Critique de film

Le Projet Blair witch

"Blair witch project"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Psychologique
  • Année de production : 1999
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Daniel Myrick, Eduardo Sanchez
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h26
  • Budget : 36 000 dollars
  • Scénariste : Daniel Myrick, Eduardo Sanchez
  • Musique : Tony Cora
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  • Bande annonce
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  • Casting : Heather Donahue, Joshua Leonard, Michael C. Williams
  • Récompenses : Meilleur film étranger à Cannes (1999)
    Csapnivalo Awards des Meilleur film d'horreur et Meilleur film (2000)
    Golden Orange Award pour Myrick et Sanchez en 2000
    Golden Trailer Award du Meilleur film d'horreur en 2000
    Independent Spirit Award du Meilleur film en dessous de 50 000 dollars (2000)
    Nominé comme Meilleur film à l'International Horror Guild en 2000
    Netizen's Choice Award au festival du film fantastique de Puchon en 2000
    Mention spéciale au festival de Sitges en 1999

En octobre 1994, trois jeunes cineastes, Heather Donahue, Joshua Leonard et Michael Williams, disparaissent en randonnée dans la foret de Black Hill au cours d'un reportage sur la sorcellerie. Un an plus tard, on a retrouvé le film de leur enquête. Le Projet Blair Witch suit l'itinéraire éprouvant des trois cinéastes à travers la forêt de Black Hills et rend compte des événements terrifiants qui s'y sont déroulés. A ce jour, les trois cinéastes sont toujours portes disparus.

Les critiques à propos de ce film

Le projet Blair witch - Un projet devenu réalité
Par : Damien Taymans






Le Projet Blair witch n’est pas un film d’épouvante ordinaire. Contrairement aux films d’épouvante traditionnels qui se contentent bien souvent de faire peur en utilisant maints effets visuels et sonores, le film se contente de distiller avec parcimonie certains éléments terrifiants bien sentis sans s’épancher dans l’exagération coutumière de ce genre de métrage. Mieux, Blair witch va au fond des choses et examine la nature même de la peur. Les réalisateurs Daniel Myrick et Eduardo Sanchez semblent avoir compris qu’il ne suffisait pas de montrer des corps ensanglantés d’adolescents ou de créatures monstrueuses pour susciter l’effroi.

En fins businessmen, Myrick et Sanchez ont l’excellente idée de présenter le métrage comme un documentaire véritable, vestige retrouvé on ne sait où qui nous montre comment s’est déroulée la disparition des trois jeunes. Les auteurs ont même poussé la plaisanterie jusqu’à diffuser sur le net des avis de disparition des personnages mis en scène dans le film. Se voulant absolument réaliste, le métrage offre son lot d’approximations dans les dialogues (comme tirés du quotidien, si spontanés que c’en devient troublant) et dans la mise en scène (caméra amateur, tournée à l’épaule ou à même la main). Soulignons à ce titre l’extraordinaire prestation des trois personnages qui sont cinglants de réalisme et l’on a de la peine de ne pas les avoir revus depuis.

Situé dans un cadre hospitalier le jour mais effrayant la nuit (une forêt d’une taille gigantesque), le film joue avec des éléments pourtant anodins. L’eau, les roches, les arbres, les brindilles, tout devient sujet à étonner et à inquiéter. Ne se bornant pas à effrayer avec les items habituels (comme les tueurs en série ou les bêtes féroces, peurs reléguées depuis longtemps par nombre de gens), les réalisateurs parviennent à provoquer l’effroi en partant de données simples, devenant psychologiques, ontologiques même. Au fil du film, l’homme a peur de l’homme. La psychologie est parfaitement traitée par les auteurs qui sont parvenus à dépeindre les tensions qui touchent le petit groupe et à les opposer l’un à l’autre. De confiance, il n’y en a plus. La méfiance prend le pas sur cette dernière et est rapidement rejointe par la crainte de l’inconnu, la peur de l’inexplicable.

L’inconnu, l’invisible, l’inexpliqué effraient tout au long du film sans avoir le moindre recours à des personnages extérieurs ni à des éléments fantastiques. Quelques touches intelligemment prodiguées et le tour est joué. Qu’il s’agisse des curieuses constructions faites de bois, des tas de pierres disposés devant la tente des protagonistes, des rires d’enfants entendus au dehors, du fait que les personnages s’égarent en choisissant toujours la même direction, tout est créé à partir de rien. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est diablement efficace.

Bien entendu il y aura toujours des mauvaises langues pour détruire la qualité du Projet Blair witch. En effet, classé dans une catégorie épouvante ou horreur, le métrage aura du mal à combattre contre des blockbusters emplis d’effets numériques. Il est clair aussi que beaucoup considèrent comme répugnant l’abattage médiatique fait sur ce film pour un produit parfois trop léger (je ne fais qu’imaginer les dires de certains). Reste qu’il faut malgré tout rester objectif et avouer que le Projet Blair witch reste l’un des coups du siècle. Réalisé avec quatre ficelles et deux rognons, l’oeuvre s’avère pourtant diablement efficace et parvient à imposer son style particulier (avec peu d’actions et un traitement très lent) dans ce cinéma devenu de plus en plus semblable aux jeux vidéo qui se contente de placer toutes les trois secondes une nouvelle action, persuadé de soutenir de la sorte l’intérêt d’un spectateur devenu névrosé devant tant d’absurdités…


Oeuvres liées :

Le projet Blair witch 2 : le livre des ombres (2000)

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