Critique de film

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Nero Veneziano

"Nero Veneziano"
affiche du film

Mark, un aveugle doué de pouvoirs psychiques prémonitoires, arrive à Venise en compagnie de sa sœur, Christine. A peine installé dans la cité lacustre, Mark « voit » une jeune femme assassinée à l’aide d’une canne épée par un mystérieux inconnu vêtu de noir. Sa sœur finit par le rencontrer dans la réalité et tombe amoureuse de ce personnage, prénommé Dan, dont elle se retrouve bientôt enceinte. Pourtant, Christine prétend être toujours vierge et Mark commence à penser que Dan pourrait être l’incarnation physique du Diable, dont Christine porte le fils, l’antéchrist voué à reproduire, de manière inversée, la vie de Jésus. Bien sûr, personne ne croit Mark en dépit de ses visions de plus en plus macabres et des décès brutaux jalonnant le chemin de Dan. Lorsque l’enfant parait prématurément, les événements surnaturels se multiplient et l’aversion de Mark grandit…

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Nero Veneziano - Voir Venise et mourir
Par : Fred Pizzoferrato

Réalisé en 1978 par le prolifique scénariste Ugo Liberatore, Nero Veneziano s’avère un très étrange thriller horrifique, largement inspiré par La malédiction mais, également, par Don’t look now. Parfois rattaché au giallo ou même, plus lointainement, à Rosemary’s baby, le film de Liberatore déroule, en à peine une heure et trente minutes, une histoire complexe aux sous-intrigues nombreuses qui, malheureusement, ne parviennent pas vraiment à se fondre, au final, en un ensemble cohérent.

Mark, un aveugle doué de pouvoirs psychiques prémonitoires, arrive à Venise en compagnie de sa sœur, Christine. A peine installé dans la cité lacustre, Mark « voit » une jeune femme assassinée à l’aide d’une canne épée par un mystérieux inconnu vêtu de noir. Sa sœur finit par le rencontrer dans la réalité et tombe amoureuse de ce personnage, prénommé Dan, dont elle se retrouve bientôt enceinte. Pourtant, Christine prétend être toujours vierge et Mark commence à penser que Dan pourrait être l’incarnation physique du Diable, dont Christine porte le fils, l’antéchrist voué à reproduire, de manière inversée, la vie de Jésus. Bien sûr, personne ne croit Mark en dépit de ses visions de plus en plus macabres et des décès brutaux jalonnant le chemin de Dan. Lorsque l’enfant parait prématurément, les événements surnaturels se multiplient et l’aversion de Mark grandit…

Sorti la même année qu’Ombres sanguinaires et un an avant Giallo a Venezia, le métrage d’Ugo Liberatore prouve que Venice constitue un décor idéal pour un giallo (ou assimilé) tant son atmosphère se marie adéquatement au mystère. Loin des clichés de cartes postales, le cinéaste présente une Venise humide et sombre, nimbée d’un épais brouillard. Une cité décrépie et à l’agonie, à l’image de ses habitants, dans lequel un vaste complot satanique est ourdi par un démon décidé à rejouer la passion du Christ jusque son terme. Le final, ironique, propose d’ailleurs un twist sympathique mais quelque peu attendu et conventionnel.

Dans l’esprit, une fois de plus, de La malédiction, Ugo Liberatore orchestre une série de crimes sanglants et relativement originaux, à commencer par une dame brulée vive au cours d’une messe. Plus tard, un prêtre tombe dans les canaux de Venice avant que son crane ne soit pulvérisé par l’hélice d’un bateau. Cependant, le meurtre le plus surprenant et choquant reste certainement l’empalement d’un nourrisson sur les pointes acérées d’une étrange sculpture moderne. Au niveau de l’érotisme, Nero Veneziano ne craint pas d’offrir une généreuse dose de nudité ainsi que l’une ou l’autre scène chaude, comme une orgie dégénérant en bain de sang. Bref, les ingrédients indispensables à un film d’exploitation efficace.

Malheureusement, si le script, inventif, s’avère intéressant en dépit d’une certaine confusion, Nero Veneziano souffre d’un rythme léthargique. Une lenteur censé, probablement, lui conférer une atmosphère prenante et pesante mais qui rend, au final, le film peu passionnant et longuet. La progression du surnaturel, pour sa part, se révèle des plus classiques et les événements mystérieux qui se succèdent ne sont guère révolutionnaires, se conformant aux clichés du genre. Toutefois, le réalisateur capture leur étrangeté, associée au climat délétère de cette Venise menaçante, et réussit quelques passages surprenants, comme celui au cours duquel un prêtre terrifié se résout à tenter de baptiser l’antéchrist et s’attire son brutal courroux.

Malgré ses faiblesses, Nero Veneziano comporte d’indéniable qualité et s’appuie, par exemple, sur une excellente musique du spécialiste Pino Donaggio, fameux, entre autre, pour les bandes originales qu’il a composé pour Brian DePalma. De la belle ouvrage.
Au rayon du casting, Nero Veneziano convie quelques visages familiers de l’horreur européenne, comme Lorraine De Selle (Cannibal ferox, La maison au fond du parc,…) et Olga Karlatos (L’enfer des zombies, Murderock) aux côtés d’un Renato Cestiè très crédible dans son rôle d’aveugle doté de double-vue. Des interprètes motivés offrant de belles compositions pour des personnages plus travaillés que la moyenne des productions similaires sorties au cours des années ’70.

Métrage inégal mais non dénué d’intérêt, Nero Veneziano se distingue essentiellement par une atmosphère angoissante, des performances convaincantes et une poignée de mises à mort inventives, parvenant à rendre l’ensemble plaisant en dépit de ses longueurs, de son rythme anémique et d’un scénario souvent confus. Dans l’ensemble, le film d’Ugo Liberatore mérite une vision mais tient davantage, hélas, de la curiosité que du classique méconnu et doit être conseillé, en priorité, aux inconditionnels du cinéma d’épouvante italien des seventies.


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