Critique de film

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Nightmare detective 2

"Akumu Tanteï II"
affiche du film

Yuko, une jeune lycéenne est raillée et piégée par trois de ses camarades. Une des trois, Yukie est assaillie de cauchemars. Lorsque ses acolytes meurent mystérieusement de crises cardiaques, Yukie craint la vengeance de Yuko. Elle engage le Nightmare Detective, au début réticent, afin dâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Nightmare detective 2 - J’ai tant rêvé, j’ai tant rêvé que je ne suis plus d’ici
Par : Seb Lecocq
Tags : Asiatique

Un nouveau film de Tsukamoto est toujours un évènement pour les fantasticophiles nourris à l’horreur asiatique. Car celui-ci ne fait jamais rien comme les autres. Avec le premier opus des aventures du Nightmare Detective, il signait son long métrage le plus accessible au grand public, si bien que le réal semblait partir explorer des horizons moins expérimentaux et underground. Que nenni ! Car là ou un réalisateur lambda s’attaquant à une suite respecte scrupuleusement la règle du « Bigger, Louder, Better », Tsukamoto lui, fait l’exact inverse. En explorant le traumatisme fondateur de son héros, il opacifie son récit et place le spectateur face à l’exigence de son cinéma. Les explosions gore et violentes laissent place à la psychanalyse.

Nightmare Detective pouvait être vu comme un polar d’influence « sevenienne » mettant aux prises une fliquette, un medium et un assassin se tirant la bourre dans le monde des rêves alors que cette suite décortique l’inconscient de ses personnages et transforme l’expérience fantasmagorique en long cauchemar éveillé. La trame même du film suit les mécanismes du rêve. La première demi-heure est la phase d’ensommeillement, Tsukamoto met en place des figures bien connues du cinéma d’horreur nippon, histoire de gagner la confiance du spectateur pensant se trouver en terrain conquis. On attend donc le premier meurtre, la première trace de violence graphique…qui ne viendra jamais. Là, le spectateur endormi, le réalisateur en profite pour ouvrir le cerveau de son film, de ses personnages, l’exposer et triturer son inconscient. Quitte à s’enfoncer dans le cauchemar et entamer une lente descente aux Enfers. Lorsque l’angoisse la plus profonde est atteinte, il secoue son spectateur pour lui faire retrouver la réalité tout en prenant bien garde de lui laisser un arrière-goût amer dans la bouche. C’est abasourdi et encore secoué par l’expérience qu’il quitte la salle.

Introspection semble être le maître-mot de Tsukamoto alors qu’il entame l’écriture de cette suite, qui n’en est pas vraiment une finalement. Le Nightmare Detective prend ici la place centrale du récit alors que, dans le premier épisode, il n’était qu’un moyen de résoudre l’enquête menée par la ravissante Hitomi. C’est de lui qu’il s’agit cette fois, tout le reste n’est qu’un prétexte créé pour endormir le spectateur. On découvre un Détective enfant, élevé par une mère angoissée, phobique, à la limite de la folie, persuadée que son fils souffre des mêmes maux qu’elles. A partir de cet instant, Tsukamoto même habilement, rêve et réalité, entremêlant les deux monde tout en les traitant de la même façon, car selon lui, rêve et réalité sont les deux faces d’une même pièce, l’une ne va pas sans l’autre. Il entame une mise en abyme du don de son personnage en explorant son trauma fondateur et de la même façon signe un film cérébral et labyrinthique au multiples niveaux de lecture.

Tsukamoto a cette faculté de s’emparer des codes du genre pour les retourner et les détourner de leur fonction d’origine. Ici le film d’horreur post-Ring sert de matériau de base à ses expérimentations habituelles. Mais en lieu et place des expérimentations visuelles et sonores qui ont fait sa renommée et qui sont malgré tout bien présentes, le cinéaste s’attaque cette fois à la structure narrative de son histoire qu’il fait imploser avant de la remodeler à sa façon. Outre cet aspect cauchemardesque et labyrinthique, le film explore les thèmes de l’enfance, de la relation à la réalité et de la parentalité. Si la mère du Détective tente de l’assassiner, c’est avant tout pour le protéger, c’est un acte d’amour plutôt que de mort. Avec Vital, il abordait le thème de l’amour entre deux adultes, ici c’est l’amour entre une mère et son fils qui est exploré (entre autres nombreuses thématiques). Thématiquement riche, Nightmare Detective 2 l’est aussi formellement. Alliant scène de pure terreur (la scène de l’ascenseur est sacrément scotchante), visons cauchemardesques (la parade des écoliers morts) et explorations intimistes, Tsukamoto renoue avec sa mise en scène heurtée, à l’ancienne. Caméra portée et éclairage blafard amplifient une ambiance déjà pesante et malsaine en conférant au métrage l’aspect d’un bad trip.

Nightmare Detective II a tout du film insaisissable. Narrativement éclaté, le métrage prend la forme d’un éparpillement de Mikado plutôt que l’habituelle ligne horizontale et permet à son géniteur d’élargir encore ses compétences et son champ d’investigation. Si différent et pourtant tellement représentatif de son œuvre, Tsukamoto avec son dixième film parvient encore à se réinventer et à surprendre ses fans les plus hardcores. En fait oui, si on y réfléchit deux minutes, Tsukamoto signe bien une suite « bigger, louder et better », mais à sa façon. Plus riche thématiquement et plus fort visuellement, Nightmare Detective 2 a tout de la suite réussie. Les rêves ont fait place aux cauchemars, et ça ne fait que commencer.

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