Critique de film

pub

Mama

"Mama"
affiche du film

Deux petites filles ont disparu dans les bois le jour où leurs parents ont été tués. Quand elles sont sauvées, des années plus tard, et qu’elles commencent une nouvelle vie, elles découvrent que quelqu'un ou quelque chose cherche encore à les border pendant la nuit. Cinq ans auparavant, les deux sœurs, Victoria et Lilly, disparaissaient de leur banlieue sans laisser de trace. Depuis lors, leur oncle Lucas et sa petite amie, Annabel, les cherchent comme des fous. Mais, lorsque les enfants sont retrouvées vivantes dans une cabane délabrée, le couple se demande si elles sont les seules à s’inviter chez eux. Tandis qu’Annabel tente de les initier à une vie normale, elle est de plus en plus convaincue d’une présence maléfique dans leur maison. Les deux soeurs souffrent-elles d’un réel traumatisme, ou y a–t-il un fantôme qui leur rend visite ? Comment ont-elles pu survivre seules pendant toutes ces années?

pub


Trailer - Mama (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Mama - Le spectre de la maternité
Par : Chroniqueurs
Tags : BIFFF 2013

Par Nicolas Mouchel

Deux petites filles ont disparu dans les bois le jour où leur parents ont été tués. Des années plus tard, celles-ci sont retrouvées et adoptées. Mais une certaine Mama continue de leur rendre visite…

Mama, premier long métrage d’Andres Muschietti, produit par Guillermo Del Toro, a tout du film bicéphale. Film d’horreur mâtiné de drame familial, puisant clairement son inspiration tant dans le cinéma fantastique espagnol que la vague de l’horreur japonaise, Mama fait frissonner autant qu’il tire les larmes, et affiche de belles qualités autant qu’il déçoit.

Basé sur le court métrage homonyme hyper efficace et terrifiant du même Andres Muschietti, Mama < le film > est avant toute chose un condensé de savoir-faire, une véritable démonstration d’un talent évident de mise en scène. Techniquement, le jeune cinéaste argentin prouve avec cette première production toute sa maîtrise en matière de cinéma fantastique. Les scènes horrifiques, bien qu’un poil redondantes et parfois attendues, sont d’une redoutable efficacité. Son fantôme emprunte largement à la représentation toute japonaise des Sadako (Ring) et autres spectres aux cheveux gras et longs, tandis que la mise en place de ses apparitions allie finesse et fracas lorsque Mama fait irruption dans un coin de l’écran et jaillit vers la caméra. Le tout est certes, très classique, mais réalisé avec tant de propreté et de savoir-faire que cela marche, l’effet de peur est bien présent. L’effroi dans Mama vient également de l’utilisation réfléchie du cinéaste (et sûrement de son producteur), des peurs les plus primaires pour la plupart liées aux craintes enfantines, comme celle du noir, de la présence tapie dans l’ombre, de la cabane perdue au beau milieu de la forêt, des craquements et autres sources sonores déstabilisantes… La grammaire cinématographique employée par Muschietti est une partition connue mais jouée admirablement. Un résultat efficace qui doit pourtant faire avec des effets spéciaux un peu décevants, donnant à voir un fantôme en images numériques pas des plus réussies, pour le coup réellement impalpable et irréel tant son incrustation à l’image n’est pas exempte de tout reproche. Il faudra également passer outre quelques grosses ficelles et autres clichés bien trop souvent utilisés dans ce genre de production (le médecin qui mène sa propre enquête… bof) et ne pas être trop regardant sur un déroulement du temps incohérent et un peu facile (les visites à la cabane se font évidemment toutes de nuit… mouais).

Là où Mama surprend, c’est dans son choix d’associer au film de peur le drame familial, une habitude pour le coup typiquement liée à la récente tradition des films fantastiques espagnols (encore qu’en étant tatillon, le cinéma d’Hideo Nakata n’est pas loin non plus). Les premières scènes du film, voyant un père désespéré s’enfuir avec ses deux fillettes dans les bois enneigés, puis s’abriter dans une cabane en hurlant toute sa douleur de devoir mettre fin à leur jour, sont elles mêmes remarquables de justesse, et vont titiller des sentiments pas toujours convoités par le cinéma d’horreur.

De son côté, le personnage d’Annabel, joué sans fausse note par Jessica Chastain, est l’antithèse de la figure de la mère, à l’inverse du spectre Mama. Thème central du film, la maternité est explorée sous la forme de deux déclinaisons : la femme vivante qui peine à souhaiter, à aimer et comprendre les enfants, et la revenante dont l’âme erre, portée par l’amour d’un bébé disparu qu’elle transpose chez les deux fillettes. Même s’il n’est pas toujours décrit aussi finement que l’on pourrait espérer, avec un manque certain de nuances par instants, ce rapport à la maternité finit par prendre le pas sur les scènes d’effroi. Une direction qui culmine dans un climax qui n’en finira plus de tirer les larmes des spectateurs/parents n’éprouvant aucune difficulté à se projeter dans cet étrange rapport d’amour maternel entretenu entre un fantôme et une fillette devenue sauvage, et dont la réinsertion dans la société, devenue impossible, ne peut connaître d’autre issue que la mort.

Si on pourra reprocher ce final trop long et quelque peu pompier dans son utilisation d’une musique clairement destinée à sortir les mouchoirs, on ne pourra qu’être terrassé par les images et le maelström de sentiments déployés dans cet épilogue. De toute évidence, on partait pour être terrifié par un bon film de fantômes, et l’on se retrouve terrassé, le coeur déchiré par une histoire d’amour entre une mère et sa fille. Bouleversant !


Commentaires sur le film

Mommy the Mummy

2 etoiles

Déception _ non que ce film soit mauvais en soi... mais plutôt qu’il surfe sur ce qu’il faudra bien un jour considérer comme un âge d’or du cinéma fantastique ibérique. Mama cède à la tentation d’essayer de concilier l’héritage d’un génie ibérique ayant su re-transpirer ses traumas en plaçant les enfants au coeur du genre, avec du "made in Hollywood". Résultat, on a droit à tous les clichés du boogeyman ; aucuns jump-scares, aucuns bruitages téléphonés, aucunes solutions de facilités ne nous sont épargnés. Le thème de l’enfant sauvage est quant à lui réduit à l’état de Mc Guffin. C’est pas grave, le final coupe la poire en deux, façon Spielberg mélo. Le titre même de Mama est une duperie. Ce film devrait s’appeler Mommy, ou Mummy.

11 janvier 2014 à 06:01 | Par Fred Bau

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 37920 photo 37919 photo 37918
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage