Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - Star Wars XXX : A porn parody

27 janvier 2016 | Par : Fred Pizzoferrato

Shoot first, shoot often !

Le maitre des lieux Alan Deprez étant occupé à tourner un projet rempli de chant et de douceur (on me souffle qu’il y aurait surtout du sexe et de la violence en fait), il m’a confié les clés de la bergerie pour une petite séance dédiée à Star Wars...version loup !


Il y a bien longtemps dans une galaxie érotisée...

Le monde du X ayant depuis toujours été friand de détournements « érotico-humoristiques » de classiques cinématographiques (comme en témoignent les réussites de Flesh Gordon ou de la version musicale hardcore d’Alice au pays des merveilles), il paraissait évident que le succès phénoménal de George Lucas connaitrait des versions « pour adultes ».
Faute de budget et de talent, les premières (comme Star Babe ou Sex Wars) se contentaient d’enrober les passages chauds avec un vague argument science-fictionnel sans guère de rapport avec leurs inspirateurs. Bien plus tard vint la franchise Porn Wars qui s’apparentait à des fan-films vaguement amusants. Les cinéastes prenaient encore quelques pincettes avec le copyright (les Jedi devenaient des Jodi mais personne n’était dupe) et déroulaient des intrigues prétextes dans une sorte d’univers étendu alternatif où l’enthousiasme de ces grands gamins et gamines rejouant la guerre des étoiles dans leur chambre à coucher compensait le côté convenu de l’entreprise.

King of parody

Et puis vint Axel Braun, fils du légendaire pornocrate « chic » Lasse Braun. Le bonhomme débute sa carrière dans le business sinistré du hard à la fin des années ’90 et aligne une centaine de vidéos de consommation courante. Tout change dix ans plus tard lorsqu’il se lance dans les « porn parodies » avec ses versions de Star Trek, Happy Days, etc.
Star Wars XXX est probablement son œuvre la plus ambitieuse. Braun ne se contente pas, en effet, d’un vague décalque du film originel : il le reproduit amoureusement, avec un souci du détail inégalé dans ce genre de production. Le scénario est donc connu : la princesse Leia expédie les droïdes C3PO et R2D2 avec un message de détresse à destination d’Obi-Wan Kenoby mais le fermier Luke Skywalker y répond avec l’aide involontaire du contrebandier Han Solo. En chemin ils affrontent l’empire, combattent Dark Vador et se lancent dans la course pour détruire l’arme suprême, l’Etoile Noire. Histoire de maintenir l’intérêt puisque la fin est connue, Braun place des références geek (R2D2 est entouré par un Dalek et Robbie le Robot), lance des clins d’œil aux fans (Han solo ne se contente pas de tirer le premier contre Greedo, il lui balance une dizaine de laser avant de déclarer « shoot first…shoot often » !).
Pour pousser le bouton parodique, le cinéaste tape là où ça fait mal en accentuant la caractérisation des protagonistes : Obi Wan (le légendaire hardeur Tom Byron) devient un alcoolique hautain, Luke un puceau à la naïveté assommante, Han un séducteur bidouilleur et Leia se montre plutôt chaude. Dark Vador, lui, s’apparente à un gamin colérique qui boude dans son coin à la moindre contrariété tandis que ses officiers doutent du pouvoir de sa Force. Plutôt bien vu.

Si George l’a fait, je peux le refaire

Doté d’un budget conséquent, Braun se permet de belles séquences qui bénéficient d’effets spéciaux efficaces. Bien sûr, le film ne peut rivaliser avec son modèle mais s’élève sans problème au-dessus des calamiteux mockbuster de The Asylum. Duels au sabre laser, batailles rangées à coup de blaster et même l’assaut d’une vague de X-Wing sur une impressionnante Etoile Noire répondent à l’appel de l’action spatiale. D’ailleurs, Star Wars XXX privé de ses scènes chaudes donnerait un très sympa mockbuster riche en humour et en gags efficaces.
Au niveau des interprètes, le film réunit un sympathique casting : Seth Gamble accomplit un honnête boulot en Luke et la très mignonne et « naturelle » Allie Haze se montre convaincante en Leia. Le reste du casting, si ils ressemblent moins à leur modèle, n’en sont pas moins corrects et surtout semblent heureux de s’amuser à reproduire les scènes cultes de Star Wars, de Rocco Reed qui en fait des tonnes en Han Solo à Lexington Steele sous l’armure de Vador. Vétéran du X, Tom Byron délivre cependant la meilleure performance de la bande (hum !) en recréant un Obi Wan qui lui vaudrait tous les trophées d’un concours de cosplay et dont la diction classieuse convient bien aux répliques un rien pompeuse du Maitre Jedi.

Et le cul dans tout ça ?

Finalement, le problème principal de Star Wars XXX réside, paradoxalement, dans ses scènes hard. Si elles ne sont pas trop nombreuses (une demi-douzaine), elles sont beaucoup trop longues et occupent la moitié du temps de projection. Certes, à une époque où la norme est d’occuper 99% du métrage, cela constitue un énorme progrès mais le film ayant une vraie intrigue à raconter (et surtout toutes les scènes clés de son modèle à reproduire), la durée totale dépasse donc les 155 minutes. Si quelques passages titillent les fans dans le bon sens (Leia qui se roule la bille devant son papa en armure ; le trio final entre Luke, Leia et Han – lequel signale à nouveau qu’il importe de « tirer le premier » ; Obi Wan et une paillarde pillarde Tusken ; Chewbie entreprit par deux stormtroopers féminines), le long intermède lesbien dans la cantina casse le rythme et nécessite de jouer de l’avance rapide pour les plus impatients. Il aurait été avantageux de resserrer le montage et de ne pas proposer les passages hard en version intégrale comme l’a fait Wasteland (éventuellement en casant les scènes X en bonus) tant la durée excessive de ces passages chauds dilue l’intérêt.

Drôle, bien fichu, respectueux du matériel sans hésiter à s’en moquer gentiment, bénéficiant de vrais gags réussis et d’effets spéciaux très corrects (dans les limites de ce genre de démarquage), Star Wars XXX : A porn parody devrait ravir les fans de la franchise. On peut chipoter sur le manque de risque d’Axel Braun (à l’inverse d’un Pirates par exemple, qui ne se contentait pas de décalquer son modèle mais rendait un hommage enjoué au cinéma d’aventures) mais l’entreprise est tellement sympathique que l’on ne peut finalement qu’applaudir face à cette réappropriation polissonne d’un mythe cinématographique essentiel.


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