Ose court

OSE COURT - Cabine of the dead

4 août 2010 | Par : Damien Taymans

Attention, chéri, ça va couper

Ca sonne comme un film de Romero et ça ressemble à du Edgar Wright. Sans doute parce que Cabine of the dead, du haut de son très maigre budget initial est un peu tout ça à la fois. Une cabine téléphonique isolée, un héros pris au piège à l’intérieur, des hordes de zombies assoiffés qui s’agglutinent contre les parois transparentes dans l’espoir de choper le morceau de viande sur pattes. Que faire dans pareille situation ? Ben, appeler tous ses contacts afin de demander de l’aide. C’est la triste mésaventure que vit Patrick devant la caméra de Vincent Templement, first time director qui prend apparemment un pied d’enfer à dépeindre ce chaos téléphonique.

Railleur envers les aberrations du genre ("Ce qui m’a toujours fait rire dans les films de zombies, c’est que les héros finissent toujours par s’enfermer dans un lieu clos, ce qui n’est pas conseillé."), Vincent n’en est pas moins un admirateur de l’horreur et du fantastique, allant même jusqu’à se soucier du traditionnel message à porté sociologique dans son court métrage... et à se payer un bel équarrissage de flicaille au passage. Chapeau bas, mec !

L’INTERVIEW DU REALISATEUR

Comment est née l’idée du film ?

C’était en Janvier 2009, ça faisait longtemps que je voulais réaliser un court métrage de genre. J’étais sûr qu’avoir des financements pour un film de zombies allait être compliqué, c’est pourquoi j’ai auto-produit le film. J’ai donc imaginé un scénario qui me permettrait de le faire à moindre coût et l’idée du huit clos est tout de suite venue. Et voulant avant tout faire une comédie, j’ai mis du temps à travailler les dialogues.

De quels moyens logistiques disposais-tu pour Cabine of the dead ?

Sachant que j’auto-produisais le film avec l’aide de 2 amis, Alice Brunel et Rémi Veron, le budget (4500 euros au total) ne nous donnait pas beaucoup de flexibilité.

L’idée était de préparer le court métrage comme un "vrai" film, et non en se disant "on n’a pas les moyens, donc on le fait à l’arrache". Nous avons loué le matériel chez les prestataires habituels, qui font fréquemment des prix pour les courts métrages.
Concernant l’équipe, je me suis entouré de techniciens et comédiens avec qui, pour la plupart, j’avais déjà travaillé sur d’autres projets.
Nous avons tourné 3 jours, ou plus précisément 1 journée, 1 après-midi et soir, et 1 nuit complète. Court, mais intense comme on dit !

Où s’est déroulé le tournage ?

Nous avons tourné dans les Yvelines pour deux séquences d’intérieurs (son ami Didier et son beau-frère Marc), et à Saint-Ouen, au centre électrique de la SNCF pour tout les décors de zone industrielle, ainsi que la fameuse cabine téléphonique (qui était déjà sur les lieux !).

Utiliser une cabine téléphonique comme principal lieu de l’intrigue, c’était pour donner un côté rétro au film ?

Pas forcément pour donner un côté rétro, mais plutôt pour le comique de situation (plus personne n’utilise de cabine aujourd’hui).
Ce qui m’a toujours fait rire dans les films de zombies, c’est que les héros finissent toujours par s’enfermer dans un lieu clos, ce qui n’est pas conseillé.

J’ai également voulu exagérer encore plus la chose en enfermant mon héros dans un endroit exigu, mais entouré de vitres, histoire d’être bien visible par les zombies !

Quelles sont tes influences cinématographiques ?

Je regarde de tout, de John Carpenter à Steven Spielberg. Mais c’est vrai que je suis très porté sur le cinéma d’horreur. Le premier film d’horreur que j’ai vu est The Thing, j’avais 11 ans.

Et tes films fétiches en matière de morts-vivants ?

Mon dvd de chevet est "Shaun of the Dead", mais rien ne vaut un bon vieux "Night of the Living Dead". J’aime beaucoup le mélange des genres, et la comédie se marie très bien avec le thème Zombiesque. C’est d’ailleurs ce que je recherchais pour mon court métrage. J’adore aussi acheter des films de zombies peu connus, comme Zombie Honeymoon ou Dead & Breakfast, des petits bijoux !

C’est en hommage à Romero que tu as repris le fameux … of the dead ?

Bien sûr ! J’ai longtemps cherché le titre, j’ai pensé à "Phone Dead", ou "Allo Zombies"... Et un jour, "Cabine of the dead" est sorti et a plu à tout le monde. Je ne voulais pas d’un titre entièrement Anglais, ni entièrement Français, alors j’ai mixé les deux, avec un bel hommage au maître.

En accord avec les modèles romériens, quel est le message politico-sociologique de ton œuvre ?

Achetez un téléphone portable !!

Plus sérieusement, le thème de fond est la solitude, notamment face à la mort. En cas de problème, en l’occurrence une attaque de zombies, laissant présager une fin du monde prématurée, chacun se préoccupe en priorité de ses propres soucis. On ne peut pas toujours compter sur les autres, et au final, devant la mort, chacun se retrouve toujours seul, face à lui-même.

La mère de Patrick s’en sort-elle finalement ?

Là est la question. Je ne voulais pas montrer la mort des personnages, d’ailleurs, on ne voit personne mourir. Quand je regarde un film, je n’aime pas avoir toutes les clefs en main, je préfère imaginer la suite, le sort des personnages. Mais franchement, face aux zombies, dur de s’en sortir...

C’est quand même un comble qu’un policier, par essence adepte des coups d’annuaires, se retrouve coincé dans une cabine, non ?

Oui, c’est le comble pour un policier d’appeler la police, enfermé dans une cabine. Je voulais boucler la boucle à la fin du film : la victime devient l’agresseur, et un nouveau personnage se retrouve à la place initiale du héros.

Le film a été sélectionné au Festival Mauvais genre. T’y es-tu rendu ? Comment s’est déroulée la projection ?

Oui je suis allé avec Rémi (mon producteur) au festival Mauvais genre, et pas pour rien, puisque nous sommes revenus avec un prix (le premier). La projection s’est très bien déroulée. Je suis toujours surpris d’entendre les gens rire pendant les projections du film. Au tournage, on sait qu’une scène va faire rire, parce qu’elle est écrite pour, mais c’est très plaisant de découvrir en projection le public rire à d’autres moments, grâce au jeu des comédiens ou aux situations.. En tout cas, j’ai été très content que "Cabine of the dead" ait été sélectionné en compétition à ce festival, il y avait du très très lourd en face.

D’autres projets en préparation ?

Oui d’autres projets. Je commence à écrire le prochain court métrage, toujours entre comédie et horreur. Mais cette fois-ci, finie l’auto-production. J’ai également une idée de long métrage, mais pour plus tard...

(Interview réalisée par Damien)

Commentaires

j’ai eu la chance de le voir à la première projection et franchement c’est vraiment terrible !!!! Excellent, j’ai adoré !!!!!

8 août 2010 | Par roussette59280

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