Critique de film

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Loup-garou (Le)

"The Wolf Man"
affiche du film

De retour dans son pays, un jeune lord, fils d'un châtelain anglais est mordu par un loup de pierre et dès lors, se transforme lui-même en monstre à la pleine lune.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le loup-garou - A poil !
Par : Damien Taymans
Tags : Loups-garous

Larry Talbot, deuxième fils de Sir John Talbot, revient dans le domaine familial, entendant devenir l’héritier de son père. Larry, parti seul faire sa vie dès l’âge de 17 ans, entame cette reconversion depuis l’annonce de la mort de son frère aîné suite à un accident qui le place désormais comme seul héritier de la fortune paternelle. Un soir, alors qu’il tente d’aider une jeune femme qui se voit attaquée par un loup, Larry se fait mordre par la sale bête en question. Peu après, il se rend compte qu’il se transforme peu à peu en loup-garou…

En l’an de grâce 1941, Universal cherche un nouveau souffle, précisément dans le domaine des films horrifiques, domaine dans lequel la production a fait quelques miracles dans la décennie précédente en recourant principalement aux personnages monstrueux de Dracula, interprété par Bela Lugosi et de Frankenstein, incarné par Boris Karloff. Mais l’aura de Lugosi a considérablement fléchi avec le temps au point que ses mimiques sourcilleuses improbables ne deviennent plus rentables et, de son côté, Karloff se sent trop vieux pour continuer à se glisser ad vitam eternam dans la peau du monstre légendaire. Le dévolu se porte donc sur Lon Chaney Jr., fils de son illustre père surnommé « l’homme aux mille visages », qui vient de signer Man-Made Monster pour la firme, pour incarner le personnage de Larry Talbot, figure récurrente des studios puisqu’il sera à nouveau convoqué pour Frankenstein Meets The Wolf Man (1943), House of Frankenstein (1944), House of Dracula (1945) et, enfin, Abbott et Costello rencontrent Frankenstein (1948).

Parade monstrueuse aux allures de série B (la superposition obligatoire des images pour simuler la pilosité évolutive) qui s’avère pourtant être une véritable perle du cinéma horrifique en dépit de son budget rachitique. D’autant que le casting brille de mille éclats puisque, outre l’illustre rejeton, le métrage incorpore pour l’aventure les quasi-oscarisés Claude Rains (Casablanca) et Ralph Bellamy (The Awful Truth) et, l’un des magnats de l’horreur cité plus haut, l’inénarrable Bela Lugosi. Le loup-garou, figure mythique des contes horrifiques, se fait ici le reflet de sa propre légende tout en s’immisçant dans celle de Docteur Jekyll et Mr. Hyde en faisant de Larry un personnage duel, oscillant constamment entre le bien et le mal, hésitant entre amour et ressentiment. Un être torturé, écartelé entre ses sentiments humains raisonnables et ses instincts animaux impulsifs, qui préfère lutter contre ses pulsions, quitte à se faire aider par la médecine (les explications psychanalytiques sont nombreuses au sein du scénar’, reflet de l’importance que revêt une science pas si nouvelle que ça) pour échapper à cette malédiction psychosomatique (stade de l’incompréhension) ou à fuir voire se détruire (prise de conscience de la réalité physique). Une métamorphose d’homme en bête que le scénariste Curt Siodmack n’a pas manqué de rattacher en sourdine à l’Allemagne nazie déjà en marche pour étendre sa domination sur l’Europe entière en accolant au mythe lycanthropique des caractéristiques imaginaires (le pentagramme, évocation de la croix gammée nazie ?).

Sublimée par un sublime noir et blanc, magnifiée par des maquillages splendides réalisés par Jack Pierce qui s’essaya déjà sur Lon Chaney dans son précédent métrage horrifique, l’histoire du métrage, pour conventionnelle qu’elle soit, se démarque de ses prédécesseurs en s’inscrivant dans la tradition horrifique la plus pure, lorgnant même du côté de la triste actualité contemporaine pour mettre en garde le peuple des loups qui pourraient entrer dans Paris, pour reprendre une métaphore quasi similaire de Jean Ferrat.

Critique de Le Loup-Garou - Oeuvre fondatrice
Par : Quentin Meignant

Après les énormes succès des franchises Dracula et Frankenstein, Universal Pictures entre de plein pied dans les 40’s comme étant la firme phare du cinéma d’horreur. Néanmoins, l’aura des deux comédiens incarnant les deux plus célèbres monstres de la firme, Bela Lugosi pour le célèbre vampire et Boris Karloff pour la légendaire créature créée par Mary Shelley, baissant, il fallut trouver un nouveau mythe, chose à laquelle s’employèrent Curt Siodmak et George Waggner en 1941. Leur travail déboucha sur The Wolf Man, alias Le Loup-Garou, bande particulièrement cotée auprès des fantasticophiles aguerris. Le métrage met en scène le jeune Larry Talbot, deuxième fils de Sir John Talbot, qui revient dans le domaine familial, entendant devenir l’héritier de son père. Larry, parti seul faire sa vie dès l’âge de 17 ans, entame cette reconversion depuis l’annonce de la mort de son frère aîné suite à un accident qui le place désormais comme seul héritier de la fortune paternelle. Un soir, alors qu’il tente d’aider une jeune femme qui se voit attaquée par un loup, Larry se fait mordre par la sale bête en question. Peu après, il se rend compte qu’il se transforme peu à peu en loup-garou…

Doté d’un maigre budget de 180.000 dollars, Le Loup-Garou est la preuve qu’Universal Pictures mise peu sur son rayon fantastique et horrifique dans une décennie faisant la part belle à d’autres genres. Néanmoins, George Waggner s’emploie à mettre en scène de manière plutôt originale le nouveau mythe des studios. Procédant de manière économe aux effets spéciaux en pratiquant la superposition artisanale lors des séquences de transformation de Larry Talbot, le cinéaste donne lieu à une espèce de série B qui, pourtant, laisse entrevoir une énorme qualité scénique.

Si les décors restent particulièrement marqués par le manque de moyens, ceux-ci rendent au mieux l’ambiance crépusculaire désirée dans le script de Curt Siodmak, et donnent même naissance à quelques séquences d’anthologie. Parmi celles-ci, la scène finale, particulièrement haletante et indécise, fait partie des hauts faits d’arme du patrimoine fantastique de l’Histoire du cinéma. Le Loup-Garou, tant dans le développement de son intrigue que dans sa mise en scène, fait d’ailleurs partie des réussite majeures des studios Universal, donnant d’ailleurs naissance à une nouvelle star du genre, Lon Chaney Jr., fils d’un comédien qui fit déjà les beaux jours du cinéma fantastique en son temps.

Véritable réussite formelle, Le Loup-Garou demeurera à jamais l’un des grands classiques d’un cinéma d’épouvante qui ne cessa par la suite de se développer. Si le reste de la franchise mettant en scène la bête à poils ne fut pas vraiment heureuse (loin s’en faut), force est de constater que Siodmak et Waggner créèrent un mythe fantastique qui, aujourd’hui encore, se transmet par le biais de nombre de production. Le cinéma de genre doit en tout cas énormément à cette œuvre fondatrice, source d’inspiration inépuisable pour les cinéastes du monde entier.

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