Critique de film

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Machine Gun Preacher

"Machine Gun Preacher"
affiche du film

L'histoire vraie de Sam Childers, un ancien motard dealer de drogues, touché par la grâce qui décide d'aller au Soudan prêcher la bonne parole et protéger les enfants.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Machine Gun Preacher – Monseigneur Rambo chez les Zoulous
Par : Wizzdumb

Entré dans la cour des grands cinéastes en 2001 avec le fabuleux Monster’s Ball, Marc Forster a très vite montré une très grande aisance dans tous les genres qu’il a abordé : du poétique Finding Neverland au surréaliste Stranger than Fiction en passant par le cérébral Stay, Forster s’en est toujours sorti avec les honneurs. Mais l’état de grâce ne dure malheureusement qu’un temps et, entre un Quantum of Solace bâclé et le tournage cauchemardesque de World War Z (dont la sortie a été postposée à juin 2013), le réalisateur d’origine allemande s’est frotté au biopic de Sam Childers, ex-criminel devenu mercenaire humaniste au Soudan… grâce à Dieu.

Empêtré dans un scénario qui fleure bon la rédemption grassement tartinée au Nutella chrétien, Forster se fourvoie d’entrée de jeu avec un personnage principal atrocement manichéen : caricature grossière du biker-ex-taulard-qui-boit-qui-fume-qui-se-drogue-et-qui-dit-des-vilains-mots-en-se-grattant-les-couilles-parce-que-c’est-un-pécheur, Gerard Butler en fait des tonnes dans une première partie, que l’on pourrait résumer en « Mon Dieu ! Satan l’habite ! » pour les ouailles cinéphiles.
Et puis, d’un claquement de doigts divin, voilà que notre salopard en goguette traverse le moule chrétien pour revêtir les oripeaux d’une autre caricature, digne des pires grenouilles de bénitier. Aussi crédible que Michel Blanc dans un remake de Kickboxer, cette épiphanie bancale s’englue aussitôt dans un fourbi de bons sentiments aussi irritants que redondants (c’est l’un des seuls films, à mon humble connaissance, qui réussit à citer Dieu plus de fois que dans une saison entière de Sept à la maison). À l’instar des Alcooliques Anonymes, le salut par la foi comporte plusieurs étapes, et Childers va donc aider son prochain après avoir trouvé sa voie lors d’un voyage humanitaire en Afrique.

Horrifié par les atrocités d’une guerre civile qui ravage le Soudan, notre biker repenti décide d’y construire une église (sans blague !) et un orphelinat, malgré la présence de rebelles dénués d’esprit chrétien (normal, ce sont des musulmans). Se rendant très vite compte que brandir la Bible devant l’ennemi s’avère aussi efficace qu’un coup de Febreze dans une feuillée de boyscouts, Childers va employer des moyens plus musclés, troquant ses psaumes et son hostie contre une kalachnikov et un bazooka. Au fur et à mesure de sa lutte, Childers va radicaliser ses propos, utilisant les évangiles comme caution spirituelle fumeuse à ses actes répréhensibles.

Dieu est Amour ? Ouais, à condition de ne pas trop le chercher. Aime ton prochain ? À condition qu’il soit chrétien. Ne tue pas ton prochain ? Le prochain étant chrétien, le syllogisme se tient parfaitement. Et à aucun moment, le film ne se dissocie de ce discours intégriste (on pose des bombes pour moins que ça !) : au lieu de s’intéresser à la faillite du discours religieux face à des actes barbares et, par extension, au dilemme moral typiquement pascalien (qui fait l’ange fait la bête) de Childers, Machine Gun Preacher alimente un amalgame qui fait le lit des fanatiques, et cette rhétorique abjecte est d’autant plus flagrante après toute la propagande messianique qu’on se coltine dans la première partie.

Pétri de prosélytisme niaiseux, Machine Gun Preacher oscille entre le portrait d’un zélote réactionnaire ou un long clip de propagande pour la droite évangéliste. Centré sur l’image de barbouze christique incarnée par Gerard Butler, le film ne s’intéresse pas vraiment au conflit soudanais, réduit à un faire-valoir pour chatouiller la culpabilité chrétienne des pauvres pécheurs que nous sommes. Au final, on se dit que le slogan « faites l’amour et pas la guerre » sied mieux au teint des hippies qu’à un dieu galvaudé qui veille sur des charniers séculaires.


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