Critique de film

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Lettre à Momo

"Momo e no tegami"
affiche du film

Trois gouttes d’eau tombent du ciel et rebondissent sur l’épaule de Momo qui tient dans sa main une lettre inachevée écrite par son père, océanographe, disparu en mer. Cette lettre, qui commence par « Chère Momo », est restée blanche. Après ce décès, Ikuko, la mère de Momo, décide de quitter Tokyo avec sa fille et de rejoindre son île natale, l’île de Shio, située dans la mer intérieure de Seto. La maison de famille n’a pas changé depuis des années. Ikuko rayonne de bonheur à l’idée de la retrouver. Pour elle, ce décor est tout simplement merveilleux ; pour Momo, il est propice à l’ennui d’autant qu’elle n’y connaît encore personne. Guidée par sa mère pour faire la connaissance des jeunes de l’île et aussitôt prise sous la protection du gentil Yota, Momo ne parvient cependant pas à intégrer la sympathique bande. Le jour où elle est invitée à sauter dans l’eau du haut d’un pont, elle n’y arrive pas. Elle a la tête ailleurs. Elle aimerait savoir ce que son père a voulu lui écrire avant de disparaître. Elle se souvient de la dernière fois où elle s’est disputée avec lui et se sent coupable. Un jour, elle distingue une ombre aux côtés de sa mère. Puis, dans le grenier de la maison, elle découvre que les figures d’un roman illustré ont disparu et elle entend des bruits suspects. Elle prend peur...

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Trailer - Lettre à Momo (2011)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Lettre à Momo - Correspondance spirituelle
Par : Samuel Tubez
Tags : Asiatique, Fantômes, Animation

Douze ans séparent la sortie de Lettre à Momo à celle de Jin-Roh, la brigade des loups, premier long métrage du talentueux Hiroyuki Okiura. De longues années durant lesquelles l’animateur s’est perfectionné en collaborant sur des titres tels que Blood : the last vampire, Metropolis ou encore le formidable Paprika. Une période durant laquelle l’artiste s’est également « débarrassé » de l’ombre de son mentor Mamoru Oshii (auteur du scénario de Jin-Roh) afin de nous envoyer cette Lettre à Momo très différente de son précédent essai mais aussi bien plus personnelle.

En effet, Okiura met ici pour la première fois en image son propre scénario original puisé auprès de son entourage, qui n’est pourtant pas sans rappeler les œuvres les plus magistrales d’Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Malgré l’influence, quasi incontournable, de ces deux maîtres fortement ressentie lors de la vision de Lettre à Momo, le film trouve aisément son propre souffle avec son histoire à la fois fantasque et touchante qui nous parle du travail sur le deuil et de…yōkai ! Ces fameux esprits à l’apparence bizarroïde viennent ici gentiment tourmenter la petite Momo, jeune fille venant de s’installer avec sa mère sur l’île de Shio après le décès de son père. Océanographe disparu en mer, ce dernier a laissé une lettre inachevée adressée à sa fille, ce qui perturbe la jeune enfant qui ne parvient pas à s’intégrer auprès des autres gamins de l’île. C’est alors qu’elle commence à distinguer des ombres prenant peu à peu la forme de yōkai qu’elle seule peut distinguer…

De nouveau, tout comme dans le récent Les enfants loups, on est plongé dans un contexte monoparental (une fois de plus une mère élevant seule son/ses enfants suite à la disparition du père) où la progéniture tente de surpasser/ d’accepter un traumatisme en trouvant sa propre voie. Ici, la quête de Momo voulant à tout prix connaître la nature du message que son père voulait lui transmettre l’amène à devoir surmonter ses propres peurs (représentées par les yōkais, plus déjantés que véritablement effrayants) tout en grandissant spirituellement. Mêlant l’émotion à la fantaisie avec beaucoup de délicatesse et aussi parfois d’humour, le réalisateur gagne le cœur des plus jeunes (mais pas les trop petits tout de même, vu la complexité des sentiments) et des adultes sans aucune difficulté. L’animation tour à tour réaliste et ensorcelante n’est pas la moindre des qualités de cette œuvre évoquant à la fois l’univers enfantin de Mon voisin Totoro (un plan sous la pluie positionnant Momo auprès des créatures y fait directement référence) et des thématiques plus sombre lorgnant du côté de Takahata.

Lettre à Momo est une nouvelle proposition de « japanimation » à la fois touchante et revigorante dans la droite lignée des Enfants loups. Hiroyuki Okiura s’impose avec ce second essai auprès des « nouveaux » grands artistes de l’anime japonais que sont Keiichi Hara (Colorful) et Mamoru Hosoda, talents qui ont su trouver leur propre souffle sans trop souffrir de l’influence de leurs très célèbres mentors respectifs.


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