit pas mal d’un exercice de style, je pense que le film n’obtiendra pas un record pour des sélections dans les festivals français ou l’on attend plus des films "originaux", tourné en pellicule (j’ai tourné en HD). Maintenant, il y a peut être une carte à jouer sur la distribution et les festivals étrangers, où l’on examine un film sous toutes ses coutures... Je dis cela, je ne dis rien Sinon, je termine mes études prochainement, il me reste un stage obligatoire à faire que je vais probablement faire dans une structure à l’étranger par rapport à mes projets personnels. Je vais commencer l’écriture de mon premier long prochainement et ce sera comme tu l’as deviné une intrigue policière... Côté tournage avec EPUAR, on prépare la deuxième éditions du projet "Un poème pour un autre regard" et le tournage d’une mini-série intitulé Rupture Mode D’emploi. Sortie prévue pour tous cela, courant 2010. Mais si tu veux on s’en reparlera à ce moment . En attendant, j’invite tous les lecteurs de cet article à se rendre sur le www.epuar.com/les-suspects-lefilm et à nous rejoindre sur le groupe facebook pour suivre son actualité.

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