Medusa Fanzine n°23

7 février 2012 | Par : Chroniqueurs | Des mags

Un serpent de mer que l’on n’attendait plus !

Par Christophe Triollet

Si la sortie de Médusa est toujours un événement, la publication du 23ème numéro est un séisme dans le petit monde du fanzinat. Rendez-vous compte, sept années qu’on l’attendait ! Dans ce numéro exceptionnel de 222 pages, Didier Lefevre - son rédacteur en chef depuis 1989 - nous propose le fruit du labeur des 23 passionnés réunis autour de lui. De l’incontournable panégyrique des productions italiennes aux entretiens exclusifs avec le compositeur Franco Micalizzi ou encore l’acteur et réalisateur Tim Sullivan, tous ont eu à cœur de plancher avec érudition pour nous livrer une vision hétéroclite et fouillée du Cinéma Bis. Et il faut bien reconnaître que le résultat est à la hauteur de nos espérances. Les œuvres choisies, disséquées avec intérêt et minutie, sont sublimées par des illustrations rares et nombreuses. Un vrai régal ! Le lecteur évolue librement, au fil des pages, guidé par les rubriques habituelles et rassuré par un humour parfois décalé qui contribue à forger l’âme et la signature de Médusa. Et c’est bien cette liberté de ton que l’on apprécie, cette volonté appuyée de rester un fanzine sans pour autant céder à la médiocrité. Car la qualité d’une revue ne se mesure pas au grammage du papier glacé et à la quadrichromie retenue pour son impression. L’originalité des analyses personnelles et le jugement critique posés sur les textes offerts à la curiosité du lecteur sont les seuls révélateurs d’un ouvrage de qualité. Ce que certaines revues professionnelles de cinéma semblent avoir oublié lorsqu’elles se contentent de reproduire les informations contenues dans des dossiers de presse...

A côté des dizaines de films chroniqués avec délice tout au long du fanzine, Médusa nous offre également des dossiers de fond, bourrés d’informations parfois inédites, tel celui sur la Teensploitation écrit de main de maître par Francis Perrin. Sur près d’une quinzaine de pages, on y apprend absolument tout sur le sujet, des films gynécologiques d’un cinéma allemand surprenant aux produits tendancieux de Larry Clark.

Sans prétentions mais avec conviction, Didier Lefevre reste fidèle à son engagement bissophile lorsqu’il opte pour naviguer au cœur d’un marigot cinématographique qu’il connaît pourtant sur le bout des doigts. Car après plus de vingt ans de prospection dans les eaux troubles d’un cinéma snobé par la profession, son équipe de chercheurs parvient encore à nous surprendre, en dénichant des pépites que l’on croyait perdues ou des films dont on ignorait même jusqu’à l’existence. Un tour de force qu’il promet déjà de renouveler dans un 24ème numéro consacré à l’Amérique interdite, d’amplifier dans un 25ème numéro qui parlera de cinéma allemand et un 26ème numéro tout entier dédié à la production asiatique. Bien évidemment, les dates de publication ne sont pas précisées...

En plus d’une légitimité historique incontestable - mais insuffisante à elle seule - Médusa peut assurément toujours prétendre occuper une place de choix sur la scène des revues de cinéma. La pertinence des textes proposés n’a d’égal que l’engagement désintéressé et entier de son rédacteur en chef. Si vous souhaitez vous délecter de Cinéma Bis sans modération, consommer la quintessence de vidéos analogiques qu’il est aujourd’hui très difficile de visionner, alors commandez sans hésiter le 23ème numéro d’un fanzine qui vous surprendra, sur le blog de Médusa ou chez Sin’Art.

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