Jeux

LE RAT DU CLICK - Alien : Isolation

2017, retour en force des jeux vidéo de genre.

SOMMAIRE

Le The Game : Alien : Isolation
Flashback-info : Scorn, un OVNI à venir dans le petit monde du puzzle game
E3 2017 : Quelques trailers de sorties à venir
Flash Focus : The Brotherhood
Le Flash de Harder : Valley, de Blue Isle Studios
Intestin Farceur : Inner Chains

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INTRODUCTION

La sortie cette année sur grand écran d’Alien : Covenant peut être l’occasion de revenir sur le seul jeu vidéo digne d’attention dédié au monstre gigérien : Alien : Isolation. Le Rat s’épargnera, et vous épargnera par la même occasion la longue liste des boires et déboires vidéoludiques par lesquels est passée la bête, pour vous proposer une petite relecture du jeu édité par SEGA. Au programme de cette chronique, aussi, le très attendu ici Scorn du studio Serbe EBB Software, quelques trailers de jeux de genre présentés à l’E3, puisque 2017 marque leur retour en force. Enfin, un bref focus sur les Brotherhood (les frères Bischoff), qui, il nous faut bien l’admettre, sont devenus en l’espace de deux jeux seulement, es-maîtres du point’n’click sci-fi horrifique isométrique. Autant dire que leur prochain bébé, Beautiful Desolation, nous rend pour le moins curieux.

LE THE GAME : Alien : Isolation

(Jeu joué en version Alien : Isolation Collection sur Steam)

Développé par Creative Assembly pour Windows et consoles, puis par Feral Interactive pour Mac et Linux, Alien : Isolation aura été dès sa sortie l’objet d’un malentendu relatif, en raison probablement de choix promotionnels tactiques compréhensibles, mais rétrospectivement pas nécessairement bien venus. Abordé et présenté sous l’angle du FPS et du Survival Horror alors qu’il est avant tout un jeu d’aventure science-fictionnel ; trop souvent comparé à des canons du genre tels que Doom 3 ou Dead Space 1 et 2 ; Alien : Isolation aura autant séduit que laissé mitigé. Or, bien qu’il cloisonne lui aussi le joueur dans un lieu hostile et claustrophobique paumé au fin fond de l’espace, et en dépit des emprunts qu’il leur fait, l’alien n’est pas vraiment comparable à ces prédécesseurs. Des survivals horror dont il est certes chronologiquement un successeur, mais qui apparaissent quant à eux comme des déclinaisons vidéoludiques dont Alien, le huitième passager est une source d’inspiration indiscutable. C’est un point qui n’a pas été suffisamment souligné : Alien : Isolation boucle une boucle jeux vidéo-cinéma. Ce qui en soi est déjà relativement énorme, et rend difficilement défendable d’un point de vue critique une note inférieure à 15/20.

On ne vous dressera pas à nouveau une présentation complète du jeu, disponible sur Wikipédia. Sachez seulement que le joueur y incarne Amanda Ripley, la fille d’Hélène Ripley, partie en quête des traces de sa mère sur la station spatiale Sébastopol. Pour une batterie de tests complets, il vous suffit de cliquer vers Gamekult ou Jeux Vidéo.com. Le Rat se contentera de se porter en faux contre le sévère 6/10 collé par Gamekult, limite inintelligible dans la mesure où ils ont mis un 9/10 à Stasis et un 8/10 aux deux premiers Dead Space. De franches réussites dans leurs parties respectives, certes, mais qui n’ont pas eu à porter un cahier de charges narratif du poids de celui que porte l’alien.

Le point crucial avec Alien : Isolation, vous l’aurez saisi, est la référence cinéphilique, avec les contraintes narratives que cela implique, et la recherche d’un équilibre en termes de narration interactive. A ce titre, il faut accorder à Creative Assembly d’avoir su scrupuleusement respecter son cahier de charges, l’insert scénaristique du jeu à l’intérieur de la saga filmique étant rigoureusement cohérent. Au niveau du gameplay, le jeu renoue, ce qui a été déjà amplement souligné, avec les ambiances du film original de Ridley Scott. Mais il met aussi à profit un héritage vidéoludique (Doom, Dead Space, mais aussi Resident Evil pour le système de sauvegarde, Lara Croft pour la bravoure du personnage féminin) qui l’entraîne, parfois maladroitement (ATTENTION SPOILER ex : trop d’oeufs sans poule pour les pondre), sur le terrain des films de James Cameron et de David Fincher. La vaste station spatiale apparaît en quelque sorte comme une prison labyrinthique qui sert de ruche, avec des humains et des androïdes qui peuvent se montrer aussi dangereux et violents que l’alien. Amanda Ripley, en quête de réponses sur ce qui est arrivé à sa mère, s’adapte, bricole (collecte d’items, fabrication d’objets), et parfois tue ; elle est tout sauf une victime qui subit un siège.

Le grand frisson horrifique dans tout ça ? Exceptés une première heure de jeu et un final qui vous apporteront vos seules véritables sensations de Survival Horror, n’attendez pas d’Alien : Isolation qu’il vous mette le trouillomètre à zéro. Un Slender The Eight Pages, du "bas" de son indigence narrative, y parviendra bien mieux. Les développeurs de Creative Assembly ne semblent même pas s’être donnés la peine de nous faire croire qu’ils ont essayé de rivaliser avec l’épouvante distillée par le chef-d’oeuvre de Ridley Scott. Non, l’intérêt du jeu tient avant tout dans sa dimension aventure, qui reste foncière, et déterminante. Une aventure sci-fi qui présente le mérite de proposer un subtil mélange d’exploration, d’infiltration, de survival, de FPS, et d’alternatives fuite-action-ruse. Une recherche d’équilibre entre ces différents éléments, non exempte de défauts, et qui faute d’un véritable climat d’horreur proprement dit, n’en offre pas moins un exercice de mise sous tension variable suffisamment convaincant.

Creative Assembly aura pour se faire opéré un choix de moyens homogènes, même si parfois agaçant ou frustrant, voire discutables, dont une ambiance sonore très efficace. Hormis quelques jump scares modérément dosés, les confrontations avec l’alien (dont le level design est tout bonnement jouissif), les autres humains et les androïdes, tiennent d’un sempiternel jeu de cache-cache qui compliquera sérieusement l’accomplissement de vos missions et l’exploration de la station (quant à prendre le temps d’apprécier les tags gentiment subversifs qui recouvrent les murs de Sébastopol...). Eviter l’agacement de certaines répétitions de séquences de jeu exigera en conséquence de vous quelques efforts stratégiques, aléatoirement payant. Une difficulté paramétrable, que viennent suppléer un système de sauvegarde contraignant, une interface de jeu alambiquée, et un détecteur de mouvement pas toujours précis. Le système de sauvegarde "old-school" par bornes-checkpoints (directement inspiré des machines à écrire et des rubans resident evilien qu’il assouplit), souvent critiqué, participe activement à la tension du jeu. A l’instar de l’interface jeu : devoir pianoter plusieurs fois sur le clavier ou la manette pour ouvrir une simple porte peut paraître absurde et obsolète en soi, mais prend tout son sens avec un alien sur le cul.

VERDICT DU RAT : faut-il au final considérer Alien : Isolation comme un jeu qui s’évertue avant tout à satisfaire une fan base sensible en termes de données esthétiques et narratives ? Il y a de ça. Mais pas que. Car le gameplay mis en place par Creative Assembly, rigoureusement logique quoi qu’on puisse en dire, ainsi que le délicat équilibre recherché (même si parfois manqué) entre ses différents éléments, font de ce jeu, au même titre que Stasis, une des rares alternatives vidéoludiques proposées au Survival Horror spatial de type shoot em up, genre qui rappelons-le à toutes fins utiles, compte bien plus de daubes que de réussites. Seuls vrais bémols au tableau d’un jeu qui pèche peut-être par trop de générosité, un système de chargement qui rame, un level design pas toujours à la hauteur, quelques séquences de jeu frustrantes ou aux longueurs inutiles ; et enfin, un prix aujourd’hui encore pas franchement compétitif comparativement à Stasis, Doom 3, et les deux premiers Dead Space. A pêcher en version collection sur Steam, un jour de bonne promo, ou d’occasion, ailleurs.

Retrouver Alien : Isolation sur Steam

Retrouvez Alien : Isolation Collection sur Steam

FLASHBACK INFO : Scorn, un OVNI à venir dans le petit monde du Puzzle Game

Ce n’est certes pas de l’info de première fraîcheur, mais depuis 2016, le studio Serbe indé EBB Software bosse sur Scorn. Annoncé avec une sortie en deux parties, le jeu mélange exploration claustrophobique, FPS action, puzzle game, et présente la très séduisante particularité graphique de fusionner l’univers biomécanique de Giger avec celui organique de Cronenberg. Scorn sera entièrement réalisé en décors à la main, et aura pour but de faire éprouver au joueur un univers organique dérangeant, suintant et sombre, où la dimension puzzle game prendra un sens particulier, quasi tactile. Pas de l’inédit en soi, quand on se souvient du film Alien, La résurrection (1997), mais du rarement vu à ce stade de fusion graphique, et du jamais vu en jeu vidéo. De quoi retenir notre souffle, en espérant se le faire couper à la sortie de la première partie courant 2017. Quant à voir Scorn gravir les marches des références difficilement classables du Puzzle Game, aux côtés de The Talos Principle, ou de The Witness... pourquoi pas ?

E3 2017 : Du survival, de l’horreur, du gore, du macabre, du violent...

Sont-ils vraiment si loin que ça, ces temps où les franchises Resident Evil et Silent Hill généraient quelque chose comme un âge d’or du Survival Horror ? Plutôt qu’un âge d’or, d’aucuns y virent une mode où s’engouffrèrent, pour le meilleur et pour le pire, bien des développeurs ; une mode qui devait s’essouffler et se galvauder au fil des années, jusqu’à cette question fatale, qu’on osa poser récemment dans ces colonnes : quel avenir peut-il encore y avoir pour le jeu vidéo de genre ? Une question qui presque aussitôt posée, sembla ô miracle technologique, trouver un premier élément de réponse avec la sortie en VR de RE7 début 2017. S’il est une chose qu’il faut accorder à Capcom, en dépit des nombreuses déceptions qu’ils ont infligé à bien des joueurs, c’est un sens aigu de l’opportunisme commercial ; et un certain brio, puisqu’ils prouvent qu’ils sont encore à même d’occuper la position de locomotive en matière de jeu horrifique, la sortie de RE7 étant corollaire d’un retour en force de jeux vidéo flippant, stressant, dérangeant, saignant, au choix. A tel point qu’on se risquera à demander cette fois-ci si l’âge d’or de l’horreur vidéoludique n’est pas en train de se produire ces temps-ci, sous nos yeux ébahis, bien qu’étalé des 90’s à nos jours ?

Illustration de ce propos avec une liste non exhaustive de trailers des sorties à venir, qui sont venus hanter les écrans de l’E3 2017.

The Evil Within 2

On commencera évidemment avec le père du survival horror dit "moderne", l’illustre Shinji Mikami, qui opère son retour sur le devant de la scène avec un deuxième volet de The Evil Within. Le trailer, pour le moins impressionnant, et les quelques screen shots disponibles semblent refléter un jeu inspiré. Après un premier opus qui n’était pas parvenu à faire l’unanimité chez les joueurs et les critiques, le maître nous proposera-t-il cette fois-ci un voyage horrifique à la hauteur des espérances et des fantasmes que sa renommée suscite ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Réponse en octobre 2017, avec un opus qui offrira plus de choix action-infiltration (ci-joint un gameplay trailer), là où son prédécesseur tablait sur la fuite-infiltration.

Suivre The Evil Within 2

Call of Cthulhu

On ne sait encore que peu de choses du Call of Cthulhu de Cyanide, annoncé pour fin 2017, hormis que ce sera une adaptation d’un RPG papier de Chaosium (qui avait développé pour Infogrammes en 1995 Call of Cthulhu : Prisoner of the Ice). Le jeu sera probablement très attendu des fans de Lovecraft, d’autant que le Call of Cthulhu : Dark Corners of the Earth de Headfirst Productions aura été au mieux une semi déception. De mémoire vidéoludique, la seule adaptation en jeu vidéo véritablement réussie dans le domaine lovecraftien commence à dater, puisqu’elle remonte au point’n’click d’aventure Call of Cthulhu : Shadow of the Comet d’Infogrammes (1993). On espère que le gameplay et le level design seront fidèles à ce que laisse présager le trailer.

Agony

Annoncé (et même testé en version démo en 2016), avec une sortie prévue sur Steam en juin 2017, l’enfant terrible du studio Polonais Madmind Studio donne a priori la fascinante impression d’un Midnight Meat Train Barkerien qui aurait atterri en pleine station d’un enfer macabre et malsain digne des pires cauchemars lovecraftiens. A vue de nez, Agony fleure bon le jeu destiné à devenir culte, si son développement technique parvient à tenir ses promesses.

Agony gameplay demo

Vampyr

Le point fort du studio Français Dontnod, outre un travail soigné, réside principalement dans l’originalité de ses jeux, leur richesse scénaristique, et leur contenu psychologique. Certes, son galop d’essai Remember Me n’a pas forcément suscité la sympathie de tout le monde (on le trouve creux sur Gamekult, mais chez Gamekult, on est doué, très pointu, très pro, mais parfois un tantinet condescendant aussi...). Life is Strange, bien qu’imparfait, aura quant à lui su trouver un public (sauf chez Gamekult évidemment) auprès duquel il est déjà en train de devenir culte. Le savoir faire narratif et psychologique de Dontnod s’appliquera ici à un jeu RPG-action ayant pour thème le vampire. Plus précisément, le thème d’un chirurgien du nom de Jonathan Reid, devenu vampire, et déchiré entre son devoir médical et sa soif de sang dans une ville de Londres envahie par la grippe espagnole. Un thème certes rabattu dans le septième art, mais dont les aperçus de février et de juin 2016 laissent présager d’une certaine jubilation vidéoludique, puisqu’il appartiendra au joueur de décider quel type de Nosferatu il désire devenir...

Plus de Trailers sur : ihorror.com

The Last of Us 2 : le grand absent de l’E3 2017

FLASH FOCUS : THE BROTHERHOOD

The Brotherhood, ou les frères Bischoff. On vous avait déjà parlé d’eux dans ces colonnes à propos de leur premier jeu, Stasis, véritable coup de maître dans le domaine du point’n’click sci-fi horrifique isométrique. Depuis, les deux frangins géniaux Sud-africains ont développé Cayne, un chapitre bonus gratuit de Stasis destiné en partie à faire découvrir leur style à un public plus large.

En ce début d’année 2017, les frères Bischoff se sont relancés dans une
campagne Kickstarter afin de financer leur nouveau projet, Beautiful Desolation. Une campagne qui s’est tôt révélée fructueuse, tant la réputation de Stasis leur vaut la confiance des joueurs de point’n’click. Le jeu, qui délaissera la sci-fi pour un univers post-apocalytique et étrangement rétro-futuriste devrait demander 3 ans de développement. Une nouvelle pièce maîtresse du point’n’click de genre à venir ? Probablement...

Retrouver Stasis sur Steam

Retrouver Cayne sur Steam

LE FLASH DE HARDER : VALLEY

Un peu de beauté contemplative dans une chronique d’horreurs vidéoludiques. C’est ce que vous propose ce Flash de Harder avec Valley, de Blue Isle Studios. Le studio Canadien indépendant avait su sortir de l’anonymat en surfant sur la vague virale d’un mème croquemitaine, le Slenderman. Leur premier jeu connu sur la scène internationale, Slender : The Arrival, parachevait, en étroite collaboration avec Parsec Productions, l’hystérie vidéoludique inaugurée par Slender The Eight Pages.

Avec Valley, Blue Isle Studios passe à tout autre chose et à un autre niveau. Le jeu, foncièrement iconoclaste, combine exploration en monde pseudo ouvert, FPS, vitesse, saut, plateforme, aventure et fable métaphysico-écologique. On ne vous répètera pas ce que vous pouvez entendre dans la vidéo test ci-dessus, vous signalant seulement que le jeu a fait depuis l’objet de patchs, et que la combinaison L.E.A.F que l’on revêt, ainsi que le ton foncièrement pacifiste (voire anti-militariste), ne sont pas sans rappeler le sympathique A Story About My Uncle. Pacifiste, écologique, contemplatif mais sombre aussi, métaphysique, globalement relaxant, superbe graphiquement et musicalement, Valley bénéficie en outre d’un petit capital de rejouabilité contemplative. Car on se sent plutôt bien dans cette vallée. Vivement recommandé.

Retrouver Valley sur Steam

INTESTIN FARCEUR : INNER CHAINS

Le trailer cinématique est devenu un art à part entière, qui en outre, nous donne un aperçu de ce à quoi ressembleront le gameplay et le level design des jeux next gen à venir (un jour tu verras, le jeu vidéo, ce sera Avatar, nous disent de concert ces bons vieux pixel et vectoriel). En attendant, le décalage inévitable entre ce qu’annonce le trailer et ce que propose réellement le jeu peut être parfois douloureux. A l’instar du Inner Chains de Telepaths Tree, FPS horrifique plutôt mal gaulé et peu captivant, comme nous l’explique, en proie à l’indigestion et vidéo de gameplay à l’appui, Nofrag.com. On enfoncera pas ici le clou du trailer qui fait office de tromperie sur l’emballage, vous invitant plutôt à apprécier le dit trailer en tant que tel. Car le jeu a beau être un pétard mouillé, bon dieu, quel trailer !

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