Festival Offscreen

OFFSCREEN 2011

First Offscreening : Red, white and blue

Aux côtés du Rubber de Quentin Dupieux figurait sur la liste des "First Offscreenings" de cette édition 2011 le nouveau film du britannique Simon Rumley qui s’était distingué précédemment avec The living and the dead, film indépendant plutôt éprouvant (sorti en DTV chez nous par le biais d’Emylia) dans lequel un jeune attardé mental, schizophrène à ses heures, tentait de prouver à son paternel qu’il était capable de s’occuper seul de sa mère malade... Du drame psychologico-social à l’horreur pure et dure, il n’y a qu’un pas que Rumley s’est à l’époque plu à franchir pour réitérer finalement l’expérience dans son deuxième long métrage, Red, white and blue.

Des queues s’agitent, frappent des boules. Une émanation d’un film de boules viscéral ? Plutôt une métaphore détournée de la gynocratie à venir. Erica, jeune âme perdue au sein d’un Austin suintant de testostérone, végète de jour dans un entrepôt de bricolage et vagit la nuit dans les toilettes poisseuses de bars infréquentables. Sex addict, l’anti-héroïne résorbe son mal-être en écartant les cuisses et en prêtant son con - et les affections qui vont avec - à des mâles en quête de sensations fortes. Un seul être semble capable de l’extirper de ce sinistre quotidien, Nate, un ancien soldat ayant combattu en Irak adepte de la torture animalière. Mais leur liaison platonique (ah bon, même Platon ?) risque bientôt de se terminer avec l’intervention de Frankie, un obscur rockeur désireux de mettre fin à l’éveil des sens que propose Erica...

Du drame social à la Ken Loach à l’horreur en huis clos, en passant par la peinture obscure et déviante de paumés mélomanes à la Koen Mortier (la virtuosité en moins), Red, white and blue explore de nombreux genres, sans la moindre variation de ton, piégeant le spectateur dans cette ambiance glauque où s’entremêlent sans vergogne l’amour d’un fils pour sa mère cancéreuse (une thématique déjà au coeur de The living and the dead) et les idylles unissant une nymphomane vengeresse et un dur à cuire taciturne aux allures de biker. Un trio dominé par la soif de vengeance dont les membres passent à l’acte - sexuel ou physique - dans le but de transférer et d’inscrire leurs frustrations dans la chair de l’autre. Charnel et psychologique, chargé émotionnellement, le film de Rumley imprime durement la rétine -et les esgourdes, au détour de scènes psychédéliques lourdement appuyées par une cacophonie stridente. Au point que durant une heure, l’oeuvre ressemble à l’un de ces périples dans les dédales d’un créateur fou...

Progressivement, les pièces de ce puzzle se mettent en place. Non sans mal. Les zones d’ombre et incohérences s’accumulent au sein d’un script desservi par une multitude de plans inutiles se succédant anarchiquement au gré d’un montage aussi lourd que l’atmosphère pesante de ces bas-fonds d’Austin. La seule touche de légèreté réside finalement dans la prestation d’une Amanda Fuller à fleur de peau qui hypnotise dès l’entame l’assistance (saluons également un autre contre-emploi réussi, celui de Noah Taylor, à mille lieues de son rôle dans The proposition) avant de disparaître dans les affres de cette oeuvre au final pas tout à fait convaincante.

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