Critique de film

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Midnight Son

"Midnight Son"
affiche du film

Jacob est un jeune homme confiné à une vie d’isolement en raison d’une rare maladie de la peau qui l’empêche d’être exposé au soleil. Son monde s’entrouvre enfin lorsqu’il rencontre Marie, une barmaid locale, dont il tombe amoureux. Malheureusement, les actions de Jacob deviennent de plus en plus bizarres tandis qu’il tente de faire face aux effets de la détérioration de sa condition. Contraint par la maladie de boire du sang humain pour survivre, il doit contrôler sa plus en plus sa tendances grandissante à la violence alors que la police locale se concentre sur lui, le considérant comme un suspect dans une série de meurtres macabres.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Midnight Son - Fils de l’ennui
Par : Quentin Meignant
Tags : Vampires, BIFFF 2011

Responsable des effets visuels de Spawn, Flubber ou encore Sleepy Hollow, Scott Lebrecht bénéficie depuis déjà des années d’une excellentes réputation aux States. Néanmoins, cela n’a pas empêché le Monsieur de disparaître du paysage hollywoodiens durant quelques années, histoire de peaufiner son premier long-métrage en tant que réalisateur, Midnight Son. Bien lui en a pris puisque le film a remporté un Corbeau d’Argent lors du BIFFF 2011, se plaçant ainsi deuxième dans le cœur des jurés internationaux, juste derrière l’imbattable J’ai rencontré le Diable. Midnight Son s’intéresse au parcours chaotique de Jacob, un jeune pas comme les autres puisqu’il est confiné une vie d’isolement en raison d’une rare maladie de la peau. Ne pouvant guère être exposé au soleil, il vit une existence en marge de la société : il sort la nuit, il travaille la nuit et, surtout, il a un besoin de plus en plus irrépressible de sang. Sa vie est sur le point de changer lorsqu’il rencontre Marie, une barmaid locale, dont il tombe amoureux. Malheureusement, cette dernière n’est pas le remède idéal et Jacob éprouve de plus en plus de difficultés à réfréner sa tendance grandissante à la violence alors que la police locale se concentre sur lui, le considérant comme un suspect dans une série de meurtres macabres.

Une histoire d’amour, un vampire, que rêver de mieux que pour surfer sur une vague à la mode ? Rien, sans aucun doute. Alors que le succès de la saga Twilight n’est plus à prouver, du moins au niveau des recettes au box-office, Midnight Son s’inscrit, du moins au niveau de son pitch dans la même mouvance. Il n’en va heureusement pas de même pour les protagonistes principaux développés par Scott Leberecht, qui, au contraire des bellâtres sortis de l’esprit de Stephenie Meyer, constituent une belle brochette de paumés, marginaux d’une société allant à volo.

C’est malheureusement là l’un des seuls lots de consolation offert par le film puisque Midnight Son donne avant tout lieu à un enchevêtrement de séquences romantiques et, parfois, sensuelles, assez éloigné de l’œuvre à laquelle on s’attendait. Alors qu’il avait amorcé une plongée dans les bas-fonds d’une société à l’agonie et aurait pu livrer un ensemble bien plus underground, Leberecht se contente de laisser s’effilocher une intrigue amoureuse d’une platitude sans limite en niant tout tressaillement au niveau rythmique.

Ennuyeux à mourir, Midnight Son bénéficie néanmoins d’une mise en scène et d’une photographie soignées qui permettront aux spectateurs les plus courageux de tenir le coup. Dès lors, si, techniquement, il n’y à rien à reprocher à l’œuvre, il reste à espérer qu’à l’avenir Scott Leberecht s’attachera les services d’un scénariste compétent.


Critique de Midnight son - Vampire sous perf’
Par : Damien Taymans

Jakob, aussi pâlot qu’un cachet d’aspirine, se terre dans le monde de la nuit pour ne pas affronter les rayons de l’astre solaire auxquels il est allergique. Ronfleur de jour, veilleur de nuit, il passe le plus clair de ses journées à reproduire des couchers de soleil sur toile, à la manière de Gustave Courbet, le cousin éloigné de Julien (protecteur de la veuve et de l’orphelin mesurant l’importance de la cause à défendre selon les graduations de l’audimat). Reclus entre ses quatre murs comme un phacochère dans son antre, isolé du moindre UV, Jakob voit son état physique se dégrader, ce qu’il met sur le compte de l’anémie découlant de son anomalie. En manque de raisiné, l’exsangue se sert d’abord au rayon boucherie du supermarché le plus proche puis investit les laboratoires médicaux. Cette addiction ne commence-t-elle pas à avoisiner les affres du vampirisme ?

Scott Leberecht, spécialiste des effets spéciaux de blockbusters tels que L’effaceur ou Sleepy Hollow et de créations plus mainstreams (Les 101 dalmatiens, Flubber), signe avec Midnight son sa première réalisation sur long format. Couronnée d’un Corbeau d’argent au BIFFF 2011, cette énième variation vampirique post-vague Twilight, puise heureusement ailleurs ses influences. Dans le Martin de George Romero ou encore The addiction d’Abel Ferrara, notamment. Visuellement très riche avec ses filtres rouges et ses nombreuses allusions au coucher de soleil, métaphore de l’enfoncement dans les ténèbres du héros, ce premier long de Leberecht, souvent trop « bavard », s’assimile à une longue et lancinante complainte du vampire égaré nettement moins incisive que les modèles pré-cités.

L’assimilation du vampire en devenir et du junkie, image ô combien effleurée par le cinéma de genre, prend ici tout son sens, le réalisateur s’attardant essentiellement sur les dérives psychologiques du personnage principal accompagnant sa métamorphose physique. Souvent plus proche du drame intimiste que du "sucker movie" traditionnel (le héros est d’ailleurs privé de tout pouvoir surnaturel et se voit, par extension, humanisé), Midnight son délivre une peinture poignante d’un marginal involontaire contraint de survivre dans les ténèbres d’un monde insensible au destin des asociaux.


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