Festival Offscreen

OFFSCREEN 2011

Starcrash

Evénement incontournable de ce début de festival, la projection (en copie 35mm, s’il vous plaît !) du cultissime Starcrash de Luigi Cozzi (Contamination, Il gatto nero), passé en coup de vent pour présenter le film, devant une audience acquise à la cause (bien que par trop souvent hilare, dans le mauvais sens du terme, ce public adoptant une posture condescendante, moqueuse vis à vis du genre ; une des plaies du festival… bref, passons…).

Et quel intense plaisir de redécouvrir le film en 35mm ; le signe d’une approche cinéphile, respectueuse, qui caractérise le Offscreen Film Festival, remuant ciel et terre pour dénicher des copies rares (la majorité des œuvres sont projetées de cette façon et au format, tel le magnifique Le Grand Silence de Corbucci, programmé l’année dernière, avec une présentation érudite d’Alex Cox… le must absolu !).
Je ne vais pas vous la refaire à l’envers, il va de soi que si vous êtes un lecteur régulier du site, vous devez connaître Starcrash (alias Le Choc des étoiles), délire science-fictionnel pop et acidulé, qui récolta un franc succès l’année de sa sortie (1978) et fut rapidement l’objet d’un culte grandissant.

Ce projet avait été soumis par le réalisateur à un producteur français, qui l’avait tout d’abord refusé, pour finalement se rétracter et décider de le financer ; le succès de Star Wars (George Lucas, 1977) n’y étant bien sûr pas étranger…

Cozzi (s’acquittant du film sous le pseudo de Lewis Coates) affirme qu’il n’a jamais voulu que ce soit un « démarquage » de ce dernier (le manque de moyens financiers ne jouant définitivement pas en son avantage), mais force est de constater que, pour la peine, on taxerait bien ce cher Luigi de langue de bois ; de nombreux emprunts à l’œuvre pré-citée prouvant l’exact contraire (texte défilant en début de film, sur fond de voie lactée, sabres laser, …).

Hommage à la littérature « pulp », très « camp » dans l’esprit, Starcrash demeure (33 ans après) un festin pour les yeux, entre couleurs éclatantes (expressionnistes, selon Cozzi), univers au kitsch assumé, effets spéciaux sommaires (parfois gravés à même la pellicule…), incrustations foirées, stop motion (NB : animation image par image) du pauvre (à ce titre, les créatures sont plus que rudimentaires), situations « non-sensiques » et invraisemblances en tous genres. Mais ces apparents défauts, ce côté « cheap », bancal, bricolé et daté (il l’était déjà à l’époque à cause du manque de ressources), loin de jouer en défaveur du film, lui donne une saveur (aura) particulière, qui sustentera parfaitement les « bisseux » de tous poils.

Ce feu d’artifice « psychédélique », aux hautes vertus hypnotiques, porté par une BO mineure du regretté John Barry (Cozzi dit qu’il aurait composé le même genre de BO pour Out of Africa et là, pour le coup, gagna l’Oscar !), offrit à la sublime Caroline Munro (Captain Kronos - Vampire Hunter, L’Espion qui m’aimait, Maniac, …) le rôle qui la propulsa dans la stratosphère geek, au rang d’icône et fantasme absolu. Il faut dire qu’elle y est sexy en diable et vêtue de tenues plus affriolantes les une que les autres… Une plastique de rêve qu’elle dévoila généreusement de film en film…

Le casting de Starcrash, grand bordel foutraque, compte parmi ses principaux atouts, où un Christopher Plummer « mono-expressif » (visiblement venu cachetonner dans le rôle de l’Empereur) croise le grand Joe Spinell (The Godfather : Part II, Taxi Driver, Rocky I & II, Maniac et Vigilante de William Lustig, …), survolté et cabotin dans le rôle du grand méchant éructant de l’histoire, le fielleux Zarth Arn (où vont-ils chercher ces noms !), ou encore un tout jeune David Hasselhoff (Alerte à Malibu, K 2000), alors minet glabre de bon aloi.

Entre autres curiosités, l’amateur éclairé se délectera aussi de la prestation indescriptible du croquignolet Marjoe Gortner (ancien prédicateur itinérant, reconverti en piètre acteur ; un documentaire controversé lui fut d’ailleurs consacré : Marjoe, 1972, de Sarah Kernochan & Howard Smith), de l’apparition de la divine Nadia Cassini (héroïne de moult comédies polissonnes italiennes, comme L’infirmière du régiment) en chef des amazones et de la vision furtive de Salvatore Baccaro parmi les cro-magnons (homme singe et préhistorique attitré de pléthore de péloches bis : Le Château de Frankenstein de Robert Oliver, Mondo candido de Jacopetti & Prosperi, Salon Kitty, Ator l’invincibile 2 de Joe D’Amato, …)

Starcrash est une œuvre à laquelle l’auteur de ces lignes prête bien plus d’âme qu’à celles du business man George Lucas (n’en déplaise à la majorité).

Une sucrerie à laquelle il est très difficile de résister…

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