Critique de film

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May

"May"
affiche du film
  • Année de production : 2002
  • Réalisateurs : Lucky McKee
  • Scénaristes : Lucky McKee
  • Acteurs : Jeremy Sisto, Angela Bettis, Anna Faris, James Duval, Nichole Hiltz, Ken Davitian
  • Musique : Jaye Barnes Luckett
  • Genre : Thriller horrifique
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h33
  • Budget : 500.000 Dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Nominé comme Meilleur DVD aux Saturn Awards 2004 Silver Raven au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles 2003 Première Awards au Festival Fantastic'Arts de Gerardmer 2003 Meilleure Actrice (Angela Bettis), Meilleur Film, Meilleur Scénario, Prix du Jury Jeunes au Festival du Cinéma Fantastique de Malaga 2003 Nominé comme Meilleure actrice (Angela Bettis) aux Online Film Critics Society Awards 2004 Meilleure actrice et Meilleur Scénario au Festival de Sitges 2002 Nominé comme Meilleur Film au Festival de Sitges 2002

May Dove Canady est une jeune fille timide et perturbée qui n'a jamais connu l'amitié ou l'amour. Elle vit seule avec une mystérieuse poupée, Soozy, offerte par sa mère lorsqu'elle était petite fille. Lassée de sa solitude, elle rencontre et aime diverses personnes dont Adam, un mécanicien et Polly, la secrétaire lesbienne avec laquelle elle travaille chez un vétérinaire. Mais toutes ces aventures se finissent mal : Adam la croit folle, Polly la trompe.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de May - "Si tu n’arrives pas à te faire d’amis, fabrique-t’en un !"
Par : Quentin Meignant
Tags : Psychologique

Lucky McKee a 27 ans lorsqu’il se lance dans l’élaboration de May, son premier vrai grand projet dans le monde du cinéma. Certes le réalisateur pouvait déjà se targuer d’avoir dirigé Jenifer Carpenter dans All Cheerleaders die, mais cette série B ne laissa aucune trace dans le paysage du cinéma de genre et ne lui valut que des critiques.

Rien ne laissait donc présager le succès incroyable de May auprès d’un public venu de tous horizons. Qu’ils soient de simples amateurs ou de grands connaisseurs, tous encensèrent l’œuvre de McKee, ce qui lui valut notamment une place de choix dans les Masters of Horror (Saison 1) avec un Liaison bestiale pas toujours très apprécié (ni appréciable !)

Bénéficiant du modeste budget de 500.000 dollars, McKee jouait sans doute son va-tout dans une branche du cinéma déjà trop saturée en réalisateurs de seconde zone ! Le moins que l’on puisse dire est que l’amiLucky abattit sa dernière carte avec brio, voire même avec un certain génie.

En effet, May est le parfait exemple d’une réussite qui doit tout à un travail acharné. Dès les premières minutes, on parvient à cerner toute la psychologie d’une œuvre aussi complète que possible. McKee s’échine à nous expliquer l’enfance de l’héroïne du film et les faits marquants de sa vie afin de pouvoir enchaîner avec la véritable torture mentale que cette dernière s’impose.

Finement distillés, tous ces indices apportent un réel plus à une intrigue dont l’on devine déjà l’issue. On en vient même à sadiquement espérer que cette apothéose se passe le plus vite possible tantMcKee nous a donné l’eau à la bouche.

D’aucuns diront sans doute que le réalisateur a laissé un peu trop de temps morts et qu’il faut attendre l’heure de film pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Certes on ne peut pas dire que la première partie du métrage soit particulièrement rythmée, mais McKee pose tellement bien tous les éléments de l’intrigue que l’on ne peut réellement lui en vouloir. Au contraire, on ne peut qu’encenser ce procédé, véritablement original, qui apporte toute son authenticité à l’ensemble.

Toute cette première partie est appuyée par une musique vraiment infernale, constituée à partir d’une chanson enfantine et qui ajoute encore au mal-être du personnage principal. Jay Barnes Luckett, ami de McKee (il collabora aussi à la réalisation de la B.O. deLiaison bestiale et The woods), a parfaitement cerné ce dont l’œuvre avait besoin et apporte donc sa pierre à un édifice rudement bien bâti. Sa musique nous englobe dans le mal-être et, quelque part, nous façonne à l’image de May.

C’est à l’heure de film que McKee introduit les premières images un peu gores : un court-métrage réalisé par un des protagonistes qui se veut particulièrement sanglant. Ce petit côté délirant, que l’on pourrait croire en marge de l’intrigue, va néanmoins servir de détonateur à May et donc au métrage !

