Moralopolis

7 octobre 2012 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch) |

Titre Moralopolis

Titre original /

Auteure Catherine Marx

Éditeur Tabou éditions

Année 2012

Genre Roman d’anticipation

Année d’édition 2012

Note 7/10

Résumé

Franck Doutandre vit tant bien que mal dans la France de 2050, dont la société matriarcale et liberticide se fonde sur des principes radicaux d’ultra-féminisme. Les femmes ont repris le pouvoir et se vengent de l’ancienne domination masculine en réprimant les désirs des mâles, qui se voient opprimés, constamment taxés de machisme, souillés et abattus par une justice défavorable. Franck en fera les frais, lui qui, ayant bénéficié d’une éducation saine (“normale”), dispensée par des parents aimants et un peu “anars”, ne découvrira que sur le tard sa prédisposition au viol… Une caractéristique qui, en sus de le placer au ban de la société, le prive (presque) de tout espoir de relation avec le sexe opposé…

Catherine Marx (à qui l’on doit - chez le même éditeur - Nid d’Eve, Nid d’Adam) développe ici des thématiques qui lui sont chères, comme l’affirmation de son corps, libéré des carcans socio-médicaux, la dénonciation du pouvoir politique souverain et les excès d’un féminisme poussé à son point de rupture. Sur fond d’eugénisme et de déterminisme social (contrôle pré et post-natal du patrimoine génétique légué par les parents), elle nous présente la personnalité trouble de Franck Doutandre qui, arrêté et emprisonné pour une tentative d’agression imaginaire - alors qu’il n’exprimait que son intérêt pour une fille qui lui avait tapé dans l’œil -, finit à l’ombre pendant un mois, afin de suivre un stage de bonne conduite. Cet environnement répressif et véritablement aliénant modifiera sa psyché en profondeur, engendrant le monstre qu’il n’aurait jamais dû être…

Moralopolis , bien que construit sur des questionnements des plus intéressants, peut sembler un peu aride et bien trop centré sur son aspect réflexif. La charge politico-sociétale est parfois archi-soulignée mais pertinente, et l’univers dépeint par la romancière est plausible de bout en bout. Stylistiquement, l’œuvre manque un tantinet de fougue et/ou de fièvre (si ce n’est durant les scènes de viol), s’avérant centrée sur l’efficacité (sur un peu moins de 250 pages ramassées, au fil desquelles on ne s’ennuie jamais). Petit bémol : les noms des personnages font sourire à leurs dépens et rappellent les “blaguounettes” des Grosses Têtes de Bouvard.

Sauf que l’essentiel est ailleurs, comme dans ce passage glaçant où une médecin convainc une de ses patientes d’avorter d’un enfant trisomique, qui renvoie implicitement à certaines des heures les plus sombres de l’Histoire (le nettoyage ethnique propre au IIIème Reich). Curieusement, il se dégage aussi de ce Moralopolis un romantisme diffus, surnageant au-delà des réflexions sociétales. Un aspect qui suinte de chaque page du bouquin et nous accompagne jusqu’à une conclusion abrupte, sujette à interprétations (châtiment divin ? empoisonnement ?).

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