Ose court

OSE COURT - Homme à prendre

2 septembre 2009 | Par : Gore Sliclez

Liaison Fatale

Homme à Prendre du réalisateur Sébastien Bardet est le troisième volet de la série de courts métrages Hameka après Performance (déjà présenté sur CinemaFantastique) et Des Rats. Pour rappel, le projet Hameka est la concrétisation de trois cinéphiles qui à force de partager leurs goûts respectifs du cinéma de genre dans un "fameux vidéoclub du 11ème arrondissement parisien" décident de se lancer dans l’aventure. Leur idée centrale est de "redonner du souffle au cinéma de genre par le biais de court-métrages nerveux et sanglants mais qui n’en oublient pour autant pas le drame humain". Pari réussi puisque les courts proposés sont très réussis et démontrent de réels talents d’écriture, d’interprétation ou encore et surtout de réalisation.

Homme à Prendre raconte l’histoire de Ben, "un homme à femmes" qui va recevoir une véritable leçon de savoir vivre (et de survie...) de trois jolies victimes devenues bourreaux. Film inquiétant faisant la part belle à ses acteurs doués, l’œuvre est d’abord et avant tout une gageure technique qui nous rappelle certains films (tendance Hard Candy) au climax étouffant et castrateur, véritable mise en garde contre le macho heartbreaker qui sommeille parfois en nous. CinemaFantastique encourage dès maintenant à vous rendre sur le site internet du projet Hameka pour en savoir plus et pourquoi pas connaître les futures séances de projections.

SITE INTERNET HAMEKA

- Avant de parler de “Homme à prendre” revenons un instant sur le projet Hameka. Quelles sont les personnes qui se cachent derrière ce projet ?

Je citerai en première ligne David Hourègue, qui a su insuffler une grande énergie pour la réalisation de ce projet, Hameka lui doit beaucoup, et puis il y a Sébastien Auger et moi à l’origine de tout ça, mais ça vous le saviez déjà. Quant à ceux qui se cachent et qui ont participé activement au projet, Jean Baptiste Louvet, le webmaster, Xavier Lucas, le graphiste, Cyril Poumerie, co scénariste et compositeur, Jérome Delaveau, Boris Remoiville, Alban Trinh… Et puis le collectif s’est agrandi à mesure des tournages. Un peu plus tard, Sébastien Gonzales nous a rejoint avec un quatrième film, « Le Cri du papillon », produit par Affreux, Sale et Méchant, la production qui avait déjà produit le premier court de Sébastien Auger…

- C’est vrai, comme pour Tarantino tout a commencé dans un vidéoclub ?

David Hourrègue, Sébastien Auger et moi, on s’est rencontré derrière le comptoir de JM VIDEO à Paris, dans le 11ème, où nous travaillons encore, c’est vrai, ça a commencé comme ça. A ce moment là, on se délectait chaque semaines des épisodes des Masters of Horrors et ça nous a donné franchement envie de passer à l’acte. L’occasion s’est présentée lorsque que Berrywood film nous a prêté une caméra durant de l’été 2008 et on a littéralement foncé têtes baissées ! C’est un vraie belle rencontre qui a eu lieu dans ce vidéo club dont on est sorti, j’aime le penser, tous grandis. Ca m’a vraiment plu de faire mon premier film avec eux, on est tous les trois très fier d’avoir été jusqu’au bout d’une simple idée émise derrière le comptoir à DVD.

- Quelle(s) vision(s) vouliez-vous apporter de plus au cinéma de genre actuel ?

Notre grain de sel ? Nous n’avons pas l’ambition de révolutionner le genre, mais d’y apporter notre regard. Nous sommes de grands amateurs de cinéma de genre et comme beaucoup nous rêvons de voir rejaillir de vrais grands films de genre en France. Pour le moment, en Europe, il se passe des choses bien plus intéressantes en Angleterre, en Espagne ou en Belgique, mais on sent émerger une véritable envie dans la nouvelle génération de réalisateurs de l’hexagone, surtout dans le milieu du court métrage, on fait parti de ceux là... On a envie d’y aller quoi !!

- Allez-vous en rester là avec quatre films ou bien l’aventure continue-t-elle ?

Après le film de Sébastien Gonzales, des projets sont au stade de l’écriture. Les prochains films Hameka se feront sans doute dans des conditions de production plus confortables. Les 3 premiers films ont été produits dans la hâte. L’aventure continue, pas de doute là dessus, mais il est temps pour nous de passer à l’étape au dessus en matière de production, en résumé, nous prenons le temps de faire…de soigner le scénario.

- Chacun possède sa propre équipe ou bien y a-t-il des acteurs ou des techniciens communs ?

Nous avons eu pour chaque film une équipe différente, mais certains technicien et comédiens ont travaillé sur plusieurs films, donc un peu des deux. Certains ont même travaillé sur tous les films à différents postes, mais chaque tournage avait sa propre couleur…

- Où en est la tétralogie à travers les festivals ? Quel est l’accueil en général ?

Pour le moment, il y a eu cinq projections officielles, sauf pour le Cri du papillon de Sébastien Gonzales qui est encore en cours de post production. Nous avons fait une première projection test en Corse, puis il y a eu celle à la Maison des Métallos qui a rassemblé plus de 250 spectateurs où les films ont été très bien accueillis. Il y a eu ensuite deux projections à la Société des Curiosités qui ont connu aussi un franc succès. Tout ça a été très encourageant pour nous trois. On doit beaucoup pour ces dernières projections à Alexandre Grauer, président de l’association QWARTZ, qui a fait jouer ses contacts pour nous ouvrir les portes de ces salles obscures et qui continue à nous soutenir activement dans son association...

En matière de festivals, on commence juste à postuler. Pour le moment, Homme à Prendre à été sélectionné au festival international cinéma nouvelle génération à Lyon pour la soirée carte blanche à AOA Production, en Octobre. On ne se fait pas trop d’illusion sur les festivals qui craignent pour leur public de diffuser des films violents, ce que l’on comprend sans peine. Mais le but est que nos films soit vu le plus possible, alors on postule et on verra bien qui voudra de nous ...

- Quel est ton parcours personnel ?

Je viens des Arts appliqués, j’ai fait l’école Dupérré à Paris et après ça différentes choses, déco sur des émissions pour enfants sur France 5, assistant de plateaux, régisseur sur des courts. Je me suis fait la main à la réalisation et au montage sur des petits clips faits maisons. Et puis j’ai mis tout ça de côté pour me lancer dans l’apprentissage du scénario, alors j’ai trouvé ce job a mi temps au vidéo club pour payer le loyer et développer mes projets, ce qui a pris pas mal de temps et pas mal de déconvenues avant de concrétiser quelque chose.

- Quand et comment t’es venue l’envie de réaliser ?

Mon envie de réaliser remonte à mon adolescence, mais jusqu’en 2008 je n’ai jamais osé passer le cap. Cette appréhension m’a plutôt dirigé vers l’écriture de scénarii, que je trouvais moins dangereux et je pensais en rester là. L’idée de diriger des acteurs, une équipe m’effrayait un peu, mais l’envie à toujours été présente au fond. De ce fait, le projet Hameka est arrivé au bon moment, j’ai pu surmonter mes craintes et j’en suis ravi. Ce premier tournage en qualité de réalisateur a été un véritable baptême du feu, j’ai dû prouver à tout le monde et surtout à moi même que j’étais capable de le faire et ce n’était pas gagné d’avance, je dois dire que pour mon premier film, j’ai eu la chance d’avoir à mes côtés un chef opérateur très compréhensif, le talentueux Mathias Guénard et une scripte girl incroyable, Elvina Tokmatcheff.

- D’où vient l’idée du scénario de “Homme à prendre” ? Liaison Fatale ? Hard Candy ?

J’ai adoré Hard Candy, et Liaison Fatale est devenu un classique du genre, j’aurais aussi cité l’excellent premier long métrage de Clint Eastwood "Play Misty for me", le film de Don Siegel toujours avec Eastwood "Les Proies" ou le mal aimé « Lune de fiel » de Polanski ou même « Répulsion » du même auteur. Tout en m’inspirant bien sur de ces références, j’ai surtout pris le parti du cauchemar d’un "séducteur" qui s’incarne dans son Némésis, l’ex petite amie rancunière. J’avais envie de mettre en lumière ce personnage qui collectionne les aventures, mais qui dans le fond les cumules pour cause d’incompétence relationnelle, une fuite en avant en somme. Il est incapable de vivre une relation profonde avec une femme, de peur que dans l’intimité elle découvre l’immense vide sentimental qui est en lui, il ment, il manipule. Je voulais le mettre dos au mur pour révéler ce manque d’amour qu’il a de commun avec le personnage de Léa, qui elle, est incapable d’aimer sans aimer trop fort, sans aimer à la folie dans son sens propre. Ces deux personnages sont des vampires affectifs, chacun à leur façon et ils souffrent. Mon point de départ, c’est la rencontre de ces deux « pathologies » relationnelles…avec un couteau de cuisine entre eux deux…

- Tout est tourné en appartement dans un espace qui semble exigu. Pas trop difficile pour l’équipe technique ?

