Critique de film

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Mirrormask

"Mirrormask"
affiche du film

Helena, une adolescente de 15 ans, travaille dans le cirque familial. Mais elle n’a qu’une envie : s’échapper pour connaitre une existence… normale. Un soir de spectacle, elle se dispute avec sa mère. Celle-ci tombe malade au cours de la représentation et son état de santé nécessite une opération. Helena s’en veut terriblement, elle qui est incapable de s’excuser pour ses mots durs. La nuit de l’opération, Helena se réveille et est attirée dans un monde fantastique, peuplé d’êtres surnaturels et d’hommes portant tous un masque. Parmi eux, Valentin, artiste un peu loufoque. Rapidement, Helena se voit confier une mission : trouver le MirrorMask, puissant artefact qui lui permettra de rentrer chez elle tout en sauvant ce monde, dévoré peu à peu par une ombre rampante.

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Trailer - MirrorMask (2005)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de MirrorMask
Par : Nicolas Zinque

Un film ne se juge pas au pedigree de ses auteurs, mais force est de constater qu’une bonne parenté attire les regards. L’annonce d’un long métrage né de la rencontre entre Neil Gaiman et Dave McKean peut sonner comme l’arrivée d’un messie ! Le premier est un célèbre écrivain, dont certaines œuvres ont déjà été adaptées au cinéma (Stardust et Coraline). Le second est un artiste polyvalent, illustrateur de comics et de romans graphiques renommés (Batman : Arkham Asylum). Et si MirrorMask possède un air de famille avec Dark Crystal ou Labyrinthe, c’est tout à fait normal puisque la production à l’origine du projet n’est autre que la Jim Henson Company ! A sa tête, Lisa Henson, la fille du « puppet master ». L’idée était d’abord de prolonger l’univers de ces deux longs métrages, sous forme de préquelle ou de séquelle. Brian Froud, l’artisan visuel de ceux-ci, a même été sollicité ! Finalement, un nouveau background sera développé, et l’esthétique sera entièrement confiée à Dave McKean.

Helena est une chieuse : elle a l’âge de la rébellion, celui où les paroles dépassent souvent les pensées. Et comme elle n’est pas à un paradoxe près, elle aspire à une vie normale quand elle s’imagine des histoires fantastiques, dans des décors qu’elle a dessinés elle-même. Et du fantastique, elle va en voir ! Une nuit, l’adolescente est transportée dans un monde imaginaire dont on comprend la singularité dès la première scène. Jugez plutôt : Helena, coincée dans une pièce sombre, plongée dans une sorte de brume, est menacée par un « sphinx », un petit chat ailé dont le visage cartonné a une apparence humaine. Pour s’en sortir, elle détourne son attention en lui donnant un livre à manger. Avant d’elle-même prendre la fuite, en lévitant sur un bouquin… préalablement insulté (oui, la moquette se fume sans modération chez certains scénaristes) !
Toute la spécificité visuelle et narrative de MirrorMask est concentrée dans cette scène. L’esthétique du film est unique, tant par son contenu que par son traitement. Les décors ont été enveloppés avec un flou brumeux, qui leur donne une apparence d’inconsistance. Les images sont éclairées d’une lueur jaunâtre, teintée de gris-sépia. Ce monde est assemblé par mélange de différentes techniques : l’animation « classique » et les images de synthèse se côtoient et paraissent tenir par collage manuel, comme les dessins d’Helena. Certes, le faible budget du film (4 millions $) se ressent, mais McKean parvient habilement à faire passer (certaines de) ces faiblesses pour des choix artistiques. Les personnages eux-mêmes sont assez curieux. Dans ce monde, la pudeur exige de porter un masque, car il est honteux de montrer ses sentiments ! Et le bestiaire n’est pas en reste ! Apprêtez-vous à rencontrer des créatures étranges, comme des singes-pingouins ! Ajoutez-y une musique un peu jazzy, virant parfois à l’expérimental pour relever un peu plus les images, et vous obtenez une indéniable réussite graphique, qui renvoie à nos rêves.
La narration évoque également l’onirisme. Ne cherchez pas à comprendre de manière logique comment la quête d’Helena avance. Comme dans un songe, des objets apparaissent sans explication et des liens saugrenus paraissent soudainement être la vérité. Un songe enchanteur et dépaysant au début, mais qui perd peu à peu de son attrait. Il faut bien le dire, son intérêt repose essentiellement sur son visuel créatif. L’intrigue, lorgnant un peu vers le gnangnan, est en-deçà de ce qu’on pouvait espérer d’un Neil Gaiman. Ce récit de maturation un peu mou se répercute inévitablement sur le rythme de l’action, qui manque lui aussi de grandes envolées. Le métrage possède cependant un atout charme en la personne de Stephanie Leonidas, une actrice qui peine à percer sur grand écran, mais qui apporte une douceur indéniable à cette aventure.

Prévu initialement pour une sortie en direct-to-DVD, MirrorMask a finalement connu les honneurs d’une courte sortie dans les salles américaines, suite à son bon accueil en festival. Cette petite épopée en dit déjà beaucoup sur sa qualité ! Cependant, il est davantage une œuvre d’art visuelle qu’un film. Et c’est probablement ce qu’on retiendra le plus de cette belle balade dans un décor hors du commun.


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