Critique de film

pub

Marque du diable (La)

"Hexen bis aufs Blut gequält"
affiche du film

LA MARQUE DU DIABLE raconte l'histoire tragique de la belle serveuse d'auberge Vanessa et du jeune noble Christian, disciple du Grand Inquisiteur Lord Cumberland . En ces temps d'obscurantisme, la sorcellerie progresse et Lord Cumberland s'oppose à l'inquisiteur local, Albino, lequel tente de violer Vanessa. Frustré par le refus de la demoiselle, le vil cureton l'accuse évidemment d'être une sorcière. Christian vient heureusement la sauver, exacerbant la colère d'Albino. Mais Lord Cumberland n'est pas aussi facilement convaincu de l'innocence de la jeune fille, qu'il soupçonne de rendre la population masculine locale impuissante par l'usage de la magie noire...

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de La marque du diable - L’Inquisition dans toute sa splendeur
Par : Chroniqueurs

Par Nicore

Œuvre à la réputation sulfureuse ayant profité de la notoriété du Grand inquisiteur de Michael Reeves pour se monter, ce Mark of the devil (connu en France sous le titre peu recherché de La marque du Diable) abuse de son intrigue liée à l’Inquisition et ses dérives pour accumuler les séquences de tortures parfois graphiques et douloureuses de manière volontaire et esthétique.

Le script suit l’arrivée d’un nouveau juge de l’Inquisition et de son assistant dans une bourgade jusque là livrée à un chasseur de sorcières vil et brutal. Dès sa première séquence, le métrage avance toute l’horreur et la sauvagerie d’Albino, le "witchfinder" médiéval d’une région jamais située géographiquement, qui lâche ses hommes sur un convoi de nonnes, pour une brève attaque au caractère sexuel sous-entendu. Focus ensuite sur l’exécution publique de deux jeunes femmes accusées de sorcellerie qui finissent brûlées sur le bûcher tandis qu’un homme nu est recouvert d’un produit gluant et de plumes avant d’être lâché dans la foule qui s’amuse à le poursuivre (sans omettre un nouveau petit laïus littéraire sur les méfaits de l’Inquisition en Europe).

Ensuite, le métrage nous présente ses principaux personnages : Christian, le disciple du nouveau juge qui doit arriver sous peu dans la ville, qui annonce cette nouvelle dans la taverne locale à Albino, provoquant sa fureur, alors que Vanessa, la jeune serveuse de l’endroit semble s’intéresser de près au nouvel arrivant. Un peu plus tard, Albino cherche à s’assurer les faveurs de la demoiselle et devant son refus violent, il s’amuse à la faire passer pour une sorcière et commence à la torturer, pour soi-disant trouver des preuves de sa culpabilité. Seule l’arrivée de Christian la sauve provisoirement, celui-ci l’emmenant passer la nuit au château attribué au futur nouveau juge.

Cette mise en place de l’intrigue est éminemment soignée, aussi bien pour la séquence d‘exécution publique qui plante le décor du métrage dans un souci historique jamais relâché, que pour mettre en avant les protagonistes, notamment ce Albino terriblement graphique avec son faciès détruit cohabitant parfaitement avec la bestialité intérieure du personnage sûr de lui et de son autorité absolue. Par contre, la bluette naissante entre Christian et Vanessa reste fade et n’offre rien de bien passionnant, même si le réalisateur essaie de donner à cette sous-intrigue un soupçon d’humour avec la naïveté dans l’attitude de Vanessa, notamment lors de la scène du repas dans la château.

L’intrigue introduit alors Lord Cumberland, le nouveau juge fraîchement débarqué (lors d’une séquence réussie créant instantanément une tension autour du personnage), qui s’oppose à Albino et tente d’instaurer un semblant d’ordre et de discipline dans le traitement des procès des personnes suspectées de sorcellerie. Finalement, il se montre aussi dépravé que son opposant et impose la torture pour faire avouer les suspects, dont Vanessa, qu’Albino a réussi à faire enfermer, au grand désespoir de Christian, partagé entre son dévouement à son maître et son amour pour la jeune femme. Particulièrement graphique, cette partie du métrage avance de nombreuses tortures mises en œuvre par lord Cimberland, entre écartèlement, brûlures au fer rouge en gros plan, et bien sûr la séquence culte d’arrachage de langue. Ces sévices bassement infligés à divers personnages dont la dévotion au Malin est bien peu avérée amenant de petites sous-intrigues hélas bien rapides et floues, qui alimentent l’ensemble jusqu’à la désobéissance de Christian contre son "maître" conduisant à une révolte des paysans locaux contre l’inquisiteur.

Au-delà des scènes de tortures volontaires, le réalisateur Michael Armstrong et son comparse pour l’occasion Adrian Hoven (habituellement acteur pour le genre et ici co-réalisateur et co-auteur du script avant de signer la fausse suite du film, connue chez nous sous le titre La torture) soigne également les décors et la reconstitution historique nécessaire pour donner de l’impact à son propos. Peaufinant les moindres détails pour une crédibilité de tous les instants, le réal ne peut camoufler l’interprétation en dents de scie. En effet, si Reggie Nalder offre de façon probante son physique spécial pour une prestation remarquable et que Herbert Lom est impériale en nouvel inquisiteur strict, on ne peut pas en dire autant d’Udo Kier et surtout d’Olivera Vuco, bien futile et parfois presque agaçante.

La mise en scène du réalisateur est plutôt basique et les quelques fulgurances (l’arrivée de Lord Cumberland, par exemple) sont largement ternies par des impairs dans les cadrages (en cadrant notamment trop régulièrement les personnages au niveau des yeux). Les effets spéciaux sont probants, réalistes et deviennent douloureux dans les sévices et les tortures infligées, même si aujourd’hui, ces plans sanglants peuvent paraître assez inoffensifs en ne versant pas quand même dans la surenchère.

Ce Mark of the devil illustre de façon jouissive et graphique son thème propice à de multiples dérives sanglantes, tout en ne s’épargnant pas hélas quelques maladresses quelque peu gênantes.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017
affiche du film
The Circle
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage