Critique de film

pub

Manhunt

"Rovdyr"
affiche du film

Dans les années 70, quatre amis partent pour une randonnée dans les montagnes norvégiennes. Sur la route, ils sont stoppés puis enlevés par un groupe dâ

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Manhunt - La chasse à l’homme commence !
Par : Metzgerin
Tags : Survival

Milieu des années 70. Quatre jeunes amis partent sur les routes, au volant de leur van, pour un week-end. Sur le chemin, ils s’arrêtent à une station service, leur laissant entr’apercevoir l’hostilité des autochtones. Ils prennent cependant avec eux une autostoppeuse, qui semble particulièrement nerveuse à l’approche de la forêt. Une crevaison les pousse à s’arrêter ; des chasseurs sortent des bois, les assomment et les kidnappent. A leur réveil, ils réalisent que les cors de chasse leur sont destinés, et qu’ils sont devenus le gibier…

Projeté le 26 septembre 2008 au Film Européen du Film Fantastique de Strasbourg, en présence du réalisateur Patrick Syversen et de la scénariste/actrice Nini Bull Robsahm, Manhunt (Rovdyr en version originale) est un hommage ouvert aux films des seventies, Massacre à la Tronçonneuse en tête. Allusion ou simple hasard, l’action se déroule en 1974, année de sortie du film de Tobe Hooper. Bon nombre d’éléments rappellent le début de la cultissime bobine, Leatherface en moins ; les vingt premières minutes sont quasi identiques, sans pour autant tomber dans le plagiat grossier. Autant d’un point de vue visuel qu’au niveau des personnages et de la musique, les aficionados retrouveront les passages classiques des films de l’époque, tandis que les newbies adeptes de l’ultraviolence et du gore sanguinolent tomberont trente ans en arrière, loin de l’univers désormais trop commun du huit-clos en pièce sombre. Vadrouille sur les routes dans un van sur fond de musique hippie (ou plus précisément sous fond de « Wait for the rain » de David Hess, thème de… La Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven !), ambiance bon enfant, filles dont les trousses blondes et les mini-shorts en jeans donnent un vague air d’innocente écolière tout juste sortie du lycée, personnages quelque peu stéréotypés, habitants hostiles, station essence vieillotte, autostoppeur sur-angoissé, panne de voiture… Montrez ces scènes à une poignée de non-cinéphiles, passez leur La Dernière Maison sur la Gauche, Massacre à la Tronçonneuse ou La Colline a des Yeux, aucun n’arrivera à vous dire quel film date de 2008, tant la vidéo semble sortie tout droit des années 70-80…

Certains crieront au copier-coller, au plagiat, à un ignoble remaxe. Mais Manhunt est un premier film, réalisé par un jeunot de tout juste vingt-cinq ans. Et au vu de la suite de la bobine, bien des erreurs lui sont pardonnées. Patrick Syversen est un grand fan des films de genre, ça se voit. Or, là où bien des gens auraient cumulé des scènes gore classiques, des cache-cache dans la forêt et autres joyeusetés, le cinéaste tente d’y apposer sa touche. Il n’y a certes pas d’innovations flagrantes, mais un nombre respectable d’éléments qui remontent la chose. Pas de boogeyman masqué à la machette ou autre Leprechaun rondouillard et déconnant. Le film s’annonce sérieux dès l’entrée en action, ne tenant pas à faire dans l’humour ou le cynique (malgré quelques pièges à ours rappelant inexorablement Severance de Christopher Smith, chouette fresque d’un voyage entre collègues de boulot qui part méchamment en couille, mais est-il nécessaire de présenter ce petit bijou d’humour noir et de trash ?) Les chasseurs sont des types des plus rustres, à mi-chemin entre un randonneur obèse et un paysan à la limite de la bestialité animale. L’archétype du méchant qui écoeure, à l’image de notre très cher Phillipe Nahon dans Haute Tension. Ca sent la crasse, l’urine et le sang séché à plein nez, à peine dissimulés sous l’odeur des feuilles mortes, de la mousse fraîche et de l’eau qui coule dans les ruisseaux environnants.

Malgré une durée très courte, Manhunt atteint une apogée de tension, une intensité délectable, sans jamais tirer en longueur. Une véritable chasse à l’homme où le cor de chasse remplace l’alarme de l’attaque nucléaire ou zombiesque (merci Silent Hill…). Dès que sonne le clairon, le spectateur se cramponne à son siège, espérant que les protagonistes s’en sortiront sans trop de dommages. Y a-t-il une légère allusion à Hostel d’Eli Roth, et son Elite Hunting ? D’ailleurs, l’hypothèse que cette chasse soit plus traditionnelle qu’anecdotique semble plus que plausible : le film commence sur une mise en scène d’une jeune femme, qui cours à en perdre haleine dans la forêt ; impossible de savoir qui la poursuit, probablement les fameux chasseurs. Elle débouche sur une clairière, s’arrête un instant, reprends sa course… et se fait choper le pied par un piège à ours. Les cris fusent, le sang gicle, il est évident que ses chances de survie sont minimes… Puis vint le générique. Logiquement, le spectateur pensera que cette fille est une des protagonistes, et attend avec son habituel appétit sadique (*sic*) de l’apercevoir, étant conscient de son statut de Dieu qui connaît déjà la mort de l’innocente. Or, ce personnage n’apparaîtra pas, bien que l’une ou l’autre scène se déroule dans la clairière. Après avoir interrogé Patrick Syversen à ce sujet, tel est la réponse qu’il m’a offert : cette femme n’est qu’une victime parmi les autres du jeu des chasseurs, sa mort n’est en soin pas bien importante, elle est juste le témoin des crimes à répétition, loin d’être de simples cas isolé. A se demander si ça s’arrêtera...

Manhunt est un film de genre sympathique et joliment glauque, bien que peu innovant pour les habitués du genre. A réserver donc aux fans de Massacre à la Tronçonneuse, ou à ceux qui veulent se mettre aux seventies.


Critique de Manhunt - Les prédateurs sont de sortie
Par : Ursula Von Trash

Eté 1974, quelque part en Norvège. Quatre jeunes gens partent camper en forêt pour le week-end. Dans le mini van l’ambiance n’est pas à la fête. Roger, le conducteur (et donc le mâle dominateur) traite sa petite amie Camilla avec mépris, ce qui a le don d’énerver Mia, la bonne copine un peu féministe. Jürgen, le frère de Mia, quant à lui assez calme, lit ses comic books à l’arrière en silence. Si cette mise en bouche vous fait penser à un énième épisode de Beverly Hills, la suite, elle, lorgne vers d’autres références. Après avoir ramassé une auto stoppeuse un peu flippée, la joyeuse troupe se retrouve à s’engueuler sur le bord de la route quand ils sont sauvagement agressés par des inconnus. Ellipse narrative. Ils se réveillent ligotés dans la forêt tandis qu’un cor de chasse retentit. La partie va alors s’engager. Courir pour survivre.

Manhunt (Rovdyr, prédateurs en norvégien), réalisé par Patrik Syversen, confirme la vitalité scandinave pour les films de genre. Survival dense, immersif, cruel et sans concession, ce film étonne.
D’abord par ses qualités formelles. La photographie, léchée, mise peu sur les effets gore, préférant se concentrer sur la fuite constante des personnages dans cette nature hostile. Poursuivis par un ennemi invisible mais audible (le cor donc), ils sinuent, se cachent, décampent comme des lapins affolés. La forêt, labyrinthe végétal, est d’autant plus oppressante et dangereuse qu’elle est filmée de jour. La quasi absence de musique évite une dramatisation téléguidée, au profit d’une linéarité brutale dont le spectateur ne peut s’extraire. Tout le long de cette chasse à l’homme incessante, on cherche sa respiration. La durée du film (1h18) est une autre de ses qualités. Pas de narration intempestive sur le pourquoi (les motivations des chasseurs ne sont pas expliquées et c’est tant mieux), une introduction courte (en moins de dix minutes on est dans l’action), un final au couteau (une séquence de voiture sobre mais explicite sur le destin du survivant).

Scénaristiquement aussi, Manhunt tient la route. L’évolution psychologique des personnages se révèle totalement crédible. La terreur qui s’empare d’eux dans les premières scènes, laisse progressivement place à un instinct de survie tenace, balayant les codes sociaux, tels l’amitié (quand on est pourchassé, on comprend très vite que sauver les autres ralentit la course et augmente donc les risques de se faire dézinguer). La violence subie par les héros, retournée vers les agresseurs ne fait pas de quartier. Quelques passages illustrent parfaitement ce vieil adage : œil pour œil, dent pour dent.

Survival racé, sec, ultra efficace, Manhunt mérite sa place sur votre étagère (ou dans votre disque dur). Là où les Proies, film espagnol sur une thématique identique sorti l’an dernier, s’embourbait dans une arythmie malingre, Manhunt secoue et triture les nerfs, bien plus que la plupart des films en ces temps de disette cinématographique. Décidément, il fait bon vivre en Scandinavie…


Commentaires sur le film

Super !

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

J’ai adoré ! Sang a volonté !

29 décembre 2009 à 20:12 | Par Nico

0 etoiles

12 mai 2010 à 20:05 | Par soleil30
quel hommage ?

1 etoiles

Il faut regarder ce film un peu fatigué, je vous assure que ça remet les pendules à l’heure : c’est vraiment médiocre. On peut facilement se laisser abuser par la photo vintage, la musique "post-moderne" et la forêt délabrée et pentue façon Rambo 1. Au final, on a affaire à des personnages vides, une action et des ressorts narratifs sans aucune imagination.
Un bon méchant fait un bon film ; ils auraient dû se graver cette maxime Hitchcockienne dans la tête. Ici, la bande est carrément stupide, mais à un point vraiment ridicule !

4 septembre 2014 à 08:09 | Par Aguirre

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



News associées (2)

septembre 2008
Rovdyr
1er/09/2008
août 2008
Rovdyr - le trailer
4/08/2008

Interviews liées

Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017
affiche du film
The Circle
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage