Ose court

OSE COURT - Baby boom

2 juin 2009 | Par : Damien Taymans

Corsic’armes

Baby boom est un projet vraiment couillu. Pensez donc, réaliser un court post-apocalyptique mettant en scène une androïde enceinte sous le soleil de Corse pour la somme de 60000 euros. Qui oserait tenir tête à pareille entreprise ? Deux hommes, Thierry Lorenzi, réalisateur, et Julien Renaud, producteur. Deux amis qui ne se quittent plus depuis leur sortie des études universitaires et ont qui ont monté une boîte de prod’ afin de subventionner leurs propres folies filmiques.

Pour mettre toutes leurs chances de leur côté et fournir un produit résolument professionnel, les deux compères font appel à une tripotée de spécialistes qui ont fait leur preuve dans le cinéma de genre français : au montage, Nicolas Sarkissian (Eden Log), à la photo, Thierry Pouget (Eden Log), au son, Vincent Arnardi (Transporteur 3, Dante 01) et aux maquillages David Scherer (Lady Blood, 8th wonderland). Une équipe de pros qui travaillent de concert pour un court tout ce qu’il y a de plus pro, tourné en 35 mm. Un format pour lequel ils ont opté "pour trois raisons qui sont : l’ambition, la logique et le rapport sémantique au film. Le film demandait un fort côté âpre. Le choix du 2.35 va dans le sens où je voyais le film comme un western de science-fiction où les éléments futuristes sont mélangés avec des éléments rétro. En cela, je ne me voyais pas tourner avec les dernières générations de caméra HD dont le rendu est trop lisse.

En résulte un produit maîtrisé de bout en bout, tant au point de vue formel que scénaristique qui rappelle en quelques minutes les meilleures oeuvres science-fictionnesques. C’est d’ailleurs certainement là que réside l’ingéniosité de cette pellicule : parvenir, en une poignée de tours de trotteuses, à créer un cadre réaliste, à instaurer un climat inquiétant et à brosser des personnages crédibles qui sont autant d’archétypes propres à une kyrielle de genres (un prêtre, un shérif, un androïde et un mercenaire, aura-t-on vu tableau de chasse plus large ?).

L’INTERVIEW DU REALISATEUR

Black Box, votre boîte de production, est née en 2004 et compte déjà trois courts à son compteur. Peux-tu nous expliquer comment est née cette boîte ? Comptez-vous distribuer ou produire des courts d’autres auteurs ?

Black Box Production est née grâce à la rencontre avec le producteur Julien Renaud lors de nos études universitaires. Le miracle dans cette rencontre, c’est qu’on avait la même ambition tout en étant complémentaires. A ce titre, il est le vrai producteur. Je suis plus un producteur associé, ce qui me permet de défendre mon point de vue artistique. Même si je reste ouvert à toute critique. Aussi les deux premiers courts métrages sont des films d’études universitaires qu’on a récupérés pour commencer à se faire connaître auprès des institutions. Black Box Production est une petite structure. On co-produit un court en ce moment. Mais tout dépend de l’intérêt face au projet et du temps dont nous disposons pour nous en occuper.

Le budget de Baby boom avoisine les 60000 euros. Comment êtes-vous parvenus à réunir une telle somme ?

Baby Boom a obtenu l’aide de notre collectivité territoriale qui dépend du CNC et un pré-achat de la chaîne France 3 Corse. Le reste est composé de nos apports personnels ainsi que d’un apport de notre société de production.

C’est ton premier court pro. Un qualificatif criant de vérité puisqu’il réunit au niveau de son équipe technique quelques gars de chez nous extrêmement doués et réputés comme Nicolas Sarkissian, Thierry Pouget ou Vincent Arnardi. Comment as-tu réussi à réunir tout ce beau monde autour de ton projet ?

De nos jours, on peut contacter tout le monde, ce n’est pas ça le plus difficile. Il faut convaincre et avec Julien, on a tendance à dire que c’est le film qui constitue l’équipe, qui intéresse ou non les gens que l’on contacte. C’est aussi une question d’humilité sincère sans doute. On a toujours su rester à notre place. Et l’humilité, c’est la première chose que l’on apprend au contact des grands.

Pourquoi avoir opté pour du 35mm ?

Pour trois raisons qui sont : l’ambition, la logique et le rapport sémantique au film. Le film demandait un fort côté âpre. Le choix du 2.35 va dans le sens où je voyais le film comme un western de science-fiction où les éléments futuristes sont mélangés avec des éléments rétro. En cela, je ne me voyais pas tourner avec les dernières générations de caméra HD dont le rendu est trop lisse.

Baby boom titre à double sens excessivement révélateur et fallacieux en même temps, non ?

Effectivement. Il s’est imposé dès le début de l’écriture. Et son double sens est voulu. Notamment le rapport avec le fait que la génération du baby boom est liée à l’explosion des nouvelles technologies. Celle d’après Hiroshima et Nagasaki.

Le tournage a eu lieu dans une cave de la ville universitaire de Corte. Une manière de revenir aux sources de votre odyssée filmique, là où tout a commencé ?

Entre la fin de nos études et la création de la société, il n’y a eu aucune interruption. Donc on a vécu 7 ans dans cette ville. Et au fond de nous peut-être ne voulait-on pas quitter les lieux sans avoir fait un court métrage totalement professionnel.

Vous souhaitiez absolument tourner en Corse votre court, un choix osé puisque, au niveau logistique, l’île propose moins de solutions que la capitale…

Sur le fond, on aurait pu le tourner n’importe où ailleurs. Même dans les studios à Paris. Ca aurait été même moins cher au niveau logistique. Après coup, on se rend compte que de l’avoir tourné en Corse - avec tout le matériel demandé, la super équipe et les contraintes de l’insularité - ajoute une valeur supplémentaire par rapport à notre capacité à produire de A à Z un film professionnel.

On ressent une très forte influence du genre western et du cyberpunk dans Baby boom. Des modèles en priorité dans chacun de ces genres ?

Le western est le genre qui légitime à lui seul l’existence du cinéma. Sergio Leone est par ailleurs le cinéaste le plus fondamental au monde. On peut facilement affirmer qu’il existe un avant et un après Sergio Leone. Mais pour Baby Boom, c’était plus le côté viril et misogyne du western qui m’a intéressé surtout que c’est un huis clos : là où les westerns profitent généralement de grands espaces d’où le format scope. Pour ce qui est du côté cyberpunk. C’est plus lié à la japanimation en général. Depuis tout petit, je me sens très proche de la dystopie dont font preuve les oeuvres japonaises comme celle de Mamoru Oshii par exemple. Notamment sur le rapport Humain-Machine.

Notre très cher ami David Scherer s’est occupé des effets spéciaux, extrêmement convaincants malgré la difficulté de la tâche. Comment s’y est-il pris pour créer le ventre de l’androïde enceinte ?

Avec David, on a surtout évoqué des films comme Hellraiser, Robocop et certains films de Cronenberg. Je voulais un mélange assez barbare, mélange de câbles, de fils électriques, d’acier et de chair humaine. Comme si ce ventre mécanique était un laboratoire scientifique où par manque de transcendance, l’éthique aurait disparu pour y condamner les futurs hommes. David a fait du bon boulot, surtout qu’il était surchargé de travail quand il a bossé dessus.

Comment s’est déroulé le Short film Corner ? Une bonne expérience ?

Le Short Film Corner s’est très bien déroulé. Mais je ne suis pas sûr que ce soit réellement important. Même si 2000 films y étaient présentés, regardons les choses en face. C’est navrant de voir la création se niveler par le bas. Ca n’a jamais eu la valeur d’une sélection en festival. Il suffit de payer 95 euros pour y être et je ne suis pas pour la facilité dans ce milieu. Le marché du court aujourd’hui est entrain de vendre du rêve à des personnes sans réelles motivation et intention dans le cinéma. On trouve même des distributeurs dvd qui demandent à être payés pour assurer la distribution ! C’est vraiment vendre du rêve. Mais au final pas de miracle.

Prochaine étape, le long ?

Je termine l’écriture d’un autre court métrage qui sera mon testament au format court et parallèlement, on développe un long. Mais on ne se précipitera jamais pour faire un film mal produit de type « discount » pour juste assouvir la fausse volonté de produire un premier mauvais long.

(Interview réalisée par Damien)

LE TRAILER

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