Critique de film

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Maison des 1000 Morts (La)

"House of 1000 Corpses"
affiche du film

Deux jeunes couples se lancent à la recherche du docteur Satan, une légende locale. Surpris par un terrible orage, ils se réfugient dans une mystérieuse demeure où réside une famille pour le moins étrange. Celle-ci se compose de membres adeptes du cannibalisme et de rites sataniques. Le cauchemar peut commencer...

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Les critiques à propos de ce film

La maison des 1000 morts - Un régal…
Par : Damien Taymans

Ancien chanteur de hard, Rob Zombie a déjà réalisé quelques clips pour son groupe. Certains ont même reçu des récompenses aux MTV Awards. Il faut dire que le prodige sait recourir aux images fortes en intégrant dans ses clips un bestiaire puisé dans les films d’horreur qu’il a ingurgités depuis son enfance. Approché par Universal, le réalisateur leur soumet le projet de La maison des 1000 morts. Projet accepté, tournage sous la pression de producteurs sans pitié et, finalement, un échec. Le film jugé trop violent se voit en fin de compte rejeté par la boîte de production. Le grand Rob devra attendre deux années pour que son film éclose à nouveau sous le logo Lions Gate.

Une genèse tourmentée pour un film qui ne l’est pas moins. Car Zombie, en créant La maison des 1000 morts, entre de plein pied dans le monde horrifique. Le voilà devenu superstar, réalisateur culte qu’on ne peut éviter. La raison de cette gloire soudaine ? Tout simplement les multiples qualités de ce premier métrage. Car, s’il est bien une chose que l’ami Rob a comprise, c’est qu’une histoire doit se reposer sur des personnages qui ont une âme.

Zombie détourne un peu son sujet et va nous proposer des personnages bien plantés qui ont finalement très peu d’âmes. Non pas qu’ils ne réussissent pas leur jeu, seulement ils font partie de la pire espèce qui existe sur cette terre. Car leur prestation est en tout point remarquable. Sid Haig nous offre un Capitaine Spaulding déjanté qui manie l’humour et la cruauté avec une telle grâce que c’en est étourdissant. A côté de ce maître horrifique, une bande de tarés plus barjes les uns que les autres : une mère sensuelle qui n’hésite pas à mettre ses formes en avant, un grand-père débile à souhait, un monstre géant brûlé sur tout le corps extrêmement limité et deux dieux de la perversité : Baby, interprétée par Sheri Moon Zombie, la femme du grand Rob, aussi splendide que dérangée et son frère, Otis, un fêlé de la caboche au physique proche du messie. Et puis, il y a le docteur Satan. Ce fabuleux docteur Satan résidant dans les limbes et torturant les corps fournis par cette génération dégénérée.

A côté de ces personnages faramineux, Zombie nous offre une mise en scène vertigineuse. Alternant tournage à l’épaule et caméra sur socle, jouant des zooms et des plongées, Rob Zombie tire toutes les cordes de son arc pour nous enchanter et nous déstabiliser. Une lumière aveuglante par ici, des ténèbres foudroyantes par là. Tout cela dans des teintes verdâtres et des décors aussi baroques que ceux de l’ami Bava.

Ajoutez à cela des clins d’œil énormes aux maîtres de l’horreur comme Tobe Hooper ou Wes Craven et une horreur intense qui progresse vers son apothéose avec les couloirs labyrinthiques menant au docteur Satan et vous obtenez un produit parfait, un diamant brut taillé sur mesure. Une trame scénaristique assez brouillonne vient entacher cette œuvre précieuse. Un fouillis de scènes très bordéliques qui desservent l’ensemble.

Reste à voir la suite de ce premier très bon métrage, à savoir Devil’s rejects qui surpasse encore l’œuvre originelle pour aller se hisser au top de l’horreur aux côtés de nombreux films indétrônables.


La maison des 1000 morts -
Par : Chroniqueurs

Deux jeunes couples, qui veulent écrire un guide du routard des itinéraires bis de l’Amérique, se lancent à la recherche du docteur Satan, légende locale morbide. Surpris par un orage, ils trouvent refuge dans la mystérieuse demeure d’une non moins mystérieuse auto-stoppeuse, où réside une famille fidèle au cannibalisme et aux rites sataniques.

N’en déplaise à Eli Roth, si Quentin Tarantino avait réalisé un film d’horreur, on peut être sûr qu’il serait en tout point proche de celui-ci. Car ce qui compose ce film est avant tout un savant amour du film de genre. Entre le bouffon et le sanguinolent, ce train fantôme visuel nous fait traverser l’esprit déjanté de son auteur, esprit nourri aux clowns torturés, à la cervelle frémissante et aux gènes mal formés. Du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper à La Colline a des yeux de Wes Craven, de Lucio Fulci à Mario Bava, de Tueurs nés à Maniac, nombreuses sont les références, influences et citations qui jalonnent le film. Mais comme chez le réalisateur de Pulp fiction, tout y est digéré et finalement recraché avec presque autant de génie, comme lors de cette scène d’ouverture, relecture inspirée de celle de Une nuit en enfer.
Rob Zombie livre un véritable capharnäum de l’horreur. Monstres de foire, famille bâtarde, expériences corporelles, délire visuel cérébral, mélange de couleurs vives et souvent saturées, musique organique teintée d’électronique, galerie de gueules et jeu outrancier font partie intégrante de l’univers de son auteur, et se retrouvent imprimés sur le celluloïd comme LA nouvelle référence du genre "grand guignol".

Et pourtant le film n’est pas exempt de tout défaut. À trop vouloir bien faire, certains passages semblent se mélanger les pinceaux et la mise en scène ainsi que le montage en pâtissent parfois légèrement. La faute au trop plein de fougue du réalisateur, trop désireux de pouvoir enfin étaler ses délires sur un format long. Car les effets polarisants ou négatifs sont incessamment utilisés. Même les personnages sont un peu fins de caractère car l’on se perd vite entre les deux protagonistes féminines. On sait bien que ce qui intéresse le plus l’ami Rob, ce sont les personnages secondaires, ceux dont il est venu raconter l’histoire, mais un traitement moins approximatif aurait peut-être permis de donner plus d’ampleur au film. Et pourtant, malgré tous ces défauts inhérents, le film fonctionne pour ce qu’il est : l’étalage sur grand écran des délires tout droit sortis d’un esprit fantasque où l’horreur juxtapose la facétie.


Oeuvres liées :

Devil's rejects (2005)

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