Critique de film

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Marebito

"Marebito"
affiche du film

Masuoka est obsédé par les phénomènes liés à la peur : d'où provient elle et à quoi conduit elle ? Il a filmé dans le métro le suicide d'un homme dont le visage était marqué par une stupeur indicible. Ces images l'obsédant, il traque dans les rues de Tokyo, caméra à la main, des éléments de compréhension. Ses recherches le conduisent dans un monde souterrain, où il découvre une jeune fille enchaînée. Il la ramène chez lui et décide de l'élever.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Marebito - Masuoka dans tous NOS états !
Par : Quentin Meignant
Tags : Psychologique

Takashi Shimizu était encore un sombre inconnu en 2004, année où il sortit notamment The Grudge, version américanisée du Ju-On qu’il avait tourné en 2002. Aussi, Marebito sortit dans l’anonymat le plus total, participant au Festival de Venise et raflant quand même au passage le Golden Raven à Bruxelles.

Jamais sorti en salle, le métrage eut quelques difficultés à trouver un distributeur en Europe francophone et c’est finalement la firme Celluloïd Dreams qui s’y colla, sortant un DVD en V.O. sous-titrée sans aucun battage médiatique.

Il y avait donc de quoi se poser des questions avant même d’avoir vu le film quand on sait que tous les autres métrages de Shimizu créèrent véritablement l’effervescence à leur sortie. Rien de bien encourageant donc pour un film qui ambitionnait sans doute bien plus après sa somptueuse victoire au BIFFF !

Et pourtant, dès les premières minutes Shimizu surprend et entraîne les spectateurs dans les profondeurs d’une ambiance qu’il crée avec trois fois rien. Avec 5 millions de Yens, soit l’équivalent de 31.259 euros, de budget etun tournage simultané du The grudge américain, le réalisateur japonais parvient tout de même à faire des merveilles, surtout au point de vue du style !

En effet, même si le rythme est carrément absent, Shimizu parvient à créer une ambiance que seuls certains ghost stories asiatiques arrivent à instaurer. Nous suivons, à travers une caméra subjective et amateure, les pérégrinations du héros, Masuoka, véritable percé à la recherche de la « vraie peur, celle qui ne vous laisse d’autre choix que de vous suicider ».

Le fait de se retrouver soi-même projeté dans l’oeil de Masuoka a quelque chose de terriblement malsain tant le manque d’équilibre du personnage et les horreurs qu’il voit (le suicide est extrêmement impressionnant) sont flagrants. On se retrouve plongés dans un corps, un objectif qui ne nous appartient pas et dont on ne peut pourtant plus se dépétrer. Shimizu frappe donc très fort en nous obligeant, dans une certaine mesure, à devenir acteurs de la folie propre à son héros.

Cette ambiance étouffante est encore renforcée par une musique effroyable, à mi-chemin entre les ghosts asiatiques et le générique des Masters of Horror. Cette dernière, signée Toshiyuki Takine (dont c’est le seul apport au monde du cinéma), ajoute une réelle plus-value à un ensemble déjà suffisamment stressant !

En effet, les effets de caméra, la voix off de Masuoka et les décors franchement réussis des souterrains et de la banlieue avaient déjà bien entamé le travail parachevé par la musique, nous mettant dans une sorte d’état de transe, dans l’expectative d’un événement que l’on sait proche.

Certains plans en contre-plongée ou encore en contrejour donnent un aspect lugubre et l’on se pose de plus en plus de questions quant à ce qu’il va arriver. Le summum de nos interrogations est atteint lorsque Masuoka se retrouve dans un monde souterrain qui, à certains moments, nous semble tout droit sorti de l’univers fantasy et qu’il y trouve une jeune fille à l’état sauvage.

Commence alors la véritable histoire, entre horreur pure, cannibalisme, ghost story et thriller. « F », la jeune fille ramenée du monde souterrain ne rend pas la vie facile au héros et nous assistons à de superbes scènes, qui ne sont pas sans rappeler l’héroïne de Jenifer (Masters of Horror Saison 1) du maître Argento.

Tant physiquement que mentalement, la jeune fille rappelle cette dernière trait pour trait, nous entraînant peu à peu vers la démence la plus totale à grand coups de meurtres et de sang. C’est lors de ces scènes d’un réalisme froid que nous pouvons constater que les qualités de metteur en scène de Shimizu sont déjà bien affirmées : tant la démarche de « F » que la multiplication des plans fixes donnent de réelles sensations, quelque part entre le dégoût et la passion, la raison et la folie. Les effets gores, discrets mais bien achalandés, offrent aussi de très bons moments.

Le dénouement, certes un peu mal amené, amène son lot de surprises et d’émotions et donne toute sa raison d’être à l’ensemble de l’oeuvre. On comprend alors toutes les scènes restées sans sens à nos yeux et, surtout, on voit à quel point l’oeuvre de Shimizu, adaptée d’un roman de Chiaki Konaka, est profonde et puissante.

Bref, Marebito est l’occasion de voir le cinéma asiatique dans toute sa splendeur. Bien plus puissant que le The grudge américanisé, le film est donc à classer au rang des pures réussites ! Un film qui marquera à coup sûr les esprits et qui ne fait pas du tout tache dans la filmographie d’un Shimizu dont on attend les prochaines merveilles !

Commentaires sur le film

Superbe MAREBITO

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Attiré par le titre et sa signification, J’ai vu ce merveilleux film sur les conseils de votre critique dans la version originale sous-titrée. Passé la barrière de la langue, ce film de 1h30 est un pure moment de cinéma qui n-a vraiment rien à envier au cinéma occidentale. Pour résumer, un merveilleux voyage dans un esprit criminel avec mention très bien pour la narration. Ce film est un OVNI. La peur est bien communiquée.. Superbe !

13 novembre 2009 à 03:11 | Par LORDON
Marebito

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Ce film est trés imprésionnant,personnellement je trouve que le cinéma asiatique est si réele et captivant parfois il fait même trés peur c’est le cas pour ce film j’espére que le réalisateur nous surpendra encore parce j’ai adorée ce film

17 octobre 2010 à 15:10 | Par Karl

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