Il y a eu des morts chez les techniciens, en effet, le tournage d’Apocalypse Now était de la gnognote à côté. Plus sérieusement, pour des raisons de budget, j’ai tourné chez moi, ce que je déconseille. Le toujours très talentueux chef opérateur, Mathias Guénard, et le chef electro Damien Leprêtre ont dû se casser la tête pour rendre le maximum de plans possible dans ces pièces minuscules. Le décor de la scène de séquestration est une chambre de 15 m2, je me souviens du perchman, Ben Danis, qui a dû perdre une centaine de litre de sueur (et gardait toujours le sourire), le film a été tourné en Juillet, fenêtres fermés, et avec les lumières, la pièce était un véritable four… C’était un tournage éprouvant pour tous les membres de l’équipe, je leur rends hommage. Même les morts s’en souviennent…

- Comment était la collaboration avec Terra Bianca votre producteur ?

Terra Bianca a surtout apporté une aide humaine, au même titre que Kuryakin, sans l’énergie de ces deux associations, rien n’aurait été possible, mais c’est ma sœur, Céline Bardet, qui a entièrement produit le film et m’a soutenu jusqu’au bout, surtout lorsque le budget avait presque doublé à la fin du tournage. David Hourrègue qui était directeur de production s’est aussi énormément battu pour que ce film existe...

- Les comédiens du film sont tout simplement extraordinaires de professionnalisme. Comment les as-tu choisis ?

Des professionnels extraordinaires, je suis d’accord ! Je savais dès le départ que le casting était un élément primordial, il fallait que le cocktail fonctionne. Et pour faire mon choix, je me suis dirigé vers des comédiens expérimentés et je me suis fié à mon intuition. Il fallait que je sente aussi qu’ils étaient prêts à s’impliquer énormément, surtout pour les rôles principaux. J’ai eu beaucoup de difficultés pour trouver l’acteur principal, j’ai vu beaucoup de monde, et puis c’est une amie qui m’a soufflé le nom d’Olivier Martial alors que je peinais à trouver Ben. J’ai eu aussi le même coup de cœur pour Léo Messe (Samuel), qui a une présence incroyable à l’écran et avec qui je vais tourner, j’espère, un autre court métrage dans quelques mois. Julie Delaurenti et Marie-Eve Foutieau ont été mes partenaires de jeu sur le film de David Hourrègue, c’est en les voyant travailler que je me suis décidé à leur confier un rôle. J’ai eu beaucoup de chance de les avoir dans ce film et j’ai très envie de retravailler avec chacune d’elles dans des conditions un peu plus confortables. Pour le rôle de Léa, j’ai vu aussi plusieurs comédiennes très douées. Il fallait que je trouve à la fois une actrice ouverte, généreuse, expérimentée et qui fasse entièrement confiance à un réalisateur débutant, pas si simple. Là aussi, c’est mon intuition qui m’a guidé vers Véronique Lechat.

- Mentions spéciales à Olivier Martial et Véronique Lechat. Tu peux nous en dire quelques mots sur eux ?

Olivier Martial m’a impressionné, c’est un acteur qui a du cœur et qui donne énormément. Il a transcendé le rôle de Ben, il fallait une grande maitrise émotionnelle pour incarner ce personnage humilié, torturé, éprouvé. De plus, il a très vite compris toutes les subtilités du rôle, il m’a donné bien plus que ce que j’attendais de lui et je souhaite à tous réalisateurs d’avoir le bonheur de travailler avec un comédien aussi professionnel, sensible et talentueux que lui.

Véronique Lechat a une qualité qui selon moi caractérise les grandes comédiennes, elle sait lier un immense talent à une grande humilité. Lorsque je l’ai rencontré, elle m’a fait part de sa grande motivation pour incarner Léa tout en ayant l’honnêteté de m’exprimer ses doutes à se mesurer à un tel rôle. C’est en parti ce qui m’a décidé à le lui confier, j’ai assez vite compris qu’elle serait prête à se sur-dépasser et c’est ce qu’elle a fait. Après la première projection du film, Jean François Gabard m’a dis d’elle, qu’elle avait l’étoffe d’une grande comédienne. Je partage cet avis.

- Déjà vécu une expérience similaire, victime de castratrices ?

Il y a un peu de vécu, forcément, mais là, il s’agit plutôt d’un cauchemar éveillé, je n’aimerai pas être ou avoir été dans une situation comme celle-ci. J’ai un pote a qui il est arrivé quelque chose de comparable, en nettement moins violent, et le plus étonnant, c’est que ça lui est arrivé après le tournage du film. J’espère que le film ne donnera pas de mauvaises idées à des ex rancunières…

- "Homme à pendre" aurait pu être également le titre non ?

