Critique de film

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Madman

"Madman"
affiche du film

Un camp d'été pour jeunes : une légende raconte qu'un terrible serial killer hante les bois. Son nom : Madman Marz. Répondant à l'appel de son nom, celui-ci refait surface pour décimer la population locale...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Madman - Here comes your (mad)man
Par : Fred Pizzoferrato

Au début des années ’80, la vague du slasher emporte tout sur son passage et les tueurs en série sévissent sur les écrans dans d’innombrables productions à petit budget essayant, vaille que vaille, de reproduire le succès d’Halloween ou Vendredi 13. Le slasher forestier s’impose ainsi comme économique et souvent rentable, rassembler une poignée d’individus dans un camping isolé et les massacrer durant une heure et trente minutes coutant peu d’argent et pouvant, par contre, en rapporter beaucoup. Madman, à l’instar de Carnages ou Le tueur de la forêt, constitue donc un petit métrage fauché largement tributaire du schéma narratif établi par Vendredi 13…et plus encore de Vendredi 13 chapitre 2 - Le tueur du vendredi réalisé par Steve Miner.

Tout débute par une chanson au coin du feu, suivi de la récitation, par le « vieux qui sait tout » d’une légende, non pas urbaine mais bien rurale, offerte aux oreilles d’une bande de joyeux campeurs. Le récit traite d’un certain Marz, un fermier assassin ayant jadis massacré toute sa famille à coup de hache. Evidemment, Marz ne fut jamais retrouvé et on murmure qu’il hante à présent la forêt, prêt à fondre sur toute personne osant prononcer son nom à voix haute. Bien sûr, un gamin prénommé Richie ne peut s’empêcher de hurler « nous sommes là Marz, vient nous chercher » et comme le cinglé entend cet appel, il commence à exterminer les campeurs un par un.

En dépit de sa linéarité préjudiciable, Madman s’avère un slasher dans la bonne moyenne, sauvé de la routine par quelques éléments intéressants. Tout d’abord, le tueur est présenté comme une sorte de monstre spectral hantant la forêt et venant massacrer ceux qui osent prononcer son patronyme, anticipant ainsi sur la mythologie établie une dizaine d’années plus tard par Candyman. L’introduction, au coin d’un feu de camp, se révèle également sympathique et pose le maniaque comme un être surnaturel dont les exploits sont devenus pratiquement légendaires. Madman convie ainsi le « film de monstre » à l’ancienne dans l’environnement moderne du slasher et se pare d’une certaine nostalgie bienvenue. La mise en scène, pour sa part, se montre plus inspirée que de coutume, le cinéaste Joe Giannone (décédé d’une crise cardiaque en 2006 et dont Madman constitue l’unique réalisation) montrant un certain savoir faire, bien servi par une photographie classieuse dont les teintes, joliment bleutées, laissent admirablement ressortir les ténèbres environnantes. Les séquences au cours desquelles la silhouette menaçante de « Marz le maniaque » avance vers la caméra, armé de sa hache, se révèlent même étonnamment réussies et efficaces. Joe Giannone compose également quelques passages intéressants en plaçant le tueur à l’arrière plan tandis que sa future victime se cache à l’avant plan, créant un jeu du chat et la souris qui développe un sentiment d’angoisse et de suspense paradoxalement peu présent dans le slasher.

La musique, minimaliste, se compose essentiellement de quelques notes électroniques agrémentées d’un « tchi tchi tcha » ponctuant régulièrement l’action et dont l’inspiration évidente vient, une fois de plus, de Vendredi 13.

De son côté, le tueur, Marz, s’avère joliment caractérisé dans sa simplicité et suscite quelques frissons par son corps massif, sa longue tignasse de cheveux grisonnants et ses nombreuses cicatrices. Une addition intéressante à l’interminable liste des psychokillers du début des années ’80, d’autant que le meurtrier à même droit à une irrésistible chanson folk, « The Ballad of Madman Marz », dédiée à sa gloire, durant le générique de fin.

Au rayon des meurtres sanglants, Madman ne démérite pas et propose une série de mutilations qui ne lésinent pas sur le gore. Le cinéaste privilégie les décapitations graphiques à coup de hache et les maquillages, adroitement confectionnés, contribuent à la réussite d’un titre s’inscrivant parmi les plus sanglants de son époque au rayon des slashers.

Dommage que, comme souvent, la mise en place soit longuette et laborieuse, le film ne décollant réellement qu’au bout de trois quart d’heure de projection. Toutefois, par la suite, Madman maintient un rythme enlevé et parvient à ne jamais ennuyer malgré l’abondance de clichés, en particuliers l’inévitable visite de l’héroïne dans l’antre du monstre, encombré de cadavres mutilés devenus de sinistres trophées de chasse. Quelques scènes à l’humour volontaire (une victime se cache stupidement dans un réfrigérateur, le tueur extirpe une hache – substitut à Excalibur - supposée impossible à ôter d’une souche d’arbre) aident également le spectateur à digérer la banalité du script et donnent au métrage un ton léger et plaisant contrastant avec le déferlement sanglant des crimes commis par le sadique.

Sans surprise ni originalité, à l’exception d’un final rarement osé dans le genre, Madman ne prétend pas être un véritable classique mais reste un divertissement agréable, ce qui constitue déjà un exploit pour ce style de productions. Les amateurs de slashers à l’ancienne n’ont, par conséquent, aucune raison de se priver de ce métrage sympathique s’étant paré, au fil du temps, d’une petite réputation culte au point d’inspirer, très certainement, les créateurs de Hatchet trente ans plus tard.


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