Critique de film

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Maniac

"Maniac"
affiche du film

Dans les rues qu'on croyait tranquilles, un tueur en série en quête de scalps se remet en chasse. Frank est le timide propriétaire d'une boutique de mannequins. Sa vie prend un nouveau tournant quand Anna, une jeune artiste, vient lui demander de l'aide pour sa nouvelle exposition. Alors que leurs liens se font plus forts, Frank commence à développer une véritable obsession pour la jeune fille. Au point de donner libre cours à une pulsion trop longtemps réfrénée - celle qui le pousse à traquer pour tuer.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Maniac - Régression totale
Par : Maureen Lepers

Après deux films d’exploitation pas franchement inoubliables, Engrenage Fatal et Deuxième Sous-Sol, Franck Khalfoun s’attaque, sous la houlette d’Alexandre Aja et de Gregory Levasseur, au remake du cultissime Maniac de William Lustig, dont on n’a pas besoin de rappeler l’histoire tant il est certain que les lecteurs de ce site la connaissent, et par cœur.

Le tournant que prend, à l’aune des années 70, le film d’horreur et d’épouvante permet pour le genre moult avancées formelles et critiques grâce auxquelles s’ouvre ce qui ressemble d’assez près à un âge d’or. C’est, pour le dire vite, la fin des monstres gothiques de la Hammer, la fin d’un ennemi autre et surtout chassé hors champs, c’est l’arrivée au creux de l’image, et sans possibilité de reflux, des angoisses et des peurs intimes de l’Americana et de ses héros. Cette brèche, ouverte par Hitchcock dans Psycho, également par Don Siegel avec Invasion Of The Body Snatchers, sert de gouffre à chacun des réalisateurs cultes de la période, de Tobe Hopper à Wes Craven, en passant par John Carpenter, et plus tard, William Lustig. Ce dernier, que l’on pourrait qualifier de Brian de Palma du bis du fait de sa passion pour cette autre industrie de la marge hollywoodienne qu’est la pornographie, mais également du fait de son amour (avoué ou non) pour Psycho, en propose d’ailleurs ici, toujours à la manière d’un de Palma, un contre-champ assez saisissant, puisqu’il fait de Maniac une réécriture inversée du chef d’œuvre d’Hitchcocken ce sens qu’elle impose au spectateur un unique point de vue, celui de Norman Bates, ou plutôt de Frank Zito - celui-ci, psychopathe en sommeil que le film vient réveiller, partage en effet avec son frère de pellicule, un passé castrateur à base de mère folle dingue et de travestissements. Dans ce prolongement tient toute la force des grands films de la période (70/80), qui tour à tour, viennent puiser dans la chair des hommes et des images qui les ont inspirés, la matière première et unique du monstre. C’est l’apparition brutale, pour le genre, d’un cinéma de l’intime.

Si la résurgence cinématographique prochaine de Carrie est plus ambigüe (plus qu’un remake, elle serait surtout une nouvelle adaptation du roman de Stephen King), il est facile de noter que l’essentiel des films susmentionnés a fait l’objet de remakes. Qu’ils soient légitimes ou non, avoués ou non (voir les ressemblances nombreuses qui existent entre The Texas Chainsaw Massacre et Frontières de Xavier Gens), réussis ou non (au générique desquels figure plus d’une fois le nom d’Alexandre Aja), là n’est pas tellement la question. Le fait est surtout que tous ces films sont réécrits, refaits, revus, sous couvert de modernisation, de réactualisation, de renaissance – comme s’il fallait, à l’heure actuelle, pour redonner corps et âme au genre, réécrire tout ce qui a été fait, ne pas chercher, surtout, après nos propres démons, mais se moquer de ceux des autres, nos ancêtres, les affubler de masques grotesques, les noyer sous des litres de faux sang, les enfermer dans un cadre contextuel qui n’est pas le leur, et dans lequel, de fait, ils ne peuvent qu’étouffer. Car ce qu’oublient bien trop souvent les auteurs de ces remakes, c’est qu’actualiser, c’est n’est pas se contenter d’un déplacement historique et/ou géographique ; c’est également, a priori, faire muter les enjeux, tous les enjeux du film que l’on réécrit pour lui redonner forme, ailleurs, autrement, différemment. Abel Ferrara par exemple, qui signe en 93, Body Snatchers, deuxième remake du film de Don Siegel, l’avait bien compris, puisqu’il place au cœur de son long métrage la question contemporaine du déchet et de sa monstration, quand Don Siegel précisément l’évacuait. Réécrire n’est pas simplement refaire. Réécrire, c’est d’abord, surtout, repenser.

