Critique de film

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Mad Detective

"Sun Taam"
affiche du film

Une arme à feu, appartenant à un policier, est liée à une série de cambriolages et de meurtres. Son propriétaire, Wong, a récemment disparu alors quâ

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Trailer - Mad Detective (2007)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Mad Detective - It’s a mad mad world
Par : Seb Lecocq

Dès le début du film, on sent que cette fois, ce sera différent de la production récente de Johnnie To. On est déstabilisé par l’atmosphère étrange qui émane des premiers plans tout en sentant la touche du réalisateur. Une sensation bizarre, comme si quelqu’un s’était insinué dans l’esprit de Johnnie To pour tourner ces scènes et tenter de tromper le spectateur sur l’identité réelle du metteur en scène. Des néons blafards, un grésillement désagréable hante la bande sonore, un jeu d’ombres vient apporter une impression de lourdeur supplémentaire. Une valise, une oreille coupée et soudainement un homme entre dans une transe folle et la violence survient. Sèche et brutale. Ces éléments disparates forment le corps de la scène d’introduction dont il ne faut rien dévoiler afin de laisser au spectateur le plaisir de pénétrer dans cet univers sombre et désenchanté. Plus de doute on est bien chez Johnnie To mais un To qui a su évoluer, car il faut bien avouer qu’avec Exiled, il avait le tour de la question et su magnifiquement synthétiser le style qui était le sien depuis ces dix dernières années. Maintenant place à l’évolution.

La trame du film reste somme toute classique, on nage dans les eaux du polar basique. Un jeune flic patauge sur une enquête et va voir son mentor mis à la retraite afin de trouver des réponses à ses questions. Ce dernier se fait prier mais finira par accepter. Bref un schéma bien connu des amateurs du genre. Mais le duo de réalisateurs se joue de ce postulat de départ pour le pervertir et bousculer les certitudes du spectateur en incorporant à sa recette une bonne louchée de fantastique comme avait su si bien le faire Ringo Lam avec The Victim. Les deux films partagent d’ailleurs pas mal de similitudes au niveau de l’atmosphère, de la mise en scène et puis surtout ils se permettent de se reposer sur Lau Ching Wan, un des plus talentueux acteurs de l’ex colonie qui une fois de plus livre une prestation magistrale aux confins de la folie furieuse et campe un personnage coincé entre deux mondes : celui des morts et celui des vivants.

Une fois ce personnage, qui donnera le titre sans équivoque au film, introduit, le polar laisse de plus en plus de place au drame et au thriller psychologique. Un genre nouveau pour les deux compères mais, qu’à cela ne tienne, on retrouve toujours certains tics de la mise en scène propre au cinéma de To : musique décalée, déclinée cette fois sous la forme d’un sifflement, et réalité filmée au travers de caméras de surveillance, webcams et autres téléphone portable. Mais cette fois, plus qu’une lubie artistique, cette manière de filmer la réalité vue au travers du prisme de la technologie permet à To de confronter son héros, possédant la capacité de voir « l’intérieur des gens » à sa propre folie. La technologie ne ment pas et ce quelle montre est forcément la réalité et tant pis si le Mad Detective prétend voir autre chose que ce qui est vraiment. Cette dualité imprègne tout le film. Lau Ching Wang est-il vraiment fou, comme le laisse supposer le titre du film, ou alors possède-t-il vraiment le don de voir les différentes personnalité des gens ? To et Wai Ka-Fai ne donnent jamais de réponse claire et multiplient les fausses pistes : c’est au spectateur de faire cette recherche pour lui-même et de trouver ses propres réponses. Il est préférable, je le répète, d’en dévoiler le moins possible sur l’intrigue afin de laisser à chacun la possibilité de se faire sa propre idée sur la question.

C’est un véritable jeu de piste mental que ce film. Un jeu de piste parsemé de pièges, de voies sans issues et de chausse-trappes en tous genres concoctés par les scénaristes Wai Ka Fai et Au Kin-Yee. C’est d’ailleurs le petit point faible du film : par moments, l’histoire s’enlise dans ses propres méandres et le scénario donne l’impression de flotter entre deux eaux. Un peu de rigueur scénaristique n’aurait pas fait de mal mais bon ça fait partie du style Wai Ka Fai aussi.

To de son coté, nous sort une mise en scène très pure, qui, à elle seule, parvient à éclairer certaines zones d’ombres de l’intrigue. Le film, même s’il est avant tout basé sur un combat psychologique et mental, nous gratifie malgré tout de quelques belles scènes d’action, un gunfight final notamment qui n’est pas sans rappeler celui d’A Hero Never Dies du même To. Cette scène qui clôt le film est à l’image de l’état du spectateur qui, comme Lau Ching Wan le fait dans le film, tente de rassembler toutes les pièces du puzzle pour enfin tenter d’y voir plus clair, ce qui n’est pas chose aisée car même dans un seul et même plan une certitude se trouve balayée par un infime détail venant tout remettre en question.

Du très beau travail d’orfèvre en somme. Un des personnages, à un moment clé du film, dit ceci : « Cette affaire rend tout le monde fou », quelle belle et juste manière de résumer en une seule phrase ce Mad Detective.

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