Ose court

OSE COURT - 36ème Sous-Sol

20 août 2010 | Par : Gore Sliclez

Welcome to Hell

Véritable touche-à-tout artistique, Pee Ash nous revient avec son dernier court métrage "36ème Sous-sol", un film fantastique qui raconte l’histoire de "quatre personnes qui se retrouvent dans un ascenseur. Elles ne se connaissent pas et ne savent ni pourquoi ni comment elles sont arrivées là. Et l’ascenseur descend, descend"...

Humour noir, drame et film d’horreur se partagent le style d’une œuvre très bien interprétée et qui nous plonge dans le passé récent de personnages condamnés et contraints au non-retour. Prouesse technique qui force le respect, ce court tient la route, comporte très peu de temps morts et démontre une maîtrise du montage, du cadrage et de la lumière, tous propices à un travail de qualité et qui devrait ravir les futurs participants des festivals où il sera projeté.

Très graphique dans son final, "36ème Sous-sol" démontre également tout le talent de photographe d’un Pee Ash dont les œuvres sont visibles sur son site internet. Rencontre donc avec un artiste complet...

- Réalisateur, cadreur, photographe, traducteur... beaucoup de cordes à ton arc. Mais encore ?

Je fais également un très bon bœuf bourguignon... (rires)

La réalisation c’est mon rêve de gosse, le cadrage et la traduction c’est mon gagne-pain, et la photo... c’est ce qui me permet de concilier les deux ! Je suis venu à la photo par frustration car mettre en scène un film c’est long, c’est cher et tu ne peux pas le faire tout seul (enfin si, mais je parle de films qui tiennent à peu près la route). Mes photos sont toutes mises en scène ; photographier la réalité n’est pas dans mes cordes. J’assouvis donc mon désir de mettre en scène par la photo, quand je n’ai pas les moyens de le faire avec un film.

- D’où vient l’idée de scénario de 36ème Sous-Sol ?

Je projetais de tourner dans un ascenseur depuis dix ans. D’une part parce que j’adore les huis-clos et d’autre part parce qu’un ascenseur c’est un décor mais c’est aussi un peu un personnage que tu peux diriger, maquiller, malmener... C’est également un décor complet et relativement peu onéreux, ce qui compte dans le cadre d’une auto-production. Il y a très longtemps quand je suis arrivé à Paris, j’avais écrit un scénario se déroulant dans un ascenseur un peu semblable à celui de 36ème Sous-Sol, à la différence qu’il montait au lieu de descendre. J’étais tellement impatient de le tourner que j’avais commencé à le construire dans ma petite chambre de 10 mètres carré avec des palettes trouvées sur les marchés... Elles sont restées entassées au milieu de ma chambre un bon moment avant que je n’abandonne le projet. Dans ce scénario l’ascenseur montait vers les cimes infinies où se révélait la nature héroïque de chacun des protagonistes. Mais cela manquant terriblement de piquant, j’ai récemment peint mes intentions au vitriol et inversé la tendance. Si l’on remplit l’ascenseur de vermines de tous poils, l’ascenseur les conduirait-il jusqu’en enfer ?

- Comment s’est passé ta collaboration avec Colin Vettier sur l’écriture ?

Colin a eu un rôle de script-doctor, dans la mesure où l’on m’a souvent reproché de faire des scénarios assez hermétiques (cf l’Appel du Large, Mars Requiem...). Je voulais que quelqu’un passe derrière moi pour valider ou non certaines idées, ré-écrire les dialogues, et s’assurer que pour une fois je ferais un film com-pré-hen-sible (rires). Il a également ré-écrit certaines scènes mais Colin étant de l’école Troma (violence, sexe et vomi) j’ai dû mettre le hola sur pas mal de choses vraiment trop trash, je pense notamment au bébé... beuark !

- Quelle galerie de personnages ! Cette famille Bidochon, quel travail d’interprétation...

