Critique de film

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Maison au fond du parc (La)

"La Casa sperduta nel parco"
affiche du film

Deux truands, responsables d'un trafic de voitures volées le jour, violent et tuent des jeunes femmes la nuit. Quand ils croisent la route d'un groupe d'amis et les suivent dans une maison isolée au fond d'un parc, les criminels ne savent pas ce qui les attend...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La maison au fond du parc - Carnaval holocaust
Par : Damien Taymans
Tags : Rape and revenge

Alex et son fidèle compagnon un poil handicapé Ricky, deux truands qui sont à la tête d’un trafic de voitures volées, ne se limitent pas à ces seules activités néfastes. Ponctuellement, les deux amis font mumuse avec les jeunes femmes afin de leur retirer le voile délicat qui orne leurs parties intimes. Invités dans une soirée par un couple aux ennuis mécaniques récents, les malfrats s’en donnent à cœur joie pour faire passer une mauvaise soirée aux jeunes nantis…

Quelques mois après son cinglant Cannibal holocaust, Ruggero Deodato possède quelques cartouches dont il ne sait que faire. Un zeste de budget, quelques plans d’une New York nocturne, il n’en faut pas plus au cannibal king transalpin pour refondre le tout au service d’un nouveau projet surfant sur la vague du rape and revenge mise au goût du jour par le subversif opus de Wes Craven, La dernière maison sur la gauche. En guise de viatique, Deodato débauche David Hess, révélé dans le métrage cravenien en raison de son étonnant charisme qui transpire lors de séquences jusqu’au-boutistes. Un charisme tel que l’acteur hollywoodien, fraîchement débarqué dans le monde su septième art, impose sa loi sur le tournage, adoptant des attitudes de diva et, rapport de cause à effet, effaçant du même coup par sa large envergure que ne lui envieraient aucun albatros (dixit Charles enivré dans ses fleurs du mâle) le reste d’un casting trop scolaire composé d’adeptes du surjeu et de bellissimas non tropo.

Contrairement aux messages largement séditieux distillés par l’œuvre de Craven, le métrage de Deodato se cantonne en un huis clos sinistre à l’atmosphère anxiogène minée par un fixisme longuet. La révélation cravenienne de la bestialité humaine laisse place à une maladresse téméraire opérée par un couple de bouffons versant volontiers dans la violence et le sexe à défaut de se permettre autre chose. Plus d’affrontement viscéral, plus d’instincts incontrôlables, seul subsiste l’envie de démontrer sa supériorité en s’adonnant à des jeux divers peu enclins à ravir les spectateurs bourgeois de la soirée et les spectateurs neutres de la salle de ciné. L’incommensurable soif de vengeance, pierre angulaire du rape and revenge, se transforme chez Deodato en une docilité dissidente où chaque victime, visiblement consentante, tente accessoirement une modeste rébellion. Plus proche de la mise en scène de Haneke, l’œuvre se déploie dans une inertie pompante aux antipodes de celle ancrée dans le réalisme brut de Funny games. Dès lors, lorsqu’éclate au grand jour le pot aux roses, la surprise émerge et le retour réflexif sur l’ensemble du film devient incontournable, un retour censé faire ressurgir l’éclat d’une entreprise légèrement foirée, une nouvelle plongée dans les entrailles d’un joyau de façade qui ne contient au finale pas plus de carats qu’une vulgaire Swatch enrubannée.

Mix improbable entre La dernière maison sur la gauche et Funny games, La maison au fond du parc ne se veut ni détentrice d’un message irrévérencieux (les vengeurs aussi habités ques les huitres d’Alice aux pays des merveilles) ni empreinte de réalisme (la faute à une photographie bien trop travaillée qui dénote avec le message censé déranger et à une inertie filmique chiantissime). Que reste-t-il au final ? Une atmosphère travaillée, un David Hess en grande forme et quelques rares bonnes idées, trop rares que pour marquer durablement les esprits.

Critique de La Maison au fond du Parc - Le Deodato au fond de l’exploitation
Par : Quentin Meignant

1980 fut une année riche en émotions pour Ruggero Deodato puisque, quelques mois après avoir sorti un véritable chef-d’œuvre, Cannibal Holocaust, l’un des films les plus controversés de l’histoire du cinéma de genre, il s’attela à la réalisation de La Maison au fond du Parc, nouvelle œuvre choquante. Rape and revenge de base, le métrage met en scène deux truands, Alex et Ricky, débile de son état, responsables d’un trafic de voitures volées le jour, et violeurs-serial killers la nuit. Après avoir dépanné un jeune couple, les deux compères se voient invités par ses derniers à une petite sauterie qui a lieu le soir même dans une maison isolée. L’occasion est parfaite pour commettre de nouveaux méfaits, mais, dans le monde de la nuit, les victimes ne sont pas toujours celles que l’on croit…

Comptant encore quelques plans inutilisés de la ville de New York, Deodato, en faiseur efficace, décide de placer son action quelque part dans la Grosse Pomme, histoire de rendre son métrage vendeur aux States. Il profite en outre de la présence au générique de David Hess, comédien révélé et consacré grâce au très choquant chef-d’œuvre de Wes Craven, La Dernière Maison sur la Gauche. C’est d’ailleurs le succès de ce film, sorti huit ans plus tôt, en 1972, qui inspire visiblement le réalisateur transalpin, qui ne manque pas de s’inspirer du génie cravenien pour mener à bien une œuvre qu’il veut sadique. Son autre référence étant visiblement le terrible Dernier Train de nuit, d’Aldo Lado, sorti en 1975, Deodato met toute les chances de son côté pour signer une œuvre significative et impérissable.

A ce titre, l’entame du métrage laisse entrevoir d’excellentes dispositions, le cinéaste procédant d’emblée à un meurtre d’un crudité assez incroyable. Vient alors le temps de la présentation des principaux protagonistes et du traitement manichéen de ceux-ci , Deodato mettant un zèle tout particulier à rendre David Hess et son acolyte aussi méchant que fou. Après quelques séquences un brin choquante jouant particulièrement sur le côté sensuel de certaines situations, La Maison au fond du Parc s’enlise étonnamment un immobilisme insupportable, le huis-clos se transformant petit à petit en ineptie filmique. Facilitations scénaristiques et séquences pseudo-poignantes s’enchaînent alors sans que le cinéaste n’y puisse rien. Bien conscient du fait que son scénario est creux, Deodato tente finalement un coup de poker les du dénouement en procédant à un twist malheureux, ruinant définitivement le peu d’intérêt qu’entretenait encore son œuvre.

Après une entame plutôt encourageante abondant en références glorieuses, La Maison au fond du Parc se mue donc en un ensemble arythmique au scénario peu élaboré. Rape and revenge particulièrement plat, l’œuvre de Deodato ne parvient jamais à suivre l’exemple des quelques métrages au déroulement presque similaires mis en scène durant les 70’s, son film exploitant simplement les pistes déjà creusées par ceux-ci. L’ennui est dès lors inévitablement au rendez-vous.

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