Critique de film

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Midnight Meat Train

"The Midnight Meat Train"
affiche du film

Un photographe de presse est témoin d'un meurtre dans le métro de New-York. Il décide de prendre en chasse le criminel, un serial killer connu sous le nom de "boucher du métro"...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Midnight meat train - Midnight mites traîne
Par : Chroniqueurs
Tags : Slasher, Serial killer

Par Beatroce

Le célèbre écrivain Clive Barker ne vit pas une amourette des plus tranquilles avec le septième art. D’adaptations ratées en amputations trouvant leurs racines dans une censure peu permissive, le romancier a toujours entretenu avec le cinéma une histoire faite de heurts et de déceptions comme l’illustrent les nombreux remous de son Cabal. L’adaptation d’une des nouvelles des Livres de Sang de Barker, rebaptisée Midnight meat train, intitulé aux consonances aussi gores que le fameux Massacre à la tronçonneuse de Hooper, a connu au fil du temps de nombreuses embûches imputables à des réalisateurs peu enclins à s’y adonner et à un créateur un peu trop intime avec son œuvre. Pourtant, après moult pérégrinations, le projet tombe finalement dans les mains de Ryuhei Kitamura (Versus, Aragami).

Maya et Leon sont un couple pour le moins déséquilibré. Maya, incarnation de la créature parfaite (mannequin intelligente débordante de gentillesse), contraste totalement avec son petit ami Leon, photographe raté qui cherche en vain sa voie. Pourtant, Leon va trouver l’inspiration là où il ne l’attendait pas : dans le marteau assassin d’un serial killer qui hante le métro new-yorkais à la recherche de sang frais. Une course commence entre le photographe en quête d’inspiration et le sanguinaire Mahogany en quête d’expirations…

Basé sur un scénario modifié par Kitamura (au grand désarroi de Barker qui a depuis adopté la vision du réal), Midnight meat train peut se targuer de jouir d’une réputation d’œuvre jusqu’au-boutiste qui ne rechigne jamais à plonger le plus profondément possible dans la violence à coups d’énucléations, de démembrements et de giclades sanguines. Citant volontiers ses références horrifiques eighties, Kitamura adopte le style des survivals et des slashers de cette époque bénie. Précision anatomique digne des boucheries du Texas Chainsaw Massacre (l’homme est un animal comme un autre) qui sont exposées dans leurs moindres détails de la préparation du cadavre à son évidement, intériorisation de l’univers du criminel propre au Maniac de Lustig, violence des meurtres dignes du Rosemary’s killer de Joseph Zito. Autant dire que les références sont multiples et élogieuses dans cette œuvre destinée aux geeks et aux nostalgiques de ce temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Soutenu par une photographie travaillée au scalpel, le métrage puise sa force dans la qualité graphique des scènes de meurtres qui ne lésinent aucunement à en montrer plus qu’il n’en faut afin que les amateurs de délices goresques se repaissent de ces instants de carnages autant fascinants que déroutants. Le rythme amphétaminé kitamurien est contrebalancé par la poésie ténébreuse barkerienne, amenant l’ensemble à un savoureux équilibre entre l’antre obscure du romancier et l’univers singulier du réalisateur.

Pourtant, le produit ne frôle pas la perfection. Malgré un aspect visuel brossé rappelant l’univers d’Adrian Lyne et une violence ultra-jouissive, Midnight meat train accuse certaines longueurs en multipliant quelques dialogues peu attractifs et en se focalisant sur le ressenti de personnages assez maladroitement dépeints dans leur vie sociale (les conflits et remontrances de Maya à l’égard de Leon, lourdingues à souhait). A côté de ces inutiles palabres subsistent une mine de conventions qui transforment le métrage en une refonte flagorneuse des classiques dont il s’inspire au détriment d’une originalité propre. Subversif à certains moments, Midnight échoue pourtant à d’autres en s’aplatissant face aux préceptes du règne du politiquement correct de l’industrie hollywoodienne.

En définitive, Midnight meat train, à défaut de marquer le retour du grand Barker, reflète à merveille la conjugaison des univers des deux créateurs devenus des piliers du genre. Violent et hargneux, le métrage s’embourbe cependant dans des caractérisations un peu simplistes et des emprunts tape-à-l’œil jamais complètement incorporés.


Critique de The Midnight Meat Train - Boucherie-charcuterie
Par : Samuel Tubez

Le cinéaste japonais Ryuhei Kitamura (Versus, Azumi) passe du côté obscur de la force en livrant ici son premier film américain. De surcroît, l’homme se mesure à un second défi de taille, puisque The Midnight Meat Train est une adaptation du « Train de l’abattoir », une des nouvelles issue des fameux « Livres de sang » par Clive Barker. Bonne surprise : au vu des multiples difficultés liées à la tâche, le réalisateur s’en tire plus qu’honorablement.

Un photographe à la recherche du « cliché qui tue » et donc de reconnaissance, va trouver un sujet en or dans le métro new-yorkais où un tueur sanguinaire semble agir en toute impunité. Poursuivant ce boucher imperturbable, le jeune artiste ne sait rien du danger et des atrocités qui l’attendent...

Constat des plus agréables : à l’issue de la projection de The Midnight Meat Train, on a le sentiment d’avoir fait un saut dans le temps vers les glorieuses eighties (et même le début des années 90) et ses réjouissantes bandes horrifiques. Kitamura s’attribue l’univers de Clive Barker en parvenant à conserver une certaine part de mystère propre à la nouvelle d’origine et ce, tout en livrant un bon petit horror flick pas piqué des hannetons. C’est que l’ambiance (très belle photographie) de l’oeuvre ici présente ainsi que les mouvements de caméra complètement dingues du réalisateur japonais emportent immédiatement l’adhésion du déviant qui sommeille en chacun de nous. Rarement l’intérieur des wagons d’un métro n’auront été aussi inquiétants et glacials, et y croiser le regard tranchant d’un Mahogany (excellent Vinnie Jones) n’est pas chose rassurante. Et pour cause : quand il s’agit de charcler, l’homme n’y va pas de main morte, percutant les crânes avec force ou découpant ses victimes comme de la vulgaire barbaque et ce, avec beaucoup de talent (normal, c’est son métier !). Kitamura en profite ainsi pour faire allègrement couler le sang et tomber les membres, offrant même au passage quelques plans que l’on peut sans hésitation qualifier de déments (comme par exemple ce joli arrachage de tête filmé en vue subjective). Pour le coup, l’association Kitamura/Barker fonctionne donc bien à l’écran, la folie visuelle du réalisateur servant de belle manière l’univers de l’écrivain. Seul bémol, le scénario se voit gonflé par d’inutiles et médiocres scènes relationnelles entre le photographe et sa fiancée. Des moments trop classiques, ajoutant quelques longueurs et nous extirpant du monde hostile et étrange régnant dans les sous-sols new-yorkais. Rien de grave cependant, car la plongée vers un monde de plus en plus surnaturel se fait bel et bien ressentir jusqu’à un dénouement on ne peut plus pessimiste.

Bien que perfectible, The Midnight Meat Train reste une œuvre éminemment sympathique grâce aux univers des deux grandes figures de l’épouvante ici réunies. La modernité de l’un sert ainsi magnifiquement les perversions de l’autre pour un résultat évoquant les meilleures adaptations de Barker (on pense ici régulièrement à Candyman). Souhaitons dès lors que les futurs traitements ciné des récits appartenant aux "Livres de sang" soient, dans le pire des cas, de cet acabit.


Critique de The Midnight meat train - Le dernier métro
Par : Geoffrey Marmonier

Photographe professionnel ayant du mal à percer dans le métier, Leon (Bradley Cooper) est obsédé par l’idée de photographier le « cœur de la ville » de Los Angeles. Une célèbre galeriste, intéressée par son travail, lui conseille de prendre des risques et de photographier la réalité sordide de la ville. Lors d’une sortie nocturne, Leon tombe sur un étrange personnage, Mahogany (Vinnie Jones) qui semble être à l’ origine de plusieurs disparitions dans le métro. Intrigué par cet homme et ses activités, Leon devient bientôt totalement obsédé par celui-ci…

Clive Barker est un des meilleurs écrivains d’horreur actuels, mais aussi l’un des plus mal lotis au niveau des adaptations de ses écrits, déjà fort peu nombreuses. Car si Hellraiser ou Candyman sont de véritables chefs-d’œuvre horrifiques, on ne peut pas dire que ce soit le cas de Rawhead Rex ou de Transmutations… Le problème vient probablement du fait que les nouvelles et romans de Barker sont souvent extrêmement sexuels et déviants, reflétant sans ambigüité aucune le goût pour le sadomasochisme de son auteur. Par conséquent, difficile de trouver des réalisateurs capables de relever le défi et surtout des studios prêts à financer de telles adaptations. C’est pourquoi Clive Barker a récemment décidé de prendre le taureau par les cornes et de produire lui-même des adaptations de ses œuvres. Avant le très attendu Book of Blood, The Midnight Meat Train est la première de ces adaptations. Et pour garantir une certaine intégrité artistique, le studio et Barker n’ont pas choisi n’importe qui puisque c’est le trublion Ryuhei Kitamura qui signe le film. Un Kitamura dont c’est le premier film en langue anglaise, et qui s’est fait connaitre grâce au très énervé Versus et à travers ses expérimentations visuelles sur les excellents Azumi et Aragami notamment. La bonne nouvelle, c’est qu’il signe avec The Midnight Meat Train une des meilleures adaptations de Clive Barker, tout en ne reniant pas le style qui a fait son succès…

A partir d’une nouvelle assez courte (qui en fait ne raconte que la dernière demi-heure du film), Clive Barker et son coscénariste Jeff Buhler ont réussi à tirer un scénario tout à fait correct qui ne sent pas la sauce rallongée. La bonne idée, c’est d’avoir centré l’histoire sur la quête obsessive de Leon, incarné par un Bradley Cooper réellement habité, quête qui le conduira à sa perte et à celle de ceux qu’il aime (sa petite amie et son meilleur ami). Le film prend son temps pour introduire et développer ses personnages, qui pour une fois ne sont pas clichés. Notamment le personnage de Maya (la très mignonne Leslie Bibb, vue entre autres dans Talladega Nights en femme de Will Ferrell), la petite amie de Leon, est bien écrit et a une réelle importance dans le récit, ce qui fait que l’empathie est inéluctable. Mais bien entendu, le personnage le plus intéressant reste celui du mystérieux Mahogany, boucher et serial killer à ses heures. Vinnie Jones est définitivement fait pour le rôle et sa carrure imposante correspond parfaitement au personnage de ce tueur mutique et méthodique aux motivations obscures. On saura gré aussi aux scénaristes d’avoir gardé la fin sans concessions de la nouvelle, qui n’est pas sans rappeler un fameux épisode des Contes de la Crypte (Mournin’ Mess dans la saison 3 de la série).

En fait, le seul reproche imputable au film est l’insistance de Kitamura à aller parfois un peu trop loin dans les expérimentations visuelles, réduisant du coup l’impact de certaines scènes. Parce qu’un œil en images de synthèses qui gicle d’une orbite après un coup de marteau, c’est marrant mais également un peu ridicule. De même qu’une scène de combat dans un métro vue depuis l’extérieur dudit métro n’est pas forcément ce qu’il y a de plus facile à suivre pour le spectateur. Des scènes pour lesquelles le réalisateur ne lésine pas sur le gore et emballe quelques scènes impressionnantes de pure terreur. On retiendra notamment une percutante introduction, ou une scène de préparation des cadavres très clinique et dérangeante. Le meilleur passage du film reste tout de même la scène classique de l’exploration de l’appartement du tueur, dans laquelle la virtuosité de Kitamura est réellement mise au service de la tension : le truc de la camera qui passe au-dessus des pièces de l’appartement (comme Spielberg le faisait dans Minority Report) est ici brillamment employé.

Au final, The Midnight Meat Train est donc un bon film, une adaptation respectueuse de son matériau d’origine, mais portant la marque de son réalisateur. Espérons que la suite des films tires des œuvres de Clive Barker confirme cette première bonne impression…


Critique de Midnight Meat train - Y’en a un peu plus, j’vous l’mets quand même ?
Par : Quentin Meignant

Les rapports entre Clive Barker et le monde du cinéma de genre ont toujours été conflictuels. Entre les adaptations ratées de ses œuvres et une censure ne le lâchant pas d’une semelle, l’écrivain et scénariste a toujours éprouvé quelques difficultés à faire passer l’essentiel de ses œuvres à un public pourtant friand de ses trouvailles. A ce titre, Midnight Meat Train, tiré de la nouvelle Train de l’Abattoir, issue des terribles Livres de sang, ne fut pas une promenade de santé pour Barker. Confié à divers réals peu scrupuleux, le projet finit par atterrir de manière inattendue entre les mains de Ryuhei Kitamura, d’habitude dévolu aux œuvres délirantes et moins réfléchies telles que Versus, l’ultime guerrier, et pour qui il s’agissait de la première expérience américaine. Chef-d’œuvre de l’horreur viscérale, Midnight Meat Train s’intéresse aux aventures d’un photographe à la recherche du cliché parfait qui sillonne la ville dans l’espoir de le trouver. L’homme se rend alors compte que le métro de New-York est le terrain de jeu d’un tueur sanguinaire qui semble agir de manière totalement transparente. Sûr de son fait, le photographe se lance à la poursuite du boucher…

La réunion d’un réalisateur moderne et énervé comme Kitamura et d’un écrivain, adepte de la perversion la plus malsaine, a de quoi étonner, mais, dès les premiers instants, ce coup de poker semble prendre forme. En effet, une première séquence traumatisante vient défrayer le propos avant même que les bases de l’aventure ne soient jetées. Usant d’un style tout particulier visant à mettre en valeur chacun de ses effets, Kitamura adopte de manière habile une photographie incroyable, dénuée de tout détail. Ce caractère dépouillé offre donc au tueur et à ses exactions un piédestal incomparable. Le boucher en acquiert donc directement une autre dimension, profondément dérangeante mais également jouissive.

Fort de son marteau en aluminium, d’ailleurs merveilleusement cadré par Kitamura, le tueur décime de manière spectaculaire le métro, se profilant même comme l’un des tueurs les plus impressionnants de la première décennie des années 2000. A une époque où Leatherface, Jason et consort ont fait leur réapparition, cette gageure tient tout bonnement du miracle mais profite surtout de l’alliance de deux énormes talents. L’intelligence de Barker tempérant la hargne de Kitamura, les deux compères signent un film à l’action pleine où les séquences gores de très bonnes qualités rivalisent avec un propos toujours déroutant et étonnant dont la principale force réside dans le fait que le tueur paraît incernable et imperturbable. Incarné à merveille par un Vinnie Jones au sommet de sa forme, le boucher mène à lui seul la danse qui nous amène droit vers un final inattendu. Certes décevante dans l’idée (le manque de raisonnement du tueur était bien plus séduisante), la fin du métrage donne lieu à de nouveaux débordements graphiques hors du commun et délivre tout le potentiel émotionnel acquis peu à peu au fil de l’œuvre.

Avec une véritable explosion sentimentale et mythologique en guise de clôture, Midnight Meat Train est une réussite totale et pourrait même devenir, au fil du temps, un chef-d’œuvre intemporel. Graphiquement irréprochable, doté de plans-séquences totalement fous et moralement éprouvant, le métrage de Kitamura est une vraie pépite du cinéma de genre.

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