Ose court

OSE COURT - Fusible

23 avril 2009 | Par : Gore Sliclez

Mort au con !

Pour tout Diner de Cons, Pierre Guillaume semble avoir LA solution pour se débarrasser du con que nous avons tous un jour invité chez soi et responsable du désastre festif et culinaire d’un souper qui pourtant s’annonçait prometteur. Fusible, premier cour du réal français, raconte l’histoire de Clarence, gastronome amateur et plutôt bonne toque, qui invite à déjeuner son ami David. Mais David n’arrive pas seul, il est accompagné pour l’occasion de Michel qui se sent très vite, trop vite à l’aise chez son hôte un poil irrité...

Biberonné comme tout geek qui se respecte par les magazines spécialisés comme Starfix, Mad Movies ou encore l’Ecran Fantastique, Pierre Guillaume est comédien autant que réalisateur et a pour ambition avouée de "dynamiser le cinéma de genre". Travail approfondi sur l’image et le son, Fusible est un exercice de style jouissif qui fait la part belle à l’atmosphère et au gore qu’un certain David Scherer s’est amusé à reproduire une nouvelle fois avec talent.

La parole donc à ce jeune réalisateur qui manifestement a quelque chose à dire et à revendiquer à travers ce Fusible réussi et prometteur...

- D’où vous est venue l’idée de votre premier court métrage « Fusible » ? Déjà eu envie de trucider quelqu’un lors d’un repas ?

Tout d’abord, FUSIBLE étant mon premier court-métrage professionnel, je voulais faire un film en allant au plus simple : c’est à dire en utilisant un seul décor, un appartement, et peu de comédiens, donc trois, pour que ce soit le plus simple possible à gérer (à priori ...). Je voulais interpréter un personnage qui pète un cable. Je me suis donc inspiré d’un fait vécu, poussé à son paroxysme bien sûr ! Un jour, je fais une bouffe chez moi. Une amie de ma femme ramène son ami. Il ne m’a pas adréssé la parole de la soirée, m’a fait chier pour cuisiner plus vite, car il avait faim, et faisait que raler car il n’aimait pas ma musique : pourtant la techno hardcore est si douce ...Une fois ce couple parti, on s’est tous regardé dans les yeux en se disant « il était invité machin ? ». La réponse est bien évidemment négative. Cette petite soirée où je me suis contenu m’a fortement inspiré pour l’écriture.

- Ou vous avez déjà rencontré un type aussi immonde que ce Michel ?

Eh ben oui, justement c’est Mr machin. Je me suis retenu de ne pas l’envoyer valser du 4ème étage. En plus même pas un p’tit merci en partant, du genre « ta bouffe et tes cocktails étaient sympa », rien, que dalle, nada !!!

- Comment avez-vous réuni votre équipe (très nombreuse) pour le film ? Est-ce un film de potes ?

Oula, non, ce n’est pas un film de potes ! J’ai réuni 100 % de mon équipe en faisant des recherches sur le net : mailing list, sites de courts métrages. Je ne connaissais personne, j’ai donc réuni une vingtaine de personnes qui ont adhéré avec enthousiasme à mon projet. Mon casting techniciens c’est déroulé sur plusieurs mois.

- Pour une première œuvre on sent une certaine maturité dans la gestion technique (cadrages, lumière, sons…). D’où vous vient cette expérience ?

Merci ... Je ne sors ni de Louis Lumière, ni de la Fémis, ni d’une école de p’tits bourges. J’ai une formation de technicien multimédia (d’un niveau assez bas) où j’ai appris les bases techniques et fait quelques jobs dans des p’tites boîtes de prods. Pas de quoi s’emballer donc ... Le reste je l’apprends seul en voyant des films, étudiant le découpage, la narration, le jeu des acteurs (j’ai également une formation de comédien). Le ressenti, sur le travail de l’image et du son sont personnels, c’est le plus important je pense.

- Vous avez bénéficié d’un budget ou… pas ?

Ma femme et moi avont autoproduit le film pour 3500 euros, uniquement des économies. Je n’ai cherché aucun financement.

- Florent Bolo, le compositeur, a beaucoup travaillé sur une musique qui accompagne certains sons « culinaires » du film non ?

Bien sûr ! Il a suivi mes consignes !!! J’adore cuisiner, notamment le chili con carne, comme dans le film. C’est mon plat favori, et je le fais très bien. J’invite qui veut venir le déguster ... et je resterai tranquille ... ça c’est pas si sûr. Bref, je voulais une musique en parfaite adéquation avec cette scène de cuisine qui introduit le film et le personnage de Clarence. Elle me plait, elle est très rythmée. La suite de sa composition est également fabuleuse : hypnotique (cf. scène de l’escalier), tendue, avec fréquences extrêmes, infrabasses et aigus puissants, je la défini comme mentale. Ce qui correspond à merveille au personnage de Clarence, ça bouillonne pas mal dans sa tête ...

- Pour les effets spéciaux vous avez bénéficié du travail de David Scherer, véritable artiste international du court et du série B. Comment s’est déroulé votre rencontre ?