Je connais et travaille avec Edouard Audouin (Henri) et Anne Courpron (Josie) depuis plus de dix ans maintenant, chacun sait ce que l’autre a dans le ventre. On s’est mis d’accord et avons fait des répétitions avant le tournage pour déterminer comment interpréter Henri et Josie. Je voulais clairement des personnages comiques pouvant contrebalancer le ton glauque du film, dans lequel je ne me reconnaissais pas vraiment. Réussir un film d’horreur complètement premier degré n’est accessible qu’à certains petits génies dont je ne fais pas partie. Et puis j’aime bien ce mélange des genres, même si je sais qu’il en a dérouté certains. On peut trouver ces deux personnages trop caricaturaux, mais je vous assure que j’ai déjà été confronté à de telles personnes dans les contrées de mon enfance...

- Comment avez-vous monté le décor de l’ascenseur ? Pas trop difficile pour le tournage ?

Ce qui m’a poussé à franchir le pas et à réaliser ce film est le fait d’avoir travaillé durant l’été 2009 comme photographe de plateau sur le long-métrage fantastique « Le Jour de la Comète », produit par la société Forge. Je n’arrêtais pas de répéter « Ça c’est du cinéma ! » en voyant l’équipe déco monter de toutes pièces une grange abandonnée, un portail de fer ou un repaire d’extraterrestres sexy mangeuses de puceaux. J’ai pu discuter avec eux de mon projet et on a commencé à mettre au point un plan pour monter ces deux décors (l’ascenseur normal et l’ascenseur de l’enfer) avec le budget microscopique dont je disposais. Les parois de l’ascenseur étaient réversibles : un côté propre, et un côté crade, l’équipe déco faisant sans cesse des montages/démontages de paroi en fonction des axes de caméra. Ils ont dû travailler dans des conditions vraiment pas évidentes entre le froid, le manque d’espace, le manque de temps, et un budget plus que serré. Je leur tire mon chapeau et ne serais jamais assez reconnaissant du travail effectué.

- C’est marrant parce que dans quelques semaines sortira Devil un film écrit par M. Night Shyamalan dont l’histoire se déroule dans un ascenseur justement et le diable se trouve parmi les occupants. Es-tu prêt à remplacer l’ami Shyamalan ?

Shyamalan n’est pas mon ami (rires). Je n’avais jamais entendu parler de ce film avant, je viens de voir la bande annonce. Je vais attendre de le voir en entier avant de lui envoyer mes avocats. En tout cas, qui dit Shyamalan dit absence de second degré, non ? Donc la ressemblance s’arrête là...

- David Scherer a encore très bien travaillé non ? Celui qui interprète « l’écorché » a dû vivre des heures difficiles avec son maquillage ?

Oui, il est doué ce David Scherer. Lui aussi a dû composer avec des miettes de budget mais comme le travail demandé représentait pour lui un nouveau défi, il a dit oui d’emblée. Je n’avais jamais travaillé avec ce genre de personnes auparavant et même si je n’ai pas un goût très prononcé pour le gore, on s’est bien lâchés sur le final grâce à ce que David nous a proposé. J’ai même été pris de hauts-le-coeur en voyant Edouard sans bouche (rires). Bonze, le comédien qui joue l’écorché, devait subir environ 2 heures de maquillage et jouer torse nu dans des températures parfois extrêmes (le pire étant la scène du parking, 3°C au compteur). Il y avait heureusement toujours une main bienveillante pour le réchauffer au sèche-cheveux entre les prises !

- Et pauvre Stéphanie Kern Siebering, notre scream queen favorite que vous avez atrocement brûlée...

Oui, ça fait mal au cœur. Vraiment. Je ne m’attendais pas à ça du tout. Surtout que Stéphanie est quelqu’un qui s’imprègne totalement de son rôle, donc quand elle est sortie de la loge maquillage, c’était si réaliste et elle paraissait tellement souffrir que l’ambiance n’était plus trop à la rigolade sur le plateau. C’est une comédienne extraordinaire et c’est un vrai plaisir de la diriger. Son personnage a sans cesse évolué au fil des 10 versions du scénario. Des comédiens, c’était la seule avec qui je n’avais jamais travaillé, j’ai donc appris à la connaître et ai modifié son personnage en fonction de ce que je découvrais d’elle. Stéphanie a finalement très peu de texte dans le film, mais son regard en dit plus que mille mots !

