Critique de film

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Lèvres rouges (Les)

"Les Lèvres rouges"
affiche du film

La comtesse Bathory et sa suivante Ilona prennent une chambre dans un hôtel à Ostende. La comtesse séduit un jeune couple composé d'un Anglais, Stefan, et d'une Suédoise, Valerie. Au même moment, des jeunes filles de la ville sont victimes de crimes sanglants.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Les lèvres rouges - Bloodflowers
Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)
Tags : Vampires

Un couple, fraîchement marié (depuis trois jours !), se rend en lune de miel dans un hôtel luxueux d’Ostende, à une période peu courue par les vacanciers, où la nature reprend ses droits, balayant le littoral d’un vent coupant et d’averses pour le coup typiquement belges… Ils ne resteront pas longtemps seuls dans l’imposante résidence, se voyant bien vite rejoints par la mystérieuse Comtesse Bathory (accompagnée de son assistante Ilona), que le concierge de l’hôtel semble reconnaître, bien qu’elle arbore toujours cette apparente jeunesse… alors que le premier contact de l’hôtelier avec elle remonte à l’époque où il n’était que jeune groom… La Comtesse ne tarde pas à révéler son attrait pour le jeune couple, qu’elle juge si « parfaits », exerçant une curieuse emprise sur les tourtereaux, qu’elle enserre de son étreinte vénéneuse… Mais quel dessein projette-t-elle d’accomplir ? Et d’où lui vient ce charme « hypnotique », auquel il s’avère si ardu de résister ?

D’un aspect charnel assumé, Les lèvres rouges du belge Harry Kümel (Malpertuis) est un fabuleux écrin au glamour de Delphine Seyrig (L’année dernière à Marienbad de Resnais, Le charme discret de la bourgeoisie de Buñuel), incarnant une Comtesse Bathory d’anthologie, à la silhouette longiligne d’héroïne hitchcockienne, au port altier et à la démarche racée (renvoyant aussi l’espace d’une séquence aux Vampires de Louis Feuillade et à cette “allure” caractéristique du personnage d’Irma Vep). Elle est accompagnée par John Karlen (La fiancée du vampire de Dan Curtis, la série Dark Shadows), habitué de la petite lucarne, et Danielle Ouimet (Tendre et sensuelle Valérie, Le diable est parmi nous), qui figurent un couple rapidement en proie à de multiples tourments… Une distribution complétée par la sublime Andrea Rau (l’érotique Les petites chattes se mettent au vert, Trois filles nues dans l’île de Robinson de Jesus Franco, ainsi qu’une bonne poignée de séries allemandes), qui investit le rôle d’Ilona de son visage poupin, ses grands yeux bleus et sa moue boudeuse… Personnage qui sera d’ailleurs à la source de LA rupture narrative du film, précipitant le destin funeste de personnages prisonniers d’une implacable machination… Entre-temps, Andrea Rau aura dévoilé au public ses formes parfaites et empreint ces Lèvres rouges d’une mélancolie persistante…

Le film s’avère profondément fétichiste : fétichisme des tenues (à ce niveau, c’en est presque un véritable défilé de mode 70’s), du corps (essentiellement féminin), alangui et en mouvement (les étoffes soulignant l’allure générale de ces « sylphides » maléfiques), filmé à même la peau, dont la caméra épouse le moindre frémissement, et du rapport de soumission (dominant/dominé), trouvant une expression parfaite dans le relation trouble de Stefan (campé par John Karlen) envers les femmes… Une certaine délectation dans le sadisme, que l’on imagine fruit d’une éducation « particulière » (ce personnage de bourgeois décadent et maniéré, père indigne de Stefan)… Un « tronc artistique et thématique » idéalement servi par le paysage de la Mer du Nord, dont les remous relayent métaphoriquement la psyché troublée de protagonistes guidés par leurs perversions… Sans compter ce doux parfum de saphisme, qui imprègne presque chaque image du film…

Formellement, ces Lèvres rouges sont moins classiques que ce qu’elles ne laissent paraître et se permettent nombre de changement de régimes (le ton posé - voire « lissé » - du film laisse la place, l’espace de la séquence de découverte du corps d’une victime à Bruges, à des plans plus concis, moins « propres », assortis d’un montage plus « saccadé »), voisinant avec de (légères) « exubérances », appuyées par la BO du grand François de Roubaix (Le samuraï de Melville, Le vieux fusil de Robert Enrico). Des « fondus au rouge » apportent une certaine sophistication, ponctuant le récit, tandis que le directeur photo Eduard van der Enden (Trafic de Jacques Tati, Butterfly, avec Orson Welles) n’hésite pas à fréquemment adopter un effet style « Pro-Mist » (aujourd’hui l’apanage de la pub et des séries « roses » produites à la chaîne, ainsi que partie intégrante du style du photographe David Hamilton, couplé au fameux « flou hamiltonien »), qui fait « éclater » les flammes des bougies et étinceler la robe de soirée aux sequins argentés de la Comtesse…

Les lèvres rouges est un voyage somptueux à travers le désir mortifère et les apparences, guidé par la magnifique Delphine Seyrig. Laissez-vous emporter…


Commentaires sur le film

Les Vampires en Flandres

3 etoiles

Une oeuvre lente et lancinante, un scénario intéressant même si certaines scènes ne sont pas bien traitées. Atmosphère étrange et désertique (les décors et paysages ostendais vide et gris sont vraiment très beaux). Ce film est assez bien réalisé de joli mouvements de caméra et des plans recherchés. Je trouve les acteurs corrects sans plus.

6 janvier 2013 à 00:01 | Par AnarchYgor

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