Et repenser, si possible, à l’endroit. C’est là, bien sûr, on y arrive, qu’échouent Franck Khalfoun et ses scénaristes. Il ne s’agit pas là de compter les points, car ce nouveau Maniac, avant d’être un mauvais remake, est surtout un mauvais film. Si Elijah Wood est un Frank Zito bien moins saisissant que ne l’était en son temps cette bête virile de Joe Spinell, sa composition n’est pas franchement ici mise en question, et pour cause, l’acteur est avant tout la victime des choix formels des auteurs : étouffés par une caméra subjective permanente, il ne peut apparaitre à l’écran que fugacement, par le biais de détournements aberrants et caricaturaux – reflets dans le miroir, dans le rétro, d’un miroir dans un miroir, dans des lunettes, une portière de voiture, un miroir encore, trois miroirs dans un miroir, une main dans le champs, une vitrine, un rétroviseur, oh encore un miroir mais un miroir brisé (nuance !), attention une fenêtre, un miroir, un miroir, un miroir – qui n’ont plus rien de fulgurances visuelles, et ce depuis longtemps. Outre cependant ce clinquant formel, c’est surtout à ce qu’il suppose pour le genre qu’il faut réfléchir. Car Maniac, avec sa caméra subjective, relègue son tueur hors champs. Pire, elle l’emprisonne, à grand coup de respiration saccadée et autres dialogues face caméra, dans un entre deux, entre l’image et le vide de la non-image, et condamne ainsi toute possibilité de contamination du cadre par le monstre, quand de cette contamination, de ces incessants surgissements, naissait précisément toute l’horreur des films originaux.

Franck Khalfoun en somme, pense son image à l’envers, et c’est là la grande différence avec la scène d’ouverture d’Halloween, auquel cette reprise fait forcément référence. Carpenter en effet substituait dès le meurtre, un contre champs à la focalisation interne, et signifiait par là que le monstre avait envahi l’image, mieux qu’il pouvait être n’importe qui, y compris cet enfant en costume d’arlequin. Mais ici, la logique d’enfermement auquel est soumis Zito, qu’aucun débordement réel, aucune explosion ne vient jamais menacer, tire le genre du côté de l’aseptisation – un comble pour l’original, poisseux et puant - et d’une gratuité gore qui n’est ni jouissive, ni récréative. Et ça, messieurs dames, ressemble à quelque chose comme de la régression.


Critique de Maniac
Par : Geoffrey Marmonier
Tags : Remake

La moulinette à remakes hollywoodienne semble bien partie pour ne plus s’arrêter jusqu’à ce que tous les plus ou moins gros succès horrifiques des années 70-80 aient été remis au goût du jour. Cette fois-ci, c’est le très glauque Maniac de William Lustig qui se voit donc relifté, devant la caméra de Franck Khalfoun, réalisateur d’un 2e Sous-Sol pas très glorieux, et sous le parrainage bienveillant d’Alexandre Aja et de Lustig lui-même. Pas forcément un gage de qualité, vu le nombre de remakes foireux approuvés par les auteurs de l’original (Fog, la préquelle de The Thing…), mais néanmoins la note d’intention affichée par Aja et son compagnon de toujours Grégory Levasseur, tous deux scénaristes du film, laissait une lueur d’espoir.

Et en effet, une fois n’est pas coutume, ce Maniac nouvelle version est plutôt une bonne surprise, en tout cas pour les personnes appréciant le style brut de décoffrage et ultra-glauque du film de Lustig. Les autres, ceux biberonnés aux remakes aseptisés du style Hitcher, risquent fortement de faire la gueule devant une œuvre qui, à l’instar de son modèle, fait tout pour mettre le spectateur mal à l’aise. A commencer par une violence réaliste et dure, lors de meurtres d’une rare cruauté. Khalfoun, que l’on ne croyait pas capable de tant de rage, arrive sans peine à égaler Lustig au niveau du sadisme des mises à mort, sans pour autant tomber dans une débauche de sang et de tripaille. Le déplacement du cadre de l’intrigue de New York à Los Angeles est assez heureux, Khalfoun et son équipe ayant réussi à trouver des quartiers suffisamment glauques pour renforcer le sentiment de malaise. Enfin, impossible de ne pas mentionner l’excellente bande originale électro composée par Rob, rappelant par ses sonorités les musiques des années 70-80 (au même titre que la BO de Drive récemment) et participant pleinement à l’ambiance du film.

Le choix d’Elijah Wood pour incarner Franck Zito, fortement critiqué à l’époque de la mise en chantier (difficile en effet de faire plus éloigné que ça en termes de ressemblance avec Joe Spinnell), s’avère finalement plutôt judicieux, son physique enfantin collant plutôt bien avec la psychologie du personnage (traumatisé par les coucheries incessantes d’une mère possessive) et le rendant insoupçonnable aux yeux du monde. L’acteur impressionne dans ce rôle à mille lieux de ses précédentes incarnations (encore qu’on l’a déjà vu en psychopathe dans Sin City), et réussit à rendre Franck à la fois pathétique et terrifiant. Le pari audacieux de réaliser le film en vue subjective, s’il tourne parfois un peu à l’effet de style, est néanmoins suffisamment bien géré pour ne pas sortir le spectateur du film. On notera même quelques idées ingénieuses pour faire apparaître Wood à l’écran, comme lorsque le personnage semble sortir de son propre corps lors de certaines scènes de meurtre.

Malgré quelques maladresses scénaristiques (la mort d’Anna, ridicule au possible) et scènes un peu téléphonées (le tueur qui drague par chatroom et chope au bout de cinq minutes, sérieusement ?), cette nouvelle mouture de Maniac n’a pas à rougir de la comparaison avec son illustre modèle et devrait faire taire les mauvaises langues qui annonçaient déjà un ratage.


Commentaires sur le film

2 etoiles

fan de films d’horreur mais détestant les remakes de films d’horreur, Wood aurait alors pu se passer de jouer dans ce film à moitié raté-à moitié réussi...

28 janvier 2013 à 10:01 | Par osmund
Sentiments difficils à expliquer

3 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

SPOILER ! SPOILERS !!!
Maniac est un remake mais aussi un clin d´oeil. Le silence des agneaux, psychose...
Artistique : certe/
brillammant filmé : oui/
plus une très bonne préstation des acteurs involvés.

Maniac est une sorte de mode d´emploi de ces criminels à profonds problèmes psycologiques.

Notre schizophrène/psychopate en question vie seul dans la boutique familiale avec pour seul compagnie les manequins qu´il restore.
Traumatisé (cliché), comme enfant par sa chère mère, il développe doucement une relation "eudipienne" très violante avec les femme qu´il désire.
Voyeurisme tout d´abort puis meurtre brutal. Comme tout bon psychopate il se doit de garder un pe

18 décembre 2013 à 02:12 | Par slybo

0 etoiles

daube Daube !

du gore gratuit et deguelasse, aucun scenario

5 novembre 2014 à 16:11 | Par blabla08

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