Le Kiko-Book

19 décembre 2013 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch) | Des livres

Pour que le Kiko-Book devienne réalité !

Depuis 1974 et sa première réalisation, l’érotique L’amour à la bouche, Gérard Kikoïne n’avait pas tardé à s’imposer comme un des cinéastes les plus passionnants et attachants du hard hexagonal des années 70/80, livrant au passage nombre de classiques restés d’une étonnante modernité : Parties fines (1977), Jouir ! (1978), Greta, Monica, Suzel… (1980), Chaudes adolescentes (1981), Dans la chaleur de Saint-Tropez (1982), Les délices du tossing (1983) ou encore Jounal intime d’une nymphomane (1984).

Curieux de tout et les sens artistiques en alerte, Kikoïne ne s’était pas cantonné aux seuls « films d’amour » (comme il le dit si bien). Beaucoup ont tendance à l’oublier, mais il est aussi à l’œuvre derrière un sublime film érotique chapeauté par Playboy (Lady Libertine, avec les délicieuses Jennifer Inch et Sophie Favier) et des productions de genre au casting prestigieux : les épopées exotiques Le maître de Dragonard Hill (Master of Dragonard Hill) et Dragonard (1987, avec Oliver Reed, Eartha Kitt - mythique Catwoman afro des 60’s - et Herbert Lom), Dr. Jekyll et Mr. Hyde (Edge of Sanity, 1989) - dans lequel Anthony Perkins offre son charisme suave au double rôle - et la série B Buried Alive (1990), défendue par Robert Vaughn, Donald Pleasence, John Carradine et Ginger Lynn (!). Excusez du peu ! Et encore, j’omets de citer le premier rôle féminin, Karen Witter (alias Karen Lorre), qui fut longtemps la maîtresse de ce fanfaron de Hugh Hefner…

Vous l’aurez compris, des anecdotes à leur sujet, Gérard Kikoïne en a à foison. Le timing était donc idéal pour qu’il jette un œil dans le rétroviseur en s’attaquant à sa propre autobiographie, richement illustrée de clichés inédits (des photos issues de la collection personnelle du cinéaste). L’œuvre en question, colossale, est d’ores et déjà prête et n’attend plus que le feu vert d’un éditeur clairvoyant.

J’ai eu l’occasion d’y jeter un œil et elle recèle de véritables trésors. Dans le Kiko-Book (comment aurait-il pu s’appeler autrement ?), Kikoïne se remémore avec truculence des tas de souvenirs de tournage, que l’on dévore d’une traite. Evidemment, il n’y oublie pas ses principaux collaborateurs de travail (en premier lieu, les indispensables Gérard Loubeau et Pitof) et les personnalités-phares de l’érotisme ayant croisé sa route : de ses égéries Marilyn Jess et Cathy Ménard, à Brigitte Lahaie et Cathy Stewart, en passant par Claude Mulot, Alban Ceray, Richard Allan et Jean-Pierre Armand (les Trois Mousquetaires !), Brooke West, Carmelo Petix ou Olinka. Au gré du récit, des monstres sacrés sont invoqués, pour la plupart rencontrés quand Kiko officiait au poste de monteur son/sound designer : le producteur Robert De Nesle, Abel Gance, Joël Séria, Yves Boisset, Jess Franco (dont il recevait les bobines via De Nesle), Howard Vernon et Harry Alan Tower.

Plus qu’un réel devoir de mémoire (si, si !), le Kiko-Book est le reflet précieux d’une époque révolue, où le sexe était encore incouciant et bon enfant, très loin des vélléités performatives actuelles. Comme le dit joliment le cinéphile Philippe Nietsche en préface : « «  On libère les corps donc les esprits...  ». Cette maxime pourrait résumer la démarche de recherche créatrice de Gérard Kikoïne. Il fait partie de ces briseurs de tabous actifs dans le domaine de ce cinéma si décrié. Il a développé un esprit de transgression générant une liberté, où la nudité même crue est acceptée, montrée... (…) Après tout, son œuvre n’est pas l’œuvre d’un frustré et en quelque sorte, son cinéma est une forme de don à l’autre : une invitation joyeuse à accepter sa sexualité et son intimité, à découvrir ses zones intimes. »

Si vous êtes éditeur ou que vous en connaissez parmi votre entourage, le Kiko-Book n’attend plus que vous. Pour plus de renseignements, contactez Gérard Kikoïne sur Facebook (il est hyperactif sur le réseau de Zuckerberg).

Photos : collection privée Gérard Kikoïne.

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