Critique de film

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La Grande Muraille

"The Great Wall"
affiche du film

Entre le courage et l’effroi, l’humanité et la monstruosité, il existe une frontière qui ne doit en aucun cas céder. William Garin, un mercenaire emprisonné dans les geôles de la Grande Muraille de Chine, découvre la fonction secrète de la plus colossale des merveilles du monde. L’édifice tremble sous les attaques incessantes de créatures monstrueuses, dont l’acharnement n’a d’égal que leur soif d’anéantir l’espèce humaine dans sa totalité. Il rejoint alors ses geôliers, une faction d’élite de l’armée chinoise, dans un ultime affrontement pour la survie de l’humanité. C’est en combattant cette force incommensurable qu’il trouvera sa véritable vocation : l’héroïsme.

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Trailer - La Grande Muraille (2016)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Grande Muraille - Matt fait le mur
Par : Seb Lecocq

Alors oui, pour tout bon asiatophile qui se respecte, voir Matt Damon, un arc à la main, défendre La Grande Muraille de Chine contre une étrange menace peut paraître au mieux abscons, au pire scandaleux. Il faut prendre un peu de recul et voir La Grande Muraille comme une tentative de pénétration du marché occidental par le grand blockbuster chinois. Puis, le nouveau film de Zhang Yimou, même s’il ne renonce pas à certaines facilités narratives et visuelles, vaut mieux qu’un simple appât à spectateurs américains. Il est avant tout un gros film du samedi soir, divertissant, pas très finaud mais bien troussé.

Pour bien des suiveurs du cinéma chinois, la carrière de Zhang Yimou constitue une vraie énigme. D’abord estampillée cinéma d’auteur respectable durant les nineties, elle opère un premier tournant avec Hero qui ouvre ce que l’on pourra appeler sa période « propagande » durant laquelle il réalisera des œuvres historiques flattant le pouvoir en place. Sous cet angle, on comprend mieux sa place aux commandes de cette Grande Muraille, locomotive chinoise en terre américaine. Malgré ça, de nombreuses interrogations subsistent sur le bien fondé de ce projet. On pourra louer l’ouverture du cinéma chinois et de son cinéaste ou, au contraire, en fustiger la compromission. La presse spécialisée chinoise aura choisi son camp, celle d’annoncer la mort cinématographique de son metteur en scène.

Ne nous leurrons pas, sous ses atours chinois, La Grande Muraille est, dans son fond et sa forme, un film ricain, centré sur son héros blanc qui, en l’espace d’une heure trente va devenir plus chinois que la Chine. Il y a du Dernier Samouraï dans ce Grand Mur, pas étonnant d’y retrouver Edward Zwick dans l’équipe de développement. Comme dans le véhicule à la gloire de Tom Cruise, on y trouve un tas de clichés éculés sur l’homme blanc et l’homme asiatique, ou la femme en l’occurrence, qui au contact l’un de l’autre vont apprendre à se respecter. Si le casting est majoritairement chinois, ce sont des Américains aux postes importants de la production, Yimou n’est là que pour manager les petites équipes chinoises et imposer son nom à l’international.

Basiquement La Grande Muraille est un gros film du samedi soir qui se regarde dans une grande salle, sur un grand écran, avec beaucoup de monde et de popcorn. Dès l’introduction, on nous prévient que l’histoire n’est en rien réaliste mais inspirée de l’une des nombreuses légendes fantaisistes de la muraille. Les enjeux et descriptions des personnages clichéesques sont expédiés en un petit quart d’heure avant que le récit ne rentre directement dans le lard. D’un côté, des millions de soldats, de l’autre des millions de monstres et au milieu, la grande muraille. Yimou sait mettre en scène des foules, on le sait depuis la cérémonie d’inauguration des JO de Pékin, il le prouve encore une fois, en faisant voltiger sa caméra au milieu des bataillons, passant d’une escouade à l’autre, des voltigeurs aux archers, en passant par les fantassins. Les scènes de batailles sont immersives et, pour emprunter le lexique du gaming, plus orientée arcade que simulation. Pas de déplacements ou de tactiques militaires comme dans The Red Cliff mais des pluies de flèches, des armes lourdes et des membres tranchés par des lames. Avec au milieu de tout ça, un Matt Damon plus héroïque que mille hommes et un Andy Lau toujours aussi classieux en vieux stratège qui, soyons honnêtes, ne « stratégise » pas grand-chose.

Le rythme est hyper soutenu et le montage haché, trop haché, il ne permet pas de profiter pleinement des larges mouvements d’appareil orchestrés par Yimou qui compensent une narration chaotique et des personnages indigents. Mais ce rythme permet de maintenir l’œuvre à flots. Pris dans une fuite en avant rythmique, le spectateur n’a pas le temps ni l’envie de vraiment cogiter, il se laisse porter de batailles en batailles, de scènes d’action en scènes d’action, faisant fi des dialogues purement explicatifs et d’une grande platitude. Quelque part, cela n’est pas illogique puisque les personnages chinois baragouinent quelques phrases d’anglais et Matt Damon ne pipe pas un mot de mandarin. Pour une énorme production de ce type, le métrage est assez court, une petite centaine de minutes, ce qui fait plaisir en ces temps de démesure où le moindre super hero movie dépasse allégrement les deux heures trente, et il ne fallait pas plus pour raconter cette histoire anecdotique entrecoupée de morceaux de bravoure assez fous qui donnent à la Grande Muraille ce côté fun et spectaculaire. Il y a, ouvrez de gros guillemets, du Tsui Hark lors de certaines séquences bigger than life.

Il en résulte une grosse heure trente de grand spectacle pas bien fin mais efficace, mis en scène sans génie mais non sans panache par un Yimou qui est là pour mener à bien la barque et, tel un général d’armée, diriger cette arme de destruction massive chinoise en terres de multiplex occidentaux. La Grande Muraille se voit sans ennui et s’oublie sans regrets mais si cela peut permettre à ne fût-ce qu’un spectateur de s’ouvrir au cinéma asiatique alors l’essai n’aura pas été vain.


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