Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - L’Enchanteresse

29 juin 2012 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Celtic Swallow

Nommé dans la catégorie « Meilleur Film » des Hot d’Or en 2009, L’Enchanteresse est le premier long-métrage de Dist de Kaerth (co-réalisateur de Echap), avec en tête d’affiche l’envoûtante Elodie Bathory (Initiation d’une jeune libertine, Sexuelle randonnée, La soubrette est bonne de... Zob Rombie !) et la pulpeuse Liza Del Sierra (Les concubines, Desperate Sex Wives, le rape and revenge Villa Captive). Elles sont accompagnées pour l’occasion par Mylene Slyver (Pascal le grand frère pineur, Les célébrités du X à la ferme), la craquante Eliska Cross (Au plus profond de Cécilia, Le Bal des Hardeuses, Histoires de sexe(s) d’Ovidie & Jack Tyler) et Bamboo, à l’imposante filmographie (La soirée de connes & Mi putes mi soumises de Patrice Cabanel, Eloge de la chair de Jack Tyler, …).

Côté calibres, elles se la donnent avec Cyril Willis (Un plan cul presque parfait), le routard du hard Pascal Saint James (Pulsions inavouables de Michel Ricaud, Les rêves de Katia, Priscilla, fièvre au peep show d’Alain Payet) et Merlin (!), aperçu dans Proies du vice.

« Si t’étais aussi attentionné qu’abruti, je serais une femme comblée, moi ! » (analyse)

De mystérieux symboles celtiques (croix, écritures, …), flirtant avec le kitsch, apparaissent dès le pré-générique et font l’objet de plans de coupe - amenés en surimpression ou fondus enchaînés - sur lesquels une BO rock cultive le décalage. Ces plans sont stylisés par des effets (flashes, …), l’utilisation du noir et blanc, du sépia, d’une saturation des couleurs excessive ou de choix chromatiques tranchés (tel ce Belzébuth filtré en rouge). Dist de Kaerth parsème l’œuvre d’images d’Epinal du genre, convoquant sous-bois ombragés, clairières nimbées de soleil et présence féminine évanescente.

Basé sur une supposée légende, L’Enchanteresse suit l’itinéraire de deux couples en crise (incarnés respectivement par Mylene Slyver/Cyril Willis & Liza Del Sierra/Merlin), qui décident de partir en vacances pour faire le point. Ils se croisent en bord de mer, puis chacun tente de se réconcilier au lit avec son conjoint. Néanmoins, les vieilles rancœurs affleurent à la surface et déclenchent de nouvelles disputes. Rengaine connue… Si ce n’est que tout ce beau monde finira par rencontrer une divinité de la forêt (la sublime Elodie Bathory) et ressentir son aura surnaturelle, cédant rapidement à l’appel de la chair…

Dans le rôle, la dégaine romantico-gothique, le teint de peau laiteux et le physique gracieux d’Elodie Bathory font des ravages, conférant un charisme certain au personnage. Une allure générale rappelant un peu celle de la non moins divine Ovidie (assurant par ailleurs la voix off du film), qui - comme on le sait - est passée depuis avec succès à la réalisation (Orgie en noir, Lilith, Histoires de sexe(s)). Liza Del Sierra s’exprime quant à elle avec la « verve » qu’on lui connaît dans une séquence fantasmatique à tonalité rose où, vêtue de porte-jarretelles, elle démontre une fois de plus son art. Effectivement, qui ne succomberait pas au « bonbon » de Liza ? Parmi les plus jolies courbes du métier, sans contestation aucune !

S’en suit une scène lesbienne réussie entre Mylene Slyver et Elodie Bathory, qui démarre toute en délicatesse et sensualité. L’intensité dans l’acte augmente crescendo - nous offrant au passage un fist fucking (fait assez rare que pour être souligné) - et l’on assiste à un échange agréable entre les deux demoiselles. Après une séquence de baise sans imagination - et pour tout dire inutile - entre Bamboo et Pascal Saint James, prenant place juste après la rupture des deux couples principaux, François (Cyril Willis), désormais célibataire, rejoint sa maîtresse (Eliska Cross) pour une excitante partie de jambes en l’air « en milieu domestique ».

In fine, les cœurs brisés, plaqués par leur moitié, se rejoignent et se consolent de la façon que l’on imagine. Ils se rendent dans les bois le lendemain et aperçoivent une dernière fois l’enchanteresse, qui leur affirme qu’ils sont désormais libres, avant de disparaître…

« Mais quelle idée à la con… La Vendée en janvier ! » (conclusion)

Si l’on accepte de passer outre ses tares apparentes (rendu visuel très « porno des familles », du fait d’un tournage vidéo léger, technique aléatoire, situations pour la plupart archi-convenues, …), il se dégage de L’Enchanteresse une poésie fragile, au travers d’une série d’images bucoliques. Y émerge Elodie Bathory, parfaite dans la peau de l’héroïne éthérée en titre.

PS : L’édition DVD conçue par V Communications, en plus de proposer un bêtisier entrecoupant le post-générique (crédits), dispose de quelques maigres suppléments : une galerie photos (sur fond psychédélique) et les bandes-annonces d’autres sorties de l’éditeur. C’est peu…

Commentaires

JPierre, tu m’intrigues... Si tu veux que l’on discute plus en avant, envoie-moi un mail sur vivadavidlynch@gmail.com (en effet, il m’est impossible de voir ton adresse mail).
Et merci pour le compliment !

31 janvier 2013 | Par Alan Deprez

L’analyse est DROLE, comme d’hab. !!! Il faut que je voie ce film !!!
JPierre, le pornographe parisien, joignable au mail indiqué.

31 janvier 2013 | Par JPierre

Merci merci pour ce "LDB" ! Je me le mets en réserve et ferai un feed back !

1er juillet 2012 | Par benika

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