INOUBLIABLE !!! On s’est rencontré longuement dans un bistrot parisien. Au tout début, il était paniqué car devait recevoir un colis énorme de cadavres qu’ils avaient confctionnés dans son atelier à Strasbourg. Ce colis s’était égaré, hum hum, surprise à celui qui l’a reçu. Non, non, après plusieurs coups de fils tout est rentré dans l’ordre. Là, je me suis dit, quel personnage !

On a ensuite parlé de mon scénario, et des moyens à mettre en oeuvre pour que ce soit le plus crédible et réussi possible au niveau effetx spéciaux directs. Il m’a proposé pas mals de choses au niveau maquillage et prothèses avec des choix différents pour chaque étape. C’est quelqu’un de talentueux, patient, à l’écoute. Il fourmille d’idées, et surtout, c’est la personne la plus humble que je connaisse. Une p’tite anecdote, qu’il m’a dite une fois le tournage terminé : il tournait FUSIBLE le jour et un autre gros court métrage avec budget la nuit, donc ne dormait quasiment pas ! C’est un homme de parole envers qui on peut faire entièrement confiance. Quand il s’engage, c’est à 200 %. Encore un grand merci à lui. Depuis, nous avons retravaillé ensemble, sur DESCENTE.

- A la fin Michel ressemble presque au Jésus-Christ de Mel Gibson… Vous n’y avez pas été de main morte…

Oui, je me suis fait plaisir ! La montée vengeance/violence est exponentielle. Dans un court métrage, on ne perd pas de temps, il faut surprendre le spectateur, qui se demande ou cela va s’arrêter.
Cela montre surtout que Clarence est totalement dérangé, bien plus que Michel est bête et provocant. Lequel de ces deux peronnes antagonistes est le plus malade ? La réponse est évidente. Ce côté exponentiel devient jouissif, on sait que Clarence va répliquer à la provocation de Michel, on se demande juste quand et comment, mais que va t’il lui faire ? Ce qu’on m’a souvent dit est « qu’on prend son pied quand Clarence se lache ! ». C’est une des scénes favorites des spectateurs. Elle est visuellement très belle, et la musique de Florent dérange juste ce qu’il faut. Michel allongé en croix ... je n’ai fait le rapprochement christique qu’une fois le film terminé. Michel a en tout cas été très patient, attaché et « gaffé » avec un balai dans le dos sur un bar américain pendant plusieurs heures.

- Mr et Mme Flandrin (charcutier traiteur) ont vu leurs outils servir à tout autre chose. Leurs réactions ?

Ils adorent !!! Par contre, la négociation de prêts de couteaux de divers tailles n’a pas été facile, ils étaient très hésitant au départ, de peur que je ne leur rande pas leur matériel.
Par contre, ils m’ont même demandé spontanément, avec un air sadique, si je voulais du vrai sang. Pas la peine, David a toujours sur lui sa fiole aspergeante. Au final j’ai obtenu l’éventail de lames que je voulais.

- Devenu spécialiste de l’aiguisage ?

Oui bien sûr. J’adore cuisiner et couper très fin, donc j’ai tout ce dont il me faut.

- Le coup de la cigarette dans l’oreille vous avez déjà essayé ?

Non, mais j’en ai toujours eu envie.

- Dans votre dossier de presse on lit : « ce film a pour objectif de dynamiser le cinéma de genre qui refait surface de plus en plus à l’heure actuelle en France ». Vous pouvez nous en dire plus…

J’essaie humblement de mettre ma pierre à l’édifice, de créer un univers qui m’est propre. Pour ce film, je n’ai volontairement cherché ni financement, ni structure de production. Je n’attends pas. Je casse ma tirelire et je fais ce qu’il me plait.
Il est difficile de produire des films de genre en France, mais en ce moment ça a l’air de bouger avec pas mal de tournages en cours et de sorties de films de genre à venir. Après, comment seront-ils reçus au box office ? On verra bien ...

- Quelles sont vos références cinématographiques ?

Il y en a trop !!! Pour faire court, j’aime un cinéma dur, émouvant, dérangeant, barré, original, mais surtout profondément humain. Tarantino, Lynch, Miike, Peckinpah, Arronofsky, Caro, Jackson, Kounen, Inarritu sont des metteurs en scène qui me touchent particulièrement, j’en oublie ...
La télé délivre aussi de pures merveilles telles que Oz, La caravane de l’étrange, Les sopranos, Twin peaks, Dexter, The shield... voici une partie de mon univers.

- Quels sont vos projets pour le futur ?

Justement, des projets plus féminins...
Je suis actuellement en post-production de DESCENTE, un court métrage fantastique de 9 min. L’écriture d’un autre court est achevée, un film noir : TERRES SAUVAGES.
Et je commence tout juste l’écriture d’un polar fantastique. D’autres idées de projets à développer fourmillent ...

TRAILER

GALERIE

LE SITE

Le film est téléchargeable sur le site du réal :

http://www.pierre-guillaume.com

Pour info, le prochain teaser du film de Pierre Guillaume, Descente, sera dispo sur son site en mai.

...et Fusible sera édité en DVD chez Métaluna Productions !

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