Ose court

OSE COURT - Dead Bones

18 avril 2008 | Par : Damien Taymans

Les p’tits Suisses ne font pas que dans le fromage blanc !





Plus encore que chez nous, le cinéma de genre en Suisse est confronté à de grandes difficultés budgétaires pour mener à bien des projets osés et irrévérencieux, on ne vous fera pas l’affront de vous reparler du problème. Néanmoins un réalisateur tente d’y faire son trou (de gruyère ?). Olivier Beguin, accompagné d’une équipe motivée et patiente, a relevé le défi et vient de terminer un western horrifique (tant qu’à faire original…) racontant l’histoire d’un chasseur de primes qui traque sa proie pourr la retrouver à la frontière du Mexique, dans un village où les habitants se livrent à des coutumes plutôt particulières. Le chasseur et sa proie doivent donc s’unir s’ils veulent survivre…

Ce western cannibalesque, intitulé Dead Bones, peut se targuer d’avoir les présences au casting de Ken Foree (Dawn of the Dead, The Devil’s Rejects) et d’Arie Verveen (Sin City, La Ligne Rouge) et, cerise sur le gâteau, d’avoir été tourné dans les mythiques studios d’Almeria-Tabernas connus pour les westerns spaghetti de Sergio Leone.
Un projet très sympa dont le tournage à lui seul vaudrait la peine d’en faire un film. Souhaitons à nos amis suisses (ouche ça fait très Drucker ça non ?) beaucoup de succès et de réussite.

En attendant voici l’interview d’Olivier Beguin en exclu pour cinemafantastique.be :

Avant Dead Bones tu as réalisé deux autres courts métrages plutôt catégorisés Science-fiction. Comment en es-tu arrivé au genre Horreur ?

Mes deux premiers courts étaient il est vrai plus dans un domaine de SF, avec Time With Nyenne, un drame post-apocalyptique et Si vous le voyez, tuez-le de ma part, une histoire de voyage dans le temps. J’ai commencé à m’aventurer dans l’horreur avec mon troisième court, Naufrage qui se passait sur une île "hantée" et comportait quelques zombies. En fait, le cinéma fantastique sous toutes ses formes m’intéresse et l’horreur en est une déclinaison, donc il me semblait logique de m’essayer à ce genre-là. Et pour l’instant je m’y sens assez bien.

Convaincre des producteurs d’investir dans un western zombies fut un pari très difficile j’imagine. Peux-tu nous raconter comment tu les as convaincus ?

Petite précision importante : il n’y a pas de zombies dans Dead Bones mais des cannibales. En fait on n’a pas convaincu de producteurs si on peut dire. Avec deux amis, qui font donc le travail de production, Annick Mahnert et Adan Martin nous avons créé une association, Peliculas Bravas, pour gérer la structure de notre projet. Mais il n’y a pas de boite de production externe qui participe au financement de notre film. L’argent provient de subventions culturelles, de dons, de partenariats, etc..

Comment parvient-on à avoir deux acteurs de la stature de Arie Verveen et Ken Foree dans un court métrage suisse ?

Pour Ken ça s’est fait assez simplement. Lorsque Annick m’a dit vouloir se lancer dans l’aventure Dead Bones, je lui ai dit que je voulais quelqu’un qui aie une présence et une histoire pour le rôle du Barman et elle m’a répondu qu’elle connaissait Ken pour l’avoir croisé à plusieurs festivals. J’ai forcément tout de suite aimé l’idée ! Elle lui en a parlé, il était partant et elle a négocié avec son agent. Pour Arie c’est un peu différent. On avait un acteur suisse assez connu qui avait accepté le rôle et qui finalement n’a pas pu faire le film. On a commencé à chercher un remplaçant et la prestation d’Arie dans La Ligne Rouge m’avait assez marqué ; on y est un peu allé au culot et on a contacté son agent. Arie a aimé le script et mes films précédents ; il nous a aussi dit par la suite avoir beaucoup aimé notre approche très honnête et… non hollywoodienne.

Comment s’est déroulé le tournage dans les studios mythiques d’Almeria-Tabernas ?

Ca s’est relativement bien passé. L’idéal c’est qu’il y a tout là-bas : les décors, les armes, les chevaux... Et ces décors, que ce soit le petit village style mexicain ou le désert, sont juste magnifiques. Mettre en scènes des cow-boys, c’est un rêve ; après, tourner avec des chevaux c’est un peu plus compliqué. Le cheval d’Arie ne nous a pas posé de problème, mais avec celui de Fred Landenberg, qui joue la proie, ce fût une autre histoire ; il a notamment décidé de se diriger contre la caméra lors d’une scène. Là on a eu un peu peur d’y laisser le chef op, mais au final plus de peur que de mal. On a aussi eu pas mal de vent le deuxième jour ce qui était pas aisé, pour le steadycamer entre autre. Au niveau "logistique", on avait trois apparts à Tabernas, à cinq minutes du studio, pour les vingt-cinq personnes de l’équipe et les acteurs étaient à l’hôtel à Almeria. Le plus dur fût évidemment de quitter ce lieu mythique : en partant du désert où on venait de tourner les derniers plans, le chauffeur a mis Ecstasy of Gold (Ennio Morricone) à plein volume et la nostalgie commençait déjà à s’installer...

Quelles sont tes références dans le cinéma de genre (réals, acteurs, films) ?

Si il y a un titre que j’ai spécialement envie de citer, c’est La Mouche de Cronenberg. C’est LE film qui m’a fait comprendre, quand j’avais 13 ou 14 ans que le cinéma d’horreur pouvait déboucher sur des chefs-d’oeuvre. Cronenberg est d’ailleurs toujours l’un des cinéastes les plus intéressants qui soit. Sinon il y a les classiques, Mad Max, Massacre, Predator, Jaws et quantité d’autres. Pour citer des titres plus récents, je me suis pris deux immenses baffes avec Code 46 et Le Fils de l’homme.

Une autre récompense au NIFFF ? Es-tu déjà venu au BIFFF ?

Si je vise une récompense au NIFFF ? Non, mais une projo à ce festival, oui. Etant donné que Neuchâtel est la ville où je vis et la ville où on a tourné les scènes en studio de Dead Bones, on espère faire la première au NIFFF en présence du maximum de personnes de l’équipe. C’est en discussion…
Non, je n’ai pas encore eu la chance de venir au BIFFF ; j’ai bien essayé d’y faire sélectionner Naufrage il y a 2 ans, mais visiblement ça ne les a pas convaincu. Mais j’espère pouvoir m’y rendre l’année prochaine. Si possible avec Dead Bones...

En Belgique, nous sommes nous aussi confrontés au désert artistique du cinéma de genre. Néanmoins, seul, Fabrice du Welz semble se faire un chemin… Connais-tu son travail ?

Oui, j’avais vu Calvaire lors de sa projo au NIFFF. J’avais beaucoup aimé, un film à part, original, avec son identité propre. Visuellement c’était incroyable ! Et la performance de Berroyer était clairement la meilleure de cette année-là. Je me réjouis de voir son prochain, dont le titre m’échappe. Mais Béart et Sewell au casting, ça fait déjà très envie.

Vas-tu te lancer bientôt dans le long métrage ? Quels sont tes projets ?

Notre idée est de faire un long métrage de Dead Bones. Qui reprendrait certains personnages et tournerait autour de ce village. Le court n’est pas un trailer pour le long, c’est un film à part entière, mais s’il peut convaincre certaines personnes que nous pourrions être capables de faire un long métrage qui mixe western et horreur, ce serait déjà un pas dans la bonne direction.

Interview réalisée par Gore Sliclez.

Commentaires

J’ai découvert cet article via facebook, je le partage sur twitter, la boucle est bouclée ! :)

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30 août 2012 | Par Isabelle

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