Pas mal ! Le titre à l’origine c’était : « Homme ne sachant pas aimer cherche femme pour l’apprendre », et puis « Homme ne sachant pas aimer cherche femme pour la prendre ». Et puis c’est devenu « Homme à prendre » pour nommer le film plus simplement, j’y trouvais l’ambiguïté intéressante, d’autant qu’avant que je m’auto censure, je voulais que Ben sous GHB soit violé par les filles avec un godemichet, je me suis dégonflé, trop scabreux pour un premier film… Au final, j’ai gardé les trois titres, j’aurai pu aussi ajouter le tiens !

- Pour finir, quelle est la morale de l’inspecteur à la retraite sur tous ces faits divers sanglants ? Il est absent dans ton film non ?

Dans la série Hameka, l’inspecteur est une sorte de maitre de cérémonie, comme dans Creepshow ou les Contes de la crypte, il n’intervient dans aucuns des quatre films pour l’instant. Peut être dans les prochains… Quant à sa morale, et bien, je lui laisse le soin de la trouver, mais il se pourrait bien qu’il trouve tout ça complètement immoral…

- 39 minutes pour un court ce n’est pas trop long ?

Et encore j’ai coupé pas mal, à l’origine j’avais 45 minutes. On peut dire que je lorgne plutôt du côté du moyen métrage. L’histoire n’en exigeait pas moins pour que le spectateur se sente impliqué émotionnellement. C’est d’ailleurs un obstacle supplémentaire à ma sélection dans les festivals de courts métrages, je suis souvent trop long pour concourir. Les trois autres films Hameka auront sans doute une plus belle vie dans les festivals que le mien. Promis, la prochaine fois je fais un vrai court court, et j’espère, un vrai long long !

- Une nouvelle fois David Scherer au maquillage ! Mais qu’est-ce qu’il a ce David ?

En dehors de son sex appeal légendaire, on est tous tombé sous le charme de son immense talent. Dans ce film, le gore est discret, mais j’ai un autre projet de court d’horreur qui pourrait lui donner beaucoup plus de travail cette fois ci. Scherer est un maitre dans son domaine, c’est une chance de l’avoir à ses côtés.

- Que penses-tu du court métrage de genre en France qui semble connaître un vrai boom ?

J’ai eu l’occasion ces temps ci de faire quelques festivals de courts métrages et j’ai vu de tout, de très bons films, voire même des merveilles mais aussi beaucoup de films nettement moins intéressants. La production de courts métrages est bien plus abordable aujourd’hui qu’il y a 10 ans, donc beaucoup de films en effet, et tant mieux. Le court métrage selon moi, doit d’être un espace de folies créatrices, il y a beaucoup de conformisme malgré la liberté d’expression qu’offre le film court, mais heureusement, certains se détachent du lot, avec des films forts, et surtout sincère dans leur propos.

- Quelles sont tes inspirations cinématographiques ?

Je citerai pour ce film encore une fois Roman Polanski, mais il y a aussi de manière plus générale, Martin Scorsese, Brian De Palma, Don Siegel, David Cronenberg, Sydney Lumet, Michael Haneke, Steven Spielberg, Sam Raimi, Spike Jonze et j’en passe… En France, Alain Corneau, Bertrand Blier, Jacques Audiard, Jean Luc Godard, Albert Dupontel, Michel Gondry… y’en a encore, mais je m’arrête là

- Vous êtes en contact avec d’autres réals de courts ?

Depuis qu’on s’est lancé dans l’aventure Hameka, on en a rencontré beaucoup, Julia Alegre, par exemple qui était scripte sur Performance à réalisé un très beau premier film. Les réalisateurs de l’équipe d’ILLEGAL PROD qui ont été très présent sur nos films, comme Athys De Galzain qui a réalisé récemment « Les Suppliciés »… J’en ai rencontré de mon côté quelque uns en déambulant dans les festivals, notamment Hugo Chesnard qui a réalisé le très beau Un grain de Beauté en 2006 avec Véronique Lechat qui a reçu d’ailleurs pas mal de prix dont deux d’interprétations pour Véronique.
À quand l’aventure du long métrage ? Tes projets ?
Bientôt j’espère, j’ai deux projets de longs métrages en cours d’écriture, le premier est une variation d’Homme à Prendre et le second est un thriller politique. J’aimerai bien sur avant tout ça, réaliser encore un ou deux courts métrages, j’ai différents projets et je ne manque pas d’idées que je souhaiterai mettre en scène, le prochain sera celui qui se montera le premier. En attendant, je continue à m’exercer à mon premier amour, l’écriture de scénarii…

TRAILER


Teaser : Homme à Prendre
par sebblebeny

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Commentaires

Bien dommage que JULIA oubli de rappeler certaine ancienne personne...

9 mars 2010 | Par prague

Très chouette chronique.
J’espère pouvoir travailler sur la musique de ton prochain court (ou long), SebB. Ne m’oublie pas !

21 septembre 2009 | Par cyrod

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