- C’est ta première incursion dans le cinéma fantastique-horreur ? Ton précédent court, Au bout du nerf, était plutôt différent dans le style...

En tant que réalisateur, la plupart de mes courts sont empreints de fantastique. L’Appel du Large est vaguement inspiré des écrits de Lovecraft et Mars Requiem de Ray Bradbury. Au bout du nerf a été écrit et co-réalisé en 48 heures par 5 autres personnes donc ce n’est pas un film très personnel. Réaliser une comédie qui fonctionne est sans doute un des défis les plus difficiles au cinéma et je suis très tenté par l’expérience... tant que je n’en suis pas le scénariste ! Quant à l’horreur, évidemment j’ai vu beaucoup de films de genre dans mon enfance, mais je considère peu d’entre eux comme des chefs d’oeuvre, à part Jaws, Rosemary’s Baby et The Thing. Et je déteste que l’on dise d’un mauvais film « ah ouais mais attends c’est culte. »

- Dans quel genre te situes-tu le plus volontiers ?

Le fantastique, sans la moindre hésitation. C’est pour moi tout l’intérêt du cinéma que de montrer des choses que la science ne peut expliquer.

- Peux-tu nous parler un peu des Films de la Lymphe ? Où en est son développement ?

Les Films de la Lymphe est une association que l’on a monté il y a 10 ans lorsque nous étions étudiants en Arts du spectacle à Poitiers. Nous étions une bande de passionnés de cinéma, très hétéroclites, qui réalisaient des films dans leur garage. On cohabitait dans une grande maison (notre logo) qui est devenue un lieu de passage pour pas mal de gens qui venaient d’un peu partout nous filer des coups de mains sur des films que l’on voulait visuellement ambitieux. C’était le début de la démocratisation de la vidéo. Après une vingtaine de courts et de clips, on s’est lancé dans la réalisation du long-métrage Sodium Babies des frères Decaillon, qui est aujourd’hui distribué en dvd en catimini en France, mais dont la distribution aux USA est programmée pour très bientôt. Aujourd’hui les lymphocytes se font plus vieux et volent de leurs propres ailes aux quatre coins du monde ; la Lymphe n’a jamais évolué en société de production, mais son esprit « Films de garage et bouts de ficelle’’ est toujours en chacun de nous, c’est pourquoi 36ème Sous-Solest un Film de la Lymphe.

- Quels sont tes projets dans le futur ?

J’adorerais réaliser une comédie musicale. Je considère cela comme du cinéma fantastique car la science ne peut expliquer « d’où vient cette musique ? et pourquoi ces voyous se mettent-ils soudainement à danser le jerk ? » (Rires)

TRAILER

36e Sous-Sol Official Trailer from Les Films de la Lymphe on Vimeo.

Commentaires

Parfait L’information, je vous souhaite une bonne réussite.

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28 août 2011 | Par Herring

Merci à votre site de parler de courts-métrages, cela est tellement rare !
J’habite en France, et je ne connais pas de presse spécialisée française qui dédie de l’espace aux films courts. C’est fort dommage.
Car il est toujours intéressant de pouvoir découvrir les cinéastes de demain, en croisant les doigts qu’ils puissent passer au long.
A ce propos, j’ai pu voir il y a peu à Paris un court-métrage stupéfiant, "Le livre des rêves", d’Emmanuel Rouglan, si par hasard cela peut vous intéresser,...
J’ai l’habitude de voir des courts-métrages, mais je n’en avais jamais vu un de cette qualité !! Que ce soit le scénario, la mise en scène, la photo, la musique, l’ambiance, bravo, on se croirait face à un long-métrage !! J’ai d’ailleurs vu circuler ces derniers jours sur facebook un message comme quoi ce film a été censuré par le cnc, interdit aux moins de 12 ans je crois.
Le début de ce film est visible sur internet : http://www.youtube.com/watch?v=MRYflru-DF8&hd=1
On y trouve aussi un bref synopsis, et un lien vers le site du film. Si vous avez envie de faire découvrir un film magnifique...

11 novembre 2010 | Par Swede

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