Critique de film

Evolution

"Evolution"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Etrange
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : France/Espagne/Belgique
  • Durée : 1h21
  • Musique : Zacarias M. de la Riva, Jesus Diaz
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Nicolas, onze ans, vit avec sa mère dans un village isolé au bord de l’océan, peuplé uniquement de femmes et de garçons de son âge. Dans un hôpital qui surplombe la mer, tous les enfants reçoivent un mystérieux traitement. Nicolas est le seul à se questionner. Il a l’impression que sa mère lui ment et il voudrait savoir ce qu’elle fait la nuit sur la plage avec les autres femmes. Au cours des étranges et inquiétantes découvertes qu’il fera, Nicolas trouvera une alliée inattendue en la personne d’une jeune infirmière de l’hôpital…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Evolution - Etoiles de mères
Par : Samuel Tubez


Longtemps associée à son compagnon Gaspard Noé, Lucile Hadzihalilovic prenait en 2005 son envol en tant que réalisatrice avec l’étrange et très séduisant Innocence qui mettait en scène Marion Cotillard dans la peau d’une prof au sein d’une école isolée du monde. Plus de dix ans après, elle revient avec une nouvelle bizarrerie 100 % immersive auréolée du Prix de la Critique et du Jury au Festival de Gerardmer.

Nicolas (le jeune comédien belge Max Brebant), vit dans une communauté insulaire exclusivement peuplée de jeunes garçons et de femmes. D’étranges traitements sont administrés à ces gamins, ce qui interpelle Nicolas qui commence à s’interroger sur le silence de sa mère et les évènements l’entourant. Auprès d’une jeune infirmière qui s’avérera être sa seule alliée, il ira de découvertes étranges en révélations obscures, le poussant ainsi vers la fuite…

Dialogues réduits au strict minimum, cadres très travaillés, atmosphère anxiogène contrastant avec des lumières sublimes (signées par notre compatriote Manu Dacosse),… dès les premières images tout est fait pour nous immerger dans un univers mystérieux, en marge de toute civilisation moderne. La réalisatrice donne très peu de clefs de compréhension pour la lecture de son récit, laissant ainsi totalement libre l’imagination du spectateur. Au programme : de repoussantes opérations chirurgicales à base d’embryons, de troublants sabbats orgiaques au clair de lune ou encore des sirènes malfaisantes toutes droit sorties d’un récit d’H.P. Lovecraft. Rien n’est clairement dit et l’on devine toutes ces étrangetés dans cet ovni incroyablement ensorcelant que l’on rapprocherait tout de même aux débuts d’un Lynch ou d’un Cronenberg.

Lucile Hadzihalilovic nous plonge dans une fable organique sur la puberté masculine, Evolution répondant ainsi parfaitement à l’apprentissage des jeunes filles d’Innocence. Innocence, Evolution mais aussi le court Nectar (entre autres, voir l’article Les courts de Lucile Hadzihalilovic), on vous conseille vivement de découvrir, si ce n’est déjà fait, la courte mais passionnante filmographie de cette artiste singulière toujours prête à déstabiliser le spectateur pour son plus grand bien.


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