Entrent alors en scène du sang, des démembrements et, surtout, un côté claustrophobique totalement exacerbé par la folie de May. Cette dernière passe alors son temps en tête à tête avec ses victimes afin de les étudier. La puissance que dégagent ces séquences est tout simplement affolante. Les zooms sur le visage de l’héroïne renforcent encore (était-ce possible ?) le côté psychologique et, jusqu’à la fin, nous avons juste le droit de frissonner devant une folie de plus en plus accrue !

Après une scène particulièrement impressionnante, nous pouvons néanmoins regretter que McKee n’ait pas coupé son dernier plan, transformant son œuvre en Frankenstein des tems modernes. La déception est donc grande à ce point de vue-là mais on oublie vite cette petite erreur tant l’ensemble est ébouriffant !

Ebouriffant comme la prestation d’une Angela Bettis (Toolbox Murders, Liaison Bestiale, The woods,…) totalement méconnaissable. Cette dernière nous offre vraiment un moment d’une intensité rare et donne toute sa puissance à la principale protagoniste d’un film qui s’avère être une pure réussite !

Bref, un grand moment de cinéma à tous les points de vue et un film qui aura permis à McKee d’entrer de pleins pieds dans le monde du cinéma ! On attend donc vraiment beaucoup d’un réalisateur qui, depuis, tarde quand même à confirmer ! Le talent est là pourtant…


Critique de May - Ah, le joli "moi" de May !
Par : Damien Taymans

Après avoir co-réalisé aux côtés de Chris Silvertson l’horrifique All Cheerleaders die en 2001, Lucky McKee s’adonne à nouveau au genre qu’il affectionne l’année suivante avec May, thriller psychologique et horrifique intense.

Thriller psychologique qui nous plonge dans les affres du cerveau torturé de l’héroïne superbement interprétée par Angela Bettis. En deux ou trois scènes d’exposition rapides, McKee nous trace habilement les contours de l’enfance malheureuse de la jeune femme, balancée entre un père soumis et une mère qui lui dicte sa loi et ses préceptes dignes du nazi primaire. Traumatisée par le strabisme de sa fille, la mère ne trouve rien de mieux que de marginaliser celle-ci au prix d’une réelle intégration dans la société qu’elle rencontre (à l’école notamment).

Des années plus tard, nous retrouvons May avec tous les aphorismes appris dès l’enfance plein la caboche. Déstructurée, détruite par le despotisme maternel, May semble ne s’en être pas trop mal remise puisqu’elle a pu trouver du travail et semble bien partie pour nouer une relation avec Adam, ce jeune homme aux mains parfaites qui éprouve de l’amour pour tout ce qui est bizarre (et avec May, il est servi !).

Sensible et renfermée, obnubilée par les particularités physiques des gens qui l’entourent, May éprouve un penchant dérangeant pour le sadisme : piqûres sur le doigt, délectation en repensant au chien qui perd ses entrailles. Toutes ces anecdotes finissent de la rendre épouvantable et ne provoquent chez les personnes qui la côtoient qu’une irrémédiable envie de fuir. Autant de douleurs, sadiquement précédées d’un moment de bonheur, qui mèneront l’héroïne à un basculement définitif vers la folie qui couvait depuis longtemps déjà. Dès lors, son destin ne sera que destruction malsaine et constitution de son propre ami…

Le point fort du métrage se trouve incontestablement du côté de la réalisation de McKee et de l’ambiance qu’il parvient à installer. En aseptisant son œuvre de toute musique superflue, en cadrant de manière simple, le réalisateur donne une illusion de réalisme parfaitement rodée. Nous sommes donc volontairement plongés dans une réalité qui nous répugne (puisque McKee ne néglige pas les facettes gores en nous étalant à l’envi tripes et viscères, allant même jusqu’à l’énucléation) du fait même qu’elle serait du domaine du possible.

L’autre atout majeur de May se situe du côté de la critique de la société contemporaine. Face aux canons de la beauté et face à la normalité transparente, certains individus non-conformes aux figures imposées en viennent à haïr cette société et surtout à ne plus la comprendre. May est à l’image de ces personnes, complètement anormale par le simple fait qu’il y a une normalité, étrangère parce que les autres se reconnaissent les uns les autres. Pourtant, May est quelqu’un comme vous et moi (enfin, plutôt comme vous !)… Qui n’a jamais pris de plaisir devant la photo d’un être décharné (dans un film, je parle hein !) ? Qui n’a jamais eu l’envie de se faire mal pour tenter de se faire du bien ? Ne niez pas, nous sommes tous des May en puissance sans jamais franchir la limite… Une limite que McKee veut à tout prix transgresser et qu’importe si ça fait mal.

Le métrage est brillant et bénéficie de la prestation de deux personnes au talent incontestable : Angela Bettis très convaincante dans ce rôle lugubre à souhait et Lucky McKee qui livre là une œuvre intimiste qui lui va si bien…

Commentaires sur le film

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

exelent film meme avec le petit budjet

29 novembre 2009 à 21:11 | Par ménès

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