Critique de film

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Ne te retourne pas

"Ne te retourne pas"
affiche du film

Jeanne, plongée dans l'écriture d'un premier roman, constate des changements mystérieux autour d'elle et voit son corps se transformer... Son entourage ne semble pas s'en apercevoir. Troublée, elle découvre chez sa mère une photographie qui la met sur la trace d'une femme, en Italie. Jeanne, désormais transformée, y trouvera la clef d'un étrange passé...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Ne te retourne pas - Petites indiscretions entre femmes...
Par : Gore Sliclez
Tags : Psychologique

Il y a sept ans maintenant, Marina de Van nous avait laissé dans un état de malaise persistant à la suite de son premier long métrage Dans ma Peau. Une immersion totale dans la folie d’une jeune cadre prise de passion pour sa propre chair au point de se manger par petites tranches. Un film ovni dans la production aseptisée du cinéma français de l’époque et qui révélait alors le réel talent de celle qui fut jusque-là la collaboratrice scénaristique de François Ozon.

En choisissant de prendre pour son deuxième film les stars internationales que sont Monica Bellucci et Sophie Marceau, Marina de Van décide de prendre le pari de choisir deux superbes actrices aux parcours quelque peu sulfureux et qui attisent sur les marches des podiums l’enthousiasme autant que la jalousie et la critique. Deux sex symbols quadra qui ne laissent personne indifférent mais à la notoriété a fortiori envahissante. Faisant fi de tout cela, Marina semble décider alors de faire plus confiance à leur talent indiscutable qu’à tout ce star system artificiel qui s’auto-alimente de rumeurs et de critiques en tout genre peu fondées.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que la réalisatrice a eu bel et bien raison et que cela se voit dès les premières minutes du film avec ces gros plans sur le visage naturel d’une Sophie Marceau en proie au doute. Jeanne entame un roman autobiographique qui la replonge dans une enfance mystérieuse dont elle ne garde aucun souvenir. Ce travail de mémoire débute au moment où celle-ci perd de plus en plus ses repères visuels et identitaires. Tout change autour de Jeanne et ceux qui furent ses proches il y a peu de temps encore deviennent des étrangers qui ne comprennent pas la folie qui envahit tout doucement cette mère de famille déboussolée. Celle-ci décide alors de mener son enquête...

Véritable œuvre métaphysique sans être hermétique, le film traite de la perception que l’on a de soi et que les autres ont de vous mais aussi du transfert identitaire parfois possible d’un individu vers un autre. D’où cette quête originelle de Jeanne en Italie pour découvrir ses racines et une explication à ce chamboulement visuel qu’elle ne maîtrise pas. On y retrouve donc des thèmes chers à la réalisatrice française comme la solitude psychologique, les cicatrices du corps et de l’âme qui nous font souvent penser à un certain Cronenberg, toutes proportions gardées. Néanmoins, Marina possède indéniablement beaucoup de talent pour captiver le spectateur et le plonger dans un surréalisme choc à coups de visuels trashs et mémorables. La Femme n’est pas en reste tant elle est sublimée dans sa sensualité comme dans sa fragilité, un bel hommage et des rôles en or pour des actrices merveilleuses.

En parfaite funambule, le film de Marina de Van ne sombre à aucun moment dans le ridicule grâce à une maitrise parfaite de la mise en scène et du récit donnant lieu à un film angoissant, ensorcelant qui se focalise sur la décomposition de l’univers familial de Jeanne et de ses doutes. On pense également (et le titre y est-il étranger ?) au film de Nicolas Roeg, Ne Vous Retournez Pas avec Donald Sutherland où là aussi il est question d’une (en)quête pour retrouver une enfant dans une Venise fantasmagorique.

Les pièges étaient pourtant nombreux tout le long de ce Ne te retourne pas : transformations lentes du visage des acteurs grâce à des morphings réussis et sobres, scénario semblant parfois mais en définitive jamais alambiqué ou encore changements de physionomie déroutants chez l’héroïne. Autant de facteurs risques, sujets à la critique la plus acerbe, mais qui ne portent jamais préjudice à cette très belle et très émouvante histoire. On regrettera d’autant plus la relative discrétion des films de Marina de Van qui bouleversent pourtant la norme autant que le spectateur et qui ne trouvent malheureusement pas encore crédit auprès du grand public. Très dommage...

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