Critique de film

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Main de la momie (La)

"The Mummy's Hand"
affiche du film

La tombe de la princesse Ananka est violee par l'explorateur Banning. Celui-ci est menace par la momie Kahrais ressucitée par le grand prêtre Andoheb. Ces deux derniers périront et l'explorateur pourra ramener le tombeau de la princesse aux Etats-Unis.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La main de la momie - L’humour en plus
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Momies

Cette séquelle de La momie nous propose de suivre l’archéologue Steve Banning en visite au Caire en compagnie de son copain Babe Jensen. Les deux hommes y découvrent un vase donnant les indications nécessaires à la découverte de la tombe de la princesse Ananka. Evidemment, l’archéologue ne peut résister à pareille tentation et récolte finalement les fonds nécessaires à financer une expédition. Accompagnés d’un prestidigitateur et de sa fille, Banning et Jensens commencent à mettre dans des caisses les produits de leurs fouilles mais un étrange personnage, Andoheb, se manifeste. Décidé à empêcher les archéologues de profaner le sarcophage de la princesse, Andoheb réveille le redoutable Kharis, une momie maintenue en vie depuis des siècles, afin de supprimer les étrangers.

La main de la momie constitue davantage une réinterprétation du film de Karl Freund qu’une véritable suite. Sans doute destiné à un public plus large et plus jeune, le métrage délaisse le côté expressionniste et horrifique de l’original pour privilégier un fantastique léger largement dominé par la comédie pas vraiment subtile. Au début des années 40, la Universal, après avoir délaissé le personnage de la momie durant une petite dizaine d’années, va en effet le ramener à la vie dans quatre films produits à la chaîne et à la continuité hasardeuse. A ce niveau, il est d’ailleurs préférable d’éviter de regarder ces quatre titres à la suite sous peine de s’énerver devant les incohérences flagrantes d’un épisode à l’autre, tant sur certains détails (le nombre de feuilles de Tana nécessaires à ramener la momie à la vie change sans cesse, certains personnages voient leur nom ou prénom altéré,…) que sur la simple chronologie puisqu’une vingtaine d’années sont censés séparer les différents métrages. Si on suit cette logique le dernier épisode devrait donc se dérouler au début du XXIème siècle et non durant la Seconde Guerre Mondiale !

De manière très pédagogique, La main de la momie reprend les éléments de l’original pour ceux qui ne l’ont pas vu. Nous découvrons ainsi Kharis, un grand prêtre amoureux d’une belle princesse décédée qu’il tente de ressusciter par le biais des magiques feuilles de Tana. Découvert, Kharis à la langue tranchée puis est condamné à être momifié vivant. Rien de bien neuf donc pour quiconque a encore en mémoire La momie de 1932. Ensuite, tout aussi classiquement, quelques archéologues imprudents suscitent le courroux d’un grand prêtre vengeur qui leur envoie la momie aux trousses. Même si La main de la momie ne dure que 67 minutes, le cinéaste semble éprouver de graves problèmes de rythme et meuble la première moitié de son œuvre en vaines palabres ponctuées d’éléments humoristiques assez lourds. Une tendance marquée dans le cinéma horrifique de cette époque qui culmina avec les pitreries du duo des « deux nigauds » Abbott et Costello. Heureusement, la seconde partie de cette Main de la momie se concentre davantage sur le suspense et le frisson en offrant un spectacle certes vieillot mais possédant encore un certain charme suranné pour les nostalgiques du fantastique de grand-papa.

Dénué des ambitions de La momie, cette séquelle assume pleinement son statut de petite série B sans prétentions, sinon commerciales. Le scénario se révèle simple, pas très cohérent ni vraiment passionnant, mais le personnage de la momie garde un certain charisme fascinant. Le cinéaste, pour sa part, accomplit son boulot sans le bâcler, même s’il ne se montre jamais réellement concerné ou inspiré. Le tout est néanmoins emballé avec professionnalisme, ce qui est le minimum pour un type ayant travaillé au cours de sa carrière sur plus de 150 films ! Dans cet ensemble assez terne, quelques scènes sortent cependant du lot, même si elles constituent parfois des décalques de passages similaires repiqués à des métrages antérieurs de la Universal, en particulier à La momie mais aussi aux Frankenstein de la compagnie. Le flash-back en Egypte antique réutilise ainsi une bonne partie de la séquence identique tirée du métrage plus fortuné de Karl Freund afin de donner un peu de luxe à une production sinon très pauvre. Les interprètes, pour leur part, se révèlent corrects et Tom Tyler incarne le monstre vedette de manière très menaçante même si son personnage a perdu l’essentiel de son intérêt romantique et devient une sorte de zombie vengeur sans émotion. Reste la présence du pénible Wallace Ford chargé d’apporter une touche comique dont le film aurait largement pu se passer. Un personnage qui reviendra d’ailleurs dans La tombe de la momie mais se montrera nettement plus sérieux, au grand soulagement du spectateur.

La main de la momie n’est donc pas une œuvre franchement mémorable mais ce film constitue pourtant un petit divertissement inoffensif, sitôt vu et sitôt oublié, qui saura distraire un spectateur nostalgique et conciliant. A voir essentiellement par curiosité, cela dit.

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