Critique de film

pub

Nibelungen : Siegfried et La Vengeance de Krimhield (Les)

"Die Nibelungen: Siegfried et Kriemhilds Rache"
affiche du film

Film en deux parties tirée d'une légende scandinave que s'approprièrent les tribus germaniques et qui inspira à Wagner sa tétralogie.

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Nibelungen - Superproduction épique
Par : Damien Taymans

Au lendemain du considérable succès de Docteur Mabuse le joueur, le cinéaste Fritz Lang et sa scénariste et épouse transposent sur grand écran l’histoire des Nibelungen, lignée légendaire germano-scandinave dont les épopées furent contées dans des chansons de gestes durant le Moyen Age à l’image de celle de Roland, le prétendu neveu de Charlemagne qui mourut à Roncevaux. Une superproduction financée par les studios UFA, déjà tributaires du précédent film de Lang et qui produira également Metropolis et La femme sur la Lune qui laissent au cinéaste les pleins pouvoirs en matière artistique et financière. Lang, peu coutumier du fait, profite inévitablement de cette opportunité pour créer une oeuvre titanesque où sont employés des centaines de figurants, des décors coûteux sont érigés et un dragon gigantesque est construit pour la scène de combat de Siegrfied. Gigantesque fresque récupérée par les Nazis pour soutenir le pangermanisme national-socialiste du IIIe Reich, Les Nibelungen est composé de deux tableaux aux esthétiques contrastées et aux thématiques diverses bien qu’elles constituent un seul et même tableau au regard de la mythologie. Le premier segment se centre essentiellement sur l’organisation du château de Burgondie et sur les traditions qui régissent l’ordre médiéval teuton. Parmi ces guerriers belliqueux, une figure se distingue, celle du jeune Siegfried qui, n’écoutant que son courage, défait le dragon et se baigne dans son sang, geste le menant à l’invulnérabilité. Virevoltant, courageux et loyal, le chevalier Sigfried intègre sans mal la cour de Burgondie où il devient le frère de sang du roi Gunther et renforce lesdits liens en épousant Krimhield, sœur du roi. Mais le palais se voit secoué de guerres intestines, la promise de Gunther, Brunhild, cherchant la perte du jouvenceau qui la dupa sur ses propres terres en épaulant celui qui demanda sa main lors des épreuves préliminaires au mariage. De son côté, le conseiller royal, Hagen de Tronje, tente par tous les moyens de convaincre son altesse de l’inutilité et de la perfidie du jeune Siegfried.

La seconde partie, quant à elle, se déroule quasi exclusivement à la cour du Hun Attila, où Krimhield a émigré afin d’y accepter en épousailles le régent barbare qui lui promet de la venger si quelque tort lui est causé. Profondément meurtrie par l’assassinat de Siegfried qui et par la lâcheté de son frère qui ne se résolut pas à la venger, la reine fomente secrètement une vengeance terrible. Ayant donné un enfant à Attila, celle-ci réclame que ses frères soient accueillis à la cour des Huns pour célébrer l’événement, moment choisi par la manipulatrice pour provoquer intelligemment le meurtre de l’assassin de son feu mari. Le deuxième battant du diptyque contraste foncièrement avec la première partie de l’œuvre qui dépeignait la cour alémanique avec légèreté, le cinéaste se plaisant à tourner en dérision les stupides serments d’allégeance qui régissent le microcosme médiéval et n’amènent que perfidie et trahison. La Vengeance de Krimhield revêt un voile d’obscurité et décrit les exactions silencieuses d’une reine insensible qui sacrifie la majorité de ses sujets pour obtenir ce qu’elle convoite, à savoir la tête de celui qui causa son malheur. Deuxième volet plus ténébreux et traité avec plus de sérieux par le tandem Lang-Von Harbou qui force à la comparaison entre la cour barbare désorganisée et l’organisation drastique de la hiérarchisation qui règne chez les Nibelungen. Paradoxalement, les auteurs peignent un tableau plus favorable de la tribu hunnique qui ne s’encombre pas de règles liberticides et préfère la structuration naturelle aux échafaudages sociétaux vacillants. Un mythe du bon sauvage que les groupies hitlériennes passèrent volontiers sous silence, ne retenant de l’œuvre de Lang, longue de presque cinq heures, que son premier volet stigmatisant le héros germanique parfait en la personne de Siegfried qu’ils transforment en un parfait représentant aryen.

Œuvre monumentale, Les Nibelungen abuse de l’esthétique expressionniste et livre une plongée dans les racines légendaires intéressante malgré son symbolisme simpliste (la transformation de Kriemhild en endeuillée vengeresse par le truchement de ses vêtements et de son attitude détachée). Délaissant le panthéon pour se centrer sur des psychologies humaines conventionnelles, le tandem Von Harbou-Lang se détache volontairement de la tétralogie de Wagner et signe du même coup une interprétation intéressante de la mythologie.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017
affiche du film
The Circle
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage