Ose court

OSE COURT - Le destin de Torelli

7 août 2009 | Par : Damien Taymans

En attendant Argento...

A peine installé avec son épouse en rase campagne, l’inspecteur Claudio Torelli est chargé d’enquêter sur le meurtre d’une adolescente. Gantée de noir et affublée d’un long imper, la menace, armée d’un couteau à la taille pénienne, plane sur la commune rurale...

Quand Julien Mokrani et Samuel Bodin mettent toute leur énergie et toute leur âme à ériger un vibrant fan film à la mythologie Batman, David Marchand, de son côté, rend hommage au genre giallo rendu célèbre par de hauts représentants comme Dario Argento, Mario Bava, Umberto Lenzi ou encore Aldo Lado. Comparativement, Le destin de Torelli se présente comme une production plus humble, moins prétentieuse, autant visuellement que scénaristiquement que l’excellent mais brouillon Ashes to Ashes. Film-essai, le court constitue en réalité la première tentative "pro" d’un réalisateur vachement ambitieux, qui entend d’ores et déjà persévérer dans le genre giallique avec un long métrage intitulé Gloves on the neck. Le manque de moyens n’ont pas réussi à décourager un cinéaste en devenir qui entend réhabiliter le style de ses mentors transalpins en terre hexagonale. Un pari que David Marchand est en passe de réussir puisque, se servant de son court comme carte de visite, il en appelle aux productions pour l’aider à monter son projet-phare.

Croisons les doigts pour lui et espérons que la résonance en festivals soit de la partie...

L’INTERVIEW DU REALISATEUR

Comment est née l’idée de réaliser ce court ?

C’est venu après avoir vécu des moments difficiles dans ma vie et surtout le décès d’un proche, il y a quelques éléments qui sont un "catharsis" et dans mon projet de long ce sera plus intense encore.
Je suis un auto-didacte et je me suis lancé depuis 10 ans avec beaucoup de galères !

Le Destin de Torelli est auto-produit. De quels moyens budgétaires et logistiques disposais-tu pour le réaliser ?

Le destin de Torelli est effectivement auto-produit,donc niveau court lui-même le budget a été de 2000 euros, et l’achat matériel a été de 4500 euros. Avant, je tournais mes courts en dv "grand public" mais là je voulais franchir le cap matériel pro, ainsi qu’une bonne équipe et de bons comédiens.

Où avez-vous déniché la bagnole du film, vestige d’un temps passé ?

Pour la voiture (une Simca 1300 de 1966), c’est un coup de chance encore une coïncidence (tout le processus du court a été parsemé de coïncidences, limite "twilight zone" !). Je devais au départ avoir une dauphine, mais voyant le peu de sérieux de la personne, je me suis mis à rechercher des articles sur les voitures anciennes et là je tombe sur une course programmée de vielles voitures prévue en avril (date du tournage). J’ai cherché l’organisateur de cette course (Yannick Besson), je l’ai vu le lendemain, et le courant est immédiatement passé. Il a été extra et m’a suivi sur ce projet : il est venu sur le tournage avec un mécano, un camion-plateau et la Simca.

Le court est fortement ancré dans le domaine du giallo. Quelles sont tes influences principales en la matière ?

Merci de me dire que le court est ancré dans le giallo, cela signifie que j’ai réussi en partie ce que je voulais faire. Mes influences principales sont les films de Dario Argento (surtout les premiers) mais aussi une série de giallos méconnus. En fait, ce que je voulais faire, c’est recréer l’ambiance des gialli en mettant ma "touche" française avec la campagne, etc...

Les éléments typiques du giallo inondent le court (gants noirs, individus masqués, imperméable, arme blanche) tandis que la dernière séquence évoque clairement le western. Le destin de Torelli doit-il être vu comme un hommage à la cinématographie transalpine ?

C’est bien vu pour la fin du court que je ne révèle pas afin de ne pas spoiler. Le destin de Torelli est un hommage au cinéma italien que je vénère. Mais j’insiste là-dessus : je pense qu’il peut être vu même par les non-connaisseurs puisque j’ai réalisé des "projections-test" avec des non-fans et ils l’ont aimé.

« 1971 : à cette époque, on ne recherchait pas l’ADN », telle est la tagline du court. « Le destin de Torelli », sorte de retour aux sources d’avant « Les experts » ?

Je souhaitais le retour aux sources, une vraie enquête (dans le court elle n’est pas très développée, elle le sera davantage dans le projet de long métrage) car je suis un peu blasé de tous ces films et séries où on nous rabâche la recherche scientifique !

Sylvie Gonnord signe une très belle prestation. Comment l’as-tu rencontrée et enrôlée pour le court ?

Sylvie Gonnord, je l’ai connue par Martial Marie qui joue "Torelli"(un grand acteur). Je recherchais une interprète pour le rôle de sa femme, et lorsque j’ai été en contact avec Sylvie, j’ai été sidéré de la ressemblance avec les images du perso que j’avais en tête, comme pour Martial d’ailleurs qui ressemble trait pour trait à Torelli ! Ils ont été merveilleux, nous sommes amis maintenant, ça a été une très belle rencontre - sans oublier Patricia Ricordel. Ma première rencontre avec Sylvie s’est déroulée à Paris et là le courant est passé tout de suite. Elle m’a confié qu’elle lisait toujours les scénarios, mais là elle m’a dit qu’elle aimait ma simplicité, (c’est vrai que je ne me prends pas la tête je sais ce que je suis et d’où je viens) J’en profite pour remercier une nouvelle fois l’équipe et les comédiens de me soutenir à ce point c’est merveilleux !

Plusieurs Marchand figurent au générique. Le giallo est une affaire de famille ?

J’ai recruté mon père car je trouve qu’il ressemble à Rutger Hauer, et pour lui lancer un défi, par la même occasion. Quant à mon frère, c’était pour le "fun". Il y aussi Amel qui joue la victime de la maison abandonnée (ma demi-soeur). Je les ai aussi employés poiur des raisons pratiques, il ne faut pas perdre de vue que j’ai tout produit et que je tenais à payer mes comédiens et mon équipe, j’étais donc limité question budget.

Le court s’achève sur des points de suspension. A quand la suite ?

Si le court s’achève sur des points de suspension, c’est pour montrer le potentiel de l’univers de "Torelli", intéresser des producteurs afin de pouvoir monter le projet de long métrage "Des gants sur la nuque" (Gloves on the neck), mais également pour tenir les spectateurs en haleine ! La suite sera le long métrage !

Qu’en est-il justement de Gloves on the neck, ton nouveau projet ?

Ce sera un long métrage reprenant les personnages de Claudio Torelli, sa femme, Carole (Amel), et des nouveaux bien entendu. L’histoire sera je pense très intéressante car bien plus développée et je promest une fin inhabituelle dans le genre. Il est à noter que avant même d’avoir tourné le court, j’ai été contacté par l’acteur américain David Hess qui m’a confié être très intéressé pour ce projet de long métrage (je dois le rencontrer en août en Angleterre).

Donc là en septembre, je commence les festivals afin de montrer le court et je vais démarcher les maisons de production françaises, bien que je pense plus à une co-production Usa-France-Italie,c ar j’ai également deux acteurs italiens du genre qui sont intéressés par ce projet. Je continue le casting et je pense que certains producteurs apprécieront ma "débrouillardise" et le fait que ce que je veux c’est un projet rentable et intéressant pour eux (j’ai même des idées pour "Gloves on the neck part 2" )

(Interview réalisée par Damien)

LE TRAILER

Commentaires

ce sera super j’en suis sur, en plus des comediens qui en veulent et qui sont bons, surtout sylvie gonnord ( ma cousine), je suis sur que c’est une comédienne qui a beaucoup de talent cacher, comme sa beautée, c’est pour dire.
je vous souhaite de bien réussir, et vous dit un grand M...., si je peut me le permettre.

22 novembre 2010 | Par kirikou92

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