Critique de film

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Love

"Love"
affiche du film

Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d'Electra lui demande, très inquiète, s'il n'a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu'il lui soit arrivé un accident grave. Au cours d'une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d'amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d'excès et d'erreurs...

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Trailer - Love (2015)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Love - La débandade
Par : Seb Lecocq

Gaspar Noé l’a toujours dit et le répète même par le biais de son personnage principal dans Love : « Un film doit être fait de sang, de sperme et de larmes ». Il a toujours clamé son envie de réaliser un film pornographique ou du moins, avec des scènes de sexe non simulées. L’amour et le sexe, sous toutes ses formes, sont une des composantes essentielles du cinéma de l’argentin qui les a régulièrement mis en scène. Que ce soit les viols dans Carne et Irréversible, les fantasmes du boucher envers sa fille dans Seul contre tous, les love hôtels et le sexe en vision subjective dans Enter the void ou encore l’orgie bestiale dans le court-métrage Sodomites. Avec Love, il s’est mis en tête de réaliser son premier grand film d’Amour, même si Seul contre tous en était déjà un. Car oui, il y a beaucoup plus d’amour dans Seul contre tous que dans son dernier film qu’il aurait été plus judicieux d’appeler « Sexe » ou « Bite ».

Love est 100% un film de Gaspar Noé sur le fond comme sur la forme. Il est d’ailleurs bourré jusqu’à la nausée d’autocitations, Noé lui-même y incarnant par exemple le personnage de…Noé (ce qui donne lieu à une scène au comique pour le moins involontaire) ; Murphy, le personnage principal, s’habille comme le réalisateur ; son fils se prénomme Gaspar, etc. etc. Formellement, le metteur en scène, après les expérimentations visuelles d’Enter the void, revient à un style plus proche de celui de Seul contre tous, composé de cadres implacables, de nombreux fondus au noir, d’inscriptions sur l’écran et d’un montage sec et aussi brutal qu’une gifle. L’image, signée Benoit Debie (qui apparait aussi brièvement à l’écran), se veut plus naturelle, presque naturaliste, renouant avec les tons de Seul contre tous lors de certaines séquences et avec la chaleur de l’image d’Irréversible lors d’autres. Rien qu’en observant les images, on voit que Noé veut faire de Love son film-somme. Et sur la forme, il y parvient. On reconnait son style en quelques secondes, la mise en scène est incroyable de maitrise et il est parvenu à synthétiser en un seul film toutes ses influences visuelles qui sont, par ailleurs, ostensiblement placardées sur les murs de la chambre de Murphy : Pasolini, Kubrick, Warhol,… Noé est un bon metteur en scène, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais cela fait-il de lui un grand cinéaste ? Cela fait-il de Love un grand film ? Là, les réponses sont beaucoup plus nuancées.

Gaspar Noé nous livre ici Sa vision de l’Amour. Un amour fort triste, se résumant au sexe, à la drogue et au sexe, encore et toujours. C’est simple, le couple imbuvable formé par Electra et Murphy passent leur vie à baiser. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, l’amour selon Noé est purement physique, sexuel, pulsionnel, presque animal. On ne voit pratiquement jamais les deux amoureux discuter ou passer du temps ensemble. Une vision très réductrice de la relation amoureuse. Une relation destructrice basée sur le mensonge, le dépassement de limites et la provocation. La déconstruction du récit ordonnée par Noé lui permet de brouiller les pistes et de donner artificiellement une fin tragique à son histoire sous forme de descente aux enfers qui se termine dans le comique involontaire. La scène de la partouze, par exemple, tombe comme un cheveu dans la soupe. Pourtant, les scènes de sexe constituent le point fort du film, superbement mises en scène et éclairées, elles évitent de tomber dans l’écueil du voyeurisme et de la pornographie gratuite. La scène d’ouverture du film est un bon aperçu du savoir-faire de Noé en la matière tandis que la scène à trois constitue le point d’orgue du film, une des plus belles scènes d’amour que l’on ait pu voir sur un écran de cinéma. Le problème vient de la multiplication jusqu’à l’écœurement de ces scènes. Trop c’est trop, et le réalisateur comble les énormes trous de son histoire avec du sexe et encore du sexe, de plus en plus triste, de plus en plus glauque, si bien qu’au bout du compte les seuls soupirs poussés par les spectateurs sont des soupirs d’ennui et d’exaspération. En dehors des scènes de nu, le franco-argentin n’a rien à raconter. Une coquille vide portée par des personnages hyper caricaturaux incarnés par des acteurs de troisième zone. S’ils mouillent le maillot (et d’autres choses) lors des scènes de nu, dès qu’il s’agit de jouer la comédie, c’est bien moins convaincant. D’abord ils souffrent d’un évident manque de charisme, ensuite, soit ils sonnent faux, soit ils sont dans l’excès, le surjeu constant. A leur décharge, il n’est pas simple de déclamer des dialogues d’une telle inanité. Finalement, si on caricature un peu, Love n’est pas loin de souffrir des même défauts récurrents d’un film porno joliment filmé.

Love donne l’impression que Noé s’est mis en tête de shooter des scènes de sexe non simulées mais que pour faire passer ça auprès du public et des financiers, il a enrobé le tout d’une vague trame tournant autour de l’amour et de la drogue…et d’une bande son arty envahissante. Inintéressant, vide, faux, insupportable, bourré d’autocitations et de réflexions adolescentes sur le monde, Love ne fait donc pas vraiment bander le spectateur qui se retrouve dans la position de celui qui entend constamment ses voisins s’ébattre amoureusement. Excitant dix minutes, mais à la longue, c’est insupportable. Pour couronner le tout, on trouve beaucoup plus d’amour dans Seul contre tous que dans ce Love qui en prend de sérieux airs. Et ce n’est pas une éjac’ en 3D qui nous fera dire le contraire.


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