Critique de film

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Monstres Academy

"Monsters University"
affiche du film

Même quand il n’était qu’un tout petit monstre, Bob Razowski rêvait déjà de devenir une Terreur. Aujourd’hui, il est enfin en première année à la prestigieuse université Monstres Academy, où sont formées les meilleures Terreurs. Son plan de carrière bien préparé est pourtant menacé par sa rencontre avec James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour Terrifier. Aveuglés par leur désir de se prouver l’un à l’autre qu’ils sont imbattables, tous deux finissent par se faire renvoyer de l’université. Pire encore : ils se rendent compte que s’ils veulent que les choses aient une chance de rentrer dans l’ordre, ils vont devoir travailler ensemble, et avec un petit groupe de monstres bizarres et mal assortis…

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Trailer - Monstres Academy (2013)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Monstres Academy
Par : Gilles Penso
Tags : Animation

Par une journée radieuse, un pigeon hyper-réaliste fend les cieux pour venir se poser sur le bitume, puis révèle soudain une seconde tête monstrueuse qui vient picorer le sol avant de pousser un rugissement, révélant une morphologie digne de l’oiseau-Roc du 7ème Voyage de Sinbad. Ce plan d’ouverture résume à lui seul toute la démarche entreprise par le studio Pixar depuis sa création, et que John Lasseter résume en ces termes : « prendre du recul sur le réalisme ». En ce sens, Monstres Academy représente un véritable retour aux sources, empruntant le biais de la prequel pour défendre le credo du studio : la technique n’est rien sans de bons personnages.

Le film opte pour le point de vue de Bob Razowski, à l’époque où il n’est encore qu’un écolier. Fasciné par les « terreurs » qui œuvrent pour le bien de la cité au sein de la société « Monstres & Cie », il rêve de devenir l’un d’entre eux. Adolescent, il entre en première année de la prestigieuse université « Monstres Academy », mais voit ses ardeurs réfrénées par la présence d’un autre étudiant, Jacques Sullivan, qui possède un don naturel pour faire peur et descend d’une prestigieuse lignée de monstres terrifiants. Tous deux entrent bien vite en rivalité et, à force d’essayer de se prouver mutuellement leur supériorité, finissent par menacer sérieusement leur avenir au sein de l’université. Sur ce postulat, le scénario enchaîne les folles péripéties avec une bonne humeur communicative, accumulant des centaines de folles créatures, la plus impressionnante étant la directrice de l’école dont l’inquiétante morphologie mixe la mante religieuse, la chauve-souris, le mille-pattes et le dragon.

Tentacules, griffes, pinces, crocs et becs s’agitent donc joyeusement au cours du film, mais derrière la légèreté apparente, le film nous propose une réflexion inattendue sur l’art du spectacle. Tel un comédien bourré de charisme, Sullivan crève l’écran mais perd toute contenance s’il n’est pas correctement dirigé. Bob, de son côté, n’a pas le physique adéquat pour faire des étincelles, mais en coulisse il s’avère être un metteur en scène exemplaire, dosant savamment ses effets et dirigeant ses « acteurs » avec panache. En combinant leurs talents et en s’adjoignant les services d’une équipe technique disparate (des monstres joviaux dont à priori personne ne veut), ils braveront les mille épreuves semées sur leur chemin pour devenir les véritables superstars de l’école.

Les ultimes rebondissements du film transportent momentanément notre duo explosif dans un monde parallèle – le nôtre – et le spectateur se retrouve soudain face à un spectacle inattendu. Car la vision surréaliste de ces deux monstres isolés sur les berges d’un lac nocturne photoréaliste s’avère extrêmement troublante. Bouclant la boucle amorcée par le gag de son plan d’ouverture, Monstres Academy nous questionne à nouveau face à la porosité des frontières séparant le fantastique du réel. A la fois artistique, technique, narrative et métaphysique, cette interrogation reste en suspens et prouve une fois de plus que les meilleures œuvres du studio Pixar savent mieux que personne combiner l’enchantement du tout jeune public avec des préoccupations beaucoup plus adultes.

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