MILLENIUM (Tome 3) de Stieg Larsson

23 décembre 2011 | Par : Damien Taymans | Des livres

Titre La reine dans le palais des courants d’air

Titre original Luftslottett som sprängdes

Auteur Stieg Larsson

Année 2007

Genre Suspense

Editeur Actes Sud

Année d’édition 2007

Note 7/10

Résumé

Le lecteur du deuxième tome l’espérait, son rêve est exaucé : au début du troisième, Lisbeth n’est pas morte. Ce n’est cependant pas une raison pour crier victoire. Soyons réalistes : très mal en point, Lisbeth va rester coincée des semaines dans une chambre d’hôpital, dans l’incapacité physique de bouger et d’agir. Coincée, elle l’est d’autant plus que pèsent sur elles diverses accusations qui la font isoler par la police. Un ennui de taille : Zalachenko, c’est-à-dire son père qui la hait et qu’elle a frappé à coups de hache, se trouve dans le même hôpital, un peu en meilleur état qu’elle... Et, soyons réalistes encore : il n’y a aucune raison pour que les activités souterraines de quelques renégats de la Sûreté ne continuent pas et que, pour rester cachés, ces gens de l’ombre n’aient pas intérêt à éliminer ceux qui les gênent ou qui en savent trop. Côté forces du bien, on peut compter sur Mikael Blomkvist, qui d’une part aime beaucoup Lisbeth mais ne peut pas la rencontrer, et d’autre part commence à concocter un sacré scoop sur les secrets d’Etat qui pourrait par la même occasion blanchir à jamais Lisbeth et l’autoriser à vivre en paix avec elle-même. Mikael peut certainement compter sur l’aide d’Armanskij, reste à savoir s’il peut encore faire confiance à Erika Berger, passée maintenant rédac chef chez la grosse concurrence...

Alors que le deuxième roman (La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette) se voulait indépendant du premier, La reine dans le palais des courants d’air (Larsson semble apprécier les titres à rallonge) reprend l’histoire à l’endroit exact où elle s’était arrêtée dans le précédent volet. Lisbeth Salander, en pleine agonie, est conduite en urgence à l’hôpital en même temps que son père, Alexander Zalachenko, celui-là même qui l’avait préalablement enterrée vivante. Les forces en présence ne changent pas d’un iota (Blomkvist, Salander, Armanskij, Bublanski et les autres se partagent l’affiche), la dynamique narrative reste constante (Larsson balade le lecteur, au gré de son écriture tortueuse et syncopée, de personnage en personnage, de situation en situation) et l’intrigue se développe en une multitude de sous-intrigues qui convergent toutes vers le même fil rouge.

Embarquement pour une nouvelle conspiration à l’échelle nationale qui entraîne son lot de machinations érigées par la Section, micro-société parallèle au sein de la Säpo qui tente de cacher au public d’indicibles complots dont Salander fut l’une des principales victimes et Zalachenko l’un des principaux instigateurs. Livre-somme, ce troisième volume de la saga Millenium recycle l’une après l’autre toutes les sous-intrigues qui étaient apparues dans les deux premiers tomes : le viol de maître Bjurman, les meurtres de Dag et Mia, l’affaire Wenneström, la fuite de Niederman auxquelles viennent s’en ajouter de nouvelles, comme l’affaire des cuvettes de WC. Comme si, persuadé de l’impossibilité physique de mener la franchise à sa conclusion, l’auteur avait décidé de fermer la boucle une fois pour toutes. Du coup, l’histoire s’épaissit considérablement et entraine le lecteur dans un dédale un brin confus dont il éprouve bien des difficultés à se dépêtrer.

Pour alléger ce bourbier et aider le lecteur à démêler ce réseau alambiqué, Larsson cisèle avec soin son récit. Fidèle à son habitude, le romancier détaille chaque élément avec la minutie d’un documentaliste afin d’éviter l’embourbement du non-initié. A l’instar de Super Blomkvist et de Salander, hacker professionnelle, Larsson mène une investigation parfaite aux rouages impeccablement huilés qui ne souffre que de la complexité qu’elle atteint à force d’être précisée au maximum. D’autant plus parfaite que l’auteur persévère dans sa quête de réalisme, quitte à ralentir son récit : les héros n’ont rien des officiers super-héroïques du roman policier traditionnel et, après avoir été criblés de balles, meurent ou restent alités durant des mois, claudiquent durant leur revalidation et sont bien incapables de réaliser des prouesses physiques. Cet ultra-réalisme, qui ne saurait forcément pas se défaire complètement des exagérations, constitue l’arme la plus redoutable d’un génie littéraire trop tôt disparu.

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