Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - L’infirmière du régiment

28 décembre 2011 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

« Leur vie est entre vos fesses. »

L'adorable fessier de Nadia Cassini

Après l’éprouvant documentaire Graphic Sexual Horror, dont je vous ai vanté les mérites le mois passé, terminons l’année sur une note plus légère avec L’infirmière du régiment (L’infermiera nella corsia dei militari, 1979), fleuron de la comédie polissonne italienne. Un genre initié dans les 70’s, plutôt méconnu, entre érotisme « light », blagues égrillardes et humour potache, mais qui recèle son lot d’œuvres disparates, aux fréquentes saillies absurdo-burlesques, telles Les mille et une nuits érotiques (Finalmente… le mille e una notte, Antonio Margheriti, 1972), exsudant le sex-appeal des exquises Barbara Bouchet et Femi Benussi, La flic chez les poulets (La poliziotta fa carriera, Michele Massimo Tarantini, 1976), La prof du bahut (La professora di scienze naturali, Michele Massimo Tarantini, 1976), ou encore L’infirmière de nuit (L’infermiera di notte, Mariano Laurenti, 1979).

Nadia Cassini se la donne aux côtés de ses footeux US "gay friendly"

Des films qui mettent à rude épreuve les garants du bon goût cinéphilique, mais s’octroient pour certains la présence d’une des déesses du Bis, la torride Edwige Fenech, au pouvoir de fascination tutoyant l’absolu. On la retrouve dans pléthore d’œuvres cultes, naviguant volontiers entre les genres : aventure exotique (Samoa, fille sauvage, Guido Malatesta, 1968), comédie « bavaroise » (L’auberge des plaisirs, Franz Antel, 1969), « thriller » pré-giallo (le chef-d’œuvre L’île de l’épouvante, Mario Bava, 1970), giallo (comme le classique Nue pour l’assassin, Andrea Bianchi, 1975), ou plus récemment le « torture porn » Hostel - chapitre II (Eli Roth, 2007).

« Ma femme n’est pas frigide, c’est un vrai frigo surmonté d’un congélateur. » (analyse)

L’infirmière du régiment s’est paré à sa sortie en France du titre L’infirmière de l’hosto du régiment qui, comme le rappelle l’érudit Christophe Lemaire dans la présentation du film, est ridicule, compte-tenu du fait que l’œuvre se passe dans un asile psychiatrique. Il a sans doute été choisi à l’époque pour surfer sur le succès des « films de bidasses ». La sublime Nadia Cassini Commis par le briscard Mariano Laurenti (Satiricosissimo, Ubalda, All Naked and Warm, Les lycéennes redoublent), le film est tout entier dédié à la beauté de la sublime Nadia Cassini, que beaucoup ont découverte en Reine des Amazones de l’inénarrable space opera « pop » Starcrash (Luigi Cozzi, 1978). Les autres ont pu l’admirer dans La possédée du vice (Il dio serpente, Piero Vivarelli, 1970), Quand les femmes font Ding Dong (Bruno Corbucci, 1971), Retraite mortelle (Pulp, Mike Hodges, 1972) ou Adorables infidèles (Giovani, belle… probabilmente ricche, Michele Massimo Tarantini, 1982).

Elle y est secondée par Lino Banfi, stakhanoviste du genre (Quatre zizis au garde à vous, La prof et les cancres, La flic à la police des mœurs, La baigneuse fait des vagues, …), ainsi que par les seconds couteaux Paolo Giusti (La route de Corinthe de Claude Chabrol, Don Camillo et les contestataires, Le retour de Patrick, suite « low budget » du Patrick de Richard Franklin) et Elio Zamuto (Terror Commando aka Milano violenta, La louve sanguinaire, Napoli violenta d’Umberto Lenzi).

Les plus attentifs remarqueront la présence de Karin Schubert, peu avare de ses atouts et qui partagea sa carrière entre « mainstream » (La folie des grandeurs, aux côtés de Montand et de Funès), exploitation (Les rangers défient les karatékas), érotisme « softcore » (Black Emanuelle, Une femme spéciale de Pallardy) et porno (Chaleurs sexuelles, Chaude et perverse Emilia, The Devil in Mr. Holmes, cotoyant le « missile » de John Holmes, Enfoncées bien à fond), auquel elle s’est adonnée sur le tard (à la quarantaine !). Sans oublier - dans le rôle du peintre érotomane Peppino - Alvaro Vitali, comique grimaçant du cinéma transalpin (Amarcord de Fellini, Parfum de femme de Dino Risi, La prof donne des leçons particulières, La Zézette plaît aux marins, …), qui ferait presque passer Dany Boon pour Woody Allen

Nadia Cassini et Alvaro Vitali, célèbre comique italien aux mimiques outrées

Dès l’entame du film, on est plongé dans le grand bain au travers de gags consternants, rivalisant de nullité pour le plaisir des spectateurs fin gourmets. En effet, L’infirmière du régiment se déroule dans un institut pour malades mentaux ; porte ouverte vers des péripéties échevelées, qui éclaboussent l’écran jusqu’à l’ultime minute. Et à ce niveau, c’est un festival : les claques résonnent outrageusement, le directeur de l’établissement (campé par Lino Banfi) frôle le ridicule patenté lorsqu’il se déguise en fonction des marottes de chaque pensionnaire (l’un se prend pour Napoléon, l’autre pour Rommel, …) et se cogne à l’un d’eux, sympathisant nazi, quand ils font simultanément le salut hitlérien, … sans oublier cette bonne sœur aux pets dévastateurs ! Impossible de toutes les énumérer ici, sous peine d’y passer la nuit…

Grazia Mancini (incarnée par la « caliente » Nadia Cassini) est dépêchée sur place en « mission undercover » : chanteuse de cabaret qui se fait passer pour une infirmière (!), afin d’y dérober des tableaux (deux Caravage) pour un truand notoire. C’est évidemment un prétexte idéal pour dévoiler à foison les formes délicieuses de l’actrice et sa croupe joliment bombée. Elle y apparaît telle une vision divine, mutine et incendiaire (tout un programme !)… Et quelle manière d’onduler au rythme de ce morceau de disco « kitschissime », accompagnée de footballeurs américains à l’allure « queer »…

Mamma mia, Nadia ! (conclusion)

D’un intérêt cinématographique restreint, L’infirmière du régiment ne vaut décidément que pour la plastique de sa star Nadia Cassini et un humour à la subtilité pachydermique, hilarant au 36ème degré (ou sous l’emprise de substances illicites). Mais vous auriez tort de vous en priver ; c’est un antidépresseur d’une efficacité redoutable ! Offrez à vos neurones des vacances méritées !

NB : Edité en DVD par BAC Vidéo, le film s’offre une édition correcte, enjolivée d’une présentation par Christophe Lemaire et des bandes-annonces de la collection, où l’on dénombre d’autres « pépites » du genre, telles La flic chez les poulets, La prof donne des leçons particulières et Les 1001 nuits érotiques. Il est à noter qu’il existe des coffrets « duo » comme celui réunissant La prof du bahut (avec Gloria Guida, autre égérie de la « sexy comedy ») et La prof à la plage.

Commentaires

A Ben et Christophe, un tout grand merci, ça fait chaud au cœur ! Vos remerciements sont le couronnement de mon travail de chaque mois ! C’est pour les lecteurs comme vous que je continue cette rubrique, qui m’est si chère...

Christophe, je suis d’accord avec toi sur toute la ligne, Nadia Cassini est un ange (merveilleusement sexué) tombé sur Terre... Et le "nain" en question, c’est Alvaro Vitali, célèbre comique du cinéma italien, qui n’a pas pour habitude d’adopter un humour feutré et subtil ;-) Nos passages en milieu hospitalier seraient tellement plus agréables si les infirmières étaient vêtues/dévêtues de cette façon !

29 décembre 2011 | Par Vivadavidlynch

Merci @Alan pour nous avoir offert la photographie de cette très belle infirmière et de sa magnifique blouse, aérée par l’arrière. Les patients que nous sommes malheureusement parfois, obligés de porter une blouse de papier (blanche ou verte) systématiquement ouverte dans le dos, sont enfin mis sur un pied d’égalité avec leurs anges gardiens ! AAaah ! Et puis, cet ensemble noir (string noir, légèrement transparent, chic et de bon goût) ajoute une touche de sérieux indispensable face au nain (laid et chevelu) au gros nœud noir (enfin, j’me comprends) positionné face à elle. Merci @Alan !

29 décembre 2011 | Par Darkness Fanzine

Du fin fond de mon bureau, un grand merci pour ce deuxième numéro !

28 décembre 2011 | Par Benika

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