Critique de film

pub

Nuit des fous-vivants (La)

"The Crazies"
affiche du film

Remake du film de George A. Romero, The Crazies (en Français La Nuit des fous-vivants) dans lequel à la suite du dysfonctionnement d'une arme biologique, les pensionnaires d'un asile psychiatrique se livrent à des pillages et à des exactions.

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de The crazies - Le retour des fous vivants
Par : Fred Pizzoferrato

Après le sympathique La nuit des morts-vivants en 1990, l’efficace Zombie en 2004 et le médiocre Le jour des morts-vivants en 2008, The crazies est le dernier remake en date d’une œuvre de George A. Romero.

Réalisé en 1973, The crazies portait en nos contrées le titre éminemment plus parlant de La nuit des fous vivants, une manière de rattacher officieusement le métrage au plus gros succès de Romero, La nuit des morts-vivants, sorti 5 ans plus tôt. Quoique n’ayant que peu à voir avec la saga des zombies, l’œuvre originale en reprenait pourtant certains éléments, notamment une construction similaire et une portée politique volontiers contestataire.

Près de quarante ans ayant passé, l’idée d’un remake modernisé pouvait séduire, même si la présence de Breck Eisner derrière la caméra n’était pas spécialement rassurante, le bonhomme ayant comme unique titre de gloire SAHARA, un récit d’aventures plutôt quelconque trahissant dans les grandes largeurs le roman homonyme de Clive Cussler. Surprise, The crazies, version 2010, tient la distance et se range aux cotés de L’armée des morts (la relecture de Zombie réalisée par Zack Snyder) au rayon des remakes de bonne tenue.

Le scénario de The crazies reprend l’argument du métrage original et suit essentiellement les pas de David Dutton (incarné par Timothy Olyphant, vu dans des séries télé comme « Deadwood » mais aussi dans Scream 2, Dreamcatcher ou Die hard IV), shérif d’un petit bled sans histoires nommé Ogden Marsh. Son existence tranquille change dramatiquement le jour où le poivrot local débarque sur le terrain lors d’un match de base-ball, une arme à la main. David se voit contraint de l’abattre mais l’autopsie révèle pourtant que le forcené n’était pas ivre ce jour là. Alors qu’il désespère de découvrir l’explication de cette folie passagère, le policier se voit confronté à de nouveaux cas de violences sans raison apparente. Très vite, l’ensemble de la population d’Ogden Marsh sombre dans la folie et le carnage prend des proportions de plus en plus énormes. David, son épouse enceinte Judy, l’infirmière Becca et Russell, l’adjoint de David, tentent de fuir la petite ville tombée aux mains des fous sanguinaires. L’armée, pour sa part, met la zone en quarantaine et décide de réagir de manière musclée et expéditive.

Dans la masse apparemment inépuisable des remakes des « classiques » (mineurs ou majeurs) du cinéma horrifique des seventies, The crazies se situe clairement dans le haut du panier. La vague, lancée par les succès des nouvelles versions de Massacre à la tronçonneuse et La colline a des yeux a depuis littéralement déferlé sur les écrans de cinéma, au point qu’il devient difficile de penser à un métrage des années 70/80 bénéficiant d’un minimum de notoriété et n’ayant pas encore eu « l’honneur » d’une révision. Citons simplement, pour mémoire, La malédiction, Vendredi 13, Le bal de l’horreur, Meurtres à la Saint Valentin, Piranhas, Black christmas, Halloween, The fog, Soeurs de sang et bien d’autres.

Les scénaristes de The crazies, Scott Kosar et Ray Wright, sont d’ailleurs deux mercenaires de l’épouvante déjà bien rodés à la technique du remake. Le premier a, en effet, écrit le très original The machinist avant de relancer les franchises Amityville et Massacre à la tronçonneuse alors que le second a adapté Kairo aux marchés américains sous le titre de Pulse. Cette version modernisée de The crazies reprend donc un concept intéressant (quoique déjà vu à de nombreuses reprises, du méconnu Impulse aux plus récents 28 jours plus tard ou même REC) qui consiste à laisser la folie s’emparer d’une petite ville en apparence tranquille.

Pour qui garde en mémoire l’original de Romero, cette relecture pourra sembler nettement plus légère, thématiquement parlant. En effet, ce remake s’oriente vers le simple divertissement, délaissant en grande partie les éléments politiques ou la critique des Etats-Unis pour privilégier l’action et le suspense. Un choix sans doute logique vu les attentes actuelles (supposées ou réelles) du public. The crazies s’oriente également assez rapidement vers une variation sur les films de zombies alors que, dans l’original, la folie prenait lentement possession de la petite ville. Beaucoup plus rythmé, le remake transforme la majorité de la population en simili zombies enragés qui s’en prennent violemment aux rares survivants. Classique mais néanmoins fort efficace. Breck Eisner alterne alors moments de suspense assez banals (les « jump scare » sont légions et pas toujours très originaux, quoique souvent efficaces), séquences d’horreur sanglantes et passages orientés vers l’action tandis que nos quatre héros tentent de fuir la zone contaminée, laquelle semble s’étendre au rythme de leur progression vers un hypothétique lieu de sécurité.

Si les personnages secondaires ne sont qu’esquissés (le maire de la ville est un cliché ambulant, pratiquement une caricature de celui des Dents de la mer ou d’autres métrages similaires présentant des politiciens refusant de croire aux dangers pour des raisons de profits financiers) et les militaires réduits à des silhouettes sans épaisseur, les principaux protagonistes bénéficient, eux, d’une écriture plus travaillée. Le jeu des acteurs, fort convaincant, aide d’ailleurs beaucoup à la crédibilité de The crazies et le distingue des dizaines de productions utilisant un script similaire sorties depuis une trentaine d’années. Tendu et possédant une véritable tension dans sa première partie, le film joue dans la seconde la carte de la fuite sans fin d’une poignée de survivants aux prises avec un danger redoutable et apparemment impossible à stopper. L’intrigue s’oriente ensuite logiquement vers une conclusion dépressive laissant toutefois la porte ouverte à une séquelle éventuelle.

Remake très efficace dont le pessimisme renvoie directement aux seventies mais doté d’un rythme haletant beaucoup plus contemporain et de nombreuses séquences d’action gore à souhait, The crazies constitue au final une bonne surprise et un thriller horrifique solide méritant largement une vision.


Critique de The Crazies - Hollywood devient fou
Par : Quentin Meignant

Prévu pour débarquer dans les salles belges au mois de juin 2010, The Crazies, le remake du classique de George A. Romero, La Nuit des fous-vivants, fit sa « joyeuse » entrée au plat pays deux mois plus tôt, lors de la 28ème édition du BIFFF. S’il est certain que l’annonce d’une relecture d’une œuvre du Pape des Morts-Vivants ne fait jamais plaisir aux fans du légendaire cinéaste, force est de constater qu’Ouverture Films avait mis quelques atouts de son côté, notamment en embauchant un authentique espoir du cinéma de genre américain en la personne de Breck Eisner. Certes, hormis le passable (si on est gentil) Sahara, le jeune réal n’avait pas encore prouvé grand-chose, mais sa présence sur la bande suscitait tout de même un certain intérêt. Le pitch est, avec quelques aménagement, bien entendu connu de tous : Alors que les habitants d’une petite ville du Midwest voient leurs proches se changer en assassins, un shérif tente de protéger les quelques personnes encore non infectées en attendant les renforts. Mais lorsque l’armée intervient enfin, c’est pour mettre la ville en quarantaine quitte à exécuter toute personne tentant de fuir. Abandonnés à leur sort, ce petit groupe de survivants va tenter de s’en sortir...

Fort influencé parle traitement moderne appliqué aux films de genre, Breck Eisner tente, dès les premiers instants, de s’éloigner autant que possible du classique romérien, notamment par un emploi totalement différent de la caméra. En effet, là où le Pape des Morts-Vivants donnait, dans les premières minutes de La Nuit des fous-vivants, dans un certain grandiose fait de plans d’ensemble, Eisner tente de coller au plus près de l’action, multipliant les gros plans. Ceux-ci, totalement inefficaces, sans doute eu égard au côté parkinsonien de la chose, dénaturent l’œuvre après quelques minutes à peine.

Victime d’une arythmie omniprésente (qui s’étendra du début à la fin), The Crazies est sans aucun doute le digne représentant d’un cinéma américain privilégiant le spectacle et l’adrénaline à tout prix. Dès lors, le cinéaste, sûr de son fait, multiplie les situations scabreuses pour des comédiens perdus au beau milieu d’une mise en scène brouillonne. Totalement ennuyeux, The Crazies brille aussi par l’absence d’un quelconque sous-texte, qui n’aurait pourtant pas été du luxe en ces temps troublés. En effet, là où Romero partait en croisade contre l’armée et les armes biologiques, Eisner se contente de livrer une pâle bande d’action, saupoudrée d’un héroïsme à deux balles.

Le but d’un remake étant à tout le moins de tenter d’égaler l’original, The Crazies constitue tout simplement une purge informe et arythmique qui, jamais, ne dépasse le cadre d’une série B pas inspirée. Breck Eisner confirme qu’il faudra compter sur lui dans les prochaines années… pour détruire d’autres mythes du cinéma de genre,….sa prochaine étape étant visiblement un remake de New York 1997. Pauvre cinéma…

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017
affiche du film
The Circle
2017
affiche du film
K-Shop
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage