Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - New Wave Hookers

29 février 2012 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

« We only got the natural bitches ! »

Le grand Jamie Gillis

Sorti en 1985, affublé du titre français croquignolet Le diable par la queue, New Wave Hookers (qui connaîtra pas moins de 6 suites !) s’inscrit dans cette mouvance esthétisante du porno US, popularisée par Andrew Blake et Michael Ninn. Ce 1er opus est réalisé par le démiurge Gregory Dark (Black Throat, Deep Inside Vanessa del Rio, Hootermania), qui s’est reconverti par la suite dans les thrillers et actioners DTV (Street Asylum, avec cette vieille trogne de Wings Hauser, Stranger by Night, Undercover Heat). On le retrouve aussi plus tard aux commandes d’épisodes de la série carcérale Oz et du slasher See No Evil, porté par l’imposante carcasse de la star du catch Kane.

New Wave Hookers bénéficie de la présence de la divine Traci Lords(Wild Things d’Alex de Renzy, Passion Pit, Traci, I Love You, aux côtés de Marilyn Jess), mineure à l’époque des faits (elle avait falsifié sa carte d’identité et menti sur son âge), ce qui a occasionné le retrait du film des sex shops et vidéo clubs. Traci fait partie du maigre nombre de reconversions probantes dans le cinéma traditionnel, elle que l’on retrouve dans des œuvres éparses telles Cry-Baby (John Waters, 1990), Blade (Stephen Norrington, 1998) ou Zack et Miri font un porno (Kevin Smith, 2008). Elle est accompagnée à l’écran par la mythique Ginger Lynn (Ball Busters, Sister Dearest, The Devil in Mr. Holmes) - qui s’illustra également dans le « tradi » (Young Guns II, The Devil’s Rejects) -, secondée par Desiree Lane (Shades of Ecstasy, Body Girls, Sex Play), l’incontournable Jamie Gillis (The Opening of Misty Beethoven, Water Power, Forever Night) et le stakhanoviste Peter North (1616 entrées IMDb en tant que hardeur, de 1982 à 2011 !).

« We gonna make some money, get these bitches workin’ ! » (analyse)

New Wave Hookers déploie dès son pré-générique une ambiance délicieusement 80’s, où les éclairages colorés - sous un épais voile de fumée -, le disputent aux tenues « flashy ». Traci Lords, en diablesse incendaire, y agit en prêtresse bandulatoire, multipliant les poses lascives. Le film dérive ensuite vers les élucubrations de deux quidams (Jamie Gillis et le black Jack Baker), qui s’imaginent en maquereaux (« pimps ») d’un nouveau style. Ils s’endorment devant la télé, ouvrant une voie royale à leurs fantasmes.

Desiree Lane porte fier les patins !

On les retrouve cabotinant à outrance dans le bureau d’une agence de macs (New Wave Hookers Incorporated !). La première fille qu’ils reçoivent est une superbe blonde en patins à roulettes (Candy, interprétée par Desiree Lane), personnage auquel Paul Thomas Anderson rendit hommage dans Boogie Nights (1997), par l’entremise du rôle confié à la craquante Heather Graham. Candy, portant un casque audio en forme de seins (!), se « gode » au son d’un morceau de new wave commerciale, avant d’être entreprise par ce roublard de Jamie Gillis.

La séquence où Peter North trousse deux nanas peu farouches, affublé d’un chapeau oriental « cheap » et baragouinant un arabe de pacotille, est quant à elle symptomatique du ton du film, partagé entre artificialité revendiquée et autodérision. Tandis que cette « scénette » entre Ginger Lynn - à la crinière bicolore - et deux nerds « old school » vaut elle aussi son pesant de cacahuètes et est un prétexte idéal pour dévoiler le cul sublime de l’actrice. Elle se voit prise en DP dans cette petite chambre d’étudiants à la fac et sous les fanions d’équipes de baseball.

On comprend rapidement que la musique (ici, de la new wave au kilomètre) fait office de puissant aphrodisiaque chez ces filles, déchaînant leurs pulsions sexuelles. Pas dit que ça fonctionne toujours à l’heure actuelle, sur du Lady Gaga ou du Justin Bieber… Entre autres curiosités, on notera cet homme aux boucles blondes (Steve Powers), cultivant une ressemblance troublante avec Owen Wilson, qui aboie comme un clébard et imite la sonnette du bureau - quand ce n’est pas la sonnerie du téléphone ! -, soudainement frappé de lumière rouge. Mais le clou du spectacle reste cette séquence où Traci Lords démontre un beau tempérament dominateur, doublé d’un appétit sexuel redoutable. Un caractère affirmé qui fait des merveilles dans l’acte et ne manquera pas de titiller le spectateur.

La sublime Ginger Lynn

Par ailleurs, la partouze finale, avec ses filles de joie attachées à un tourniquet, vient clore les ébats de jolie façon, avant l’arrivée du « Vice Squad » (brigade de répression du proxénétisme), qui ne tardera évidemment pas à se mêler à la fête. Belle preuve d’hédonisme !

« Man, this is hot stuff ! Taste this ! » (conclusion)

New Wave Hookers reste un parfait exemple de porno « high class » à l’univers décalé ; un aspect exacerbé par ses suites, opus 2 en tête. Une œuvre empreinte de l’esthétique un brin « toc » de sa décennie (les 80’s) mais de facture technique travaillée, offrant en sus une appréciable galerie de personnages azimutés. Que demande le peuple ?

NB : Le coffret DVD Blue One propose les 5 premiers opus New Wave Hookers (en v.f. et v.o. non sous-titrée), répartis sur trois galettes et assortis en bonus d’extraits de 24 films du patrimoine hardcore américain.

Commentaires

J’en ai l’impression, mais n’en suis pas certain à 100 % !

6 février 2014 | Par Alan Deprez

bonjour,

le coffret blue one qui propose les 5 films

sont tous en version intégrale ou pas ??

5 février 2014 | Par yogai

Ça fait plaisir ! Même si je ne sais pas si j’aurai le temps de m’acquitter de l’opus du mois de mars, pour cause de finitions d’Erotomania...

22 mars 2012 | Par Vivadavidlynch

Merci pour ce nouvel opus que je découvre seulement maintenant !

20 mars 2012 | Par benika

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