Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - L’éducation d’Anna

28 janvier 2012 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

« Nous allons t’éduquer, ma chérie. »

Anna (Gyn Seng) en tenue d'initiation.

« Faudra la dresser à sucer aussi bien que toi ! » (avant-propos)

Réalisé de main de maître par Michel Ricaud, franc-tireur du porno hexagonal (Violée mais consentante, le documentaire « transgenre » Et il voulut être une femme, Allô sodo 69-69, l’avant-gardiste Sexandroide) dont Marc Dorcel parvint à canaliser les exubérances en seconde partie de carrière (Attention fillettes…, La femme en noir, Couples infidèles, La Vénus bleue), L’éducation d’Anna (1989) peut se prévaloir de la présence en tête d’affiche de l’envoûtante Solange Hop (Mafia Connection, La ceinture de chasteté de Ricaud) sous pseudo Gyn Seng, aux côtés des stars Keisha (The Honeymooners de Bob Chinn, Moving In ! d’Alex de Renzy, Romeo and Juliet de Paul Thomas), Joy Karin’s (L’infirmière est un bon coup d’Alain Payet, Harem romain & Dracula de Salieri) et Dominique Saint Claire, omniprésente dans un bon paquet de classiques du hard français (Les petites écolières de Claude Mulot, Les bas de soie noire, Ma mère me prostitue de Francis Leroi, Journal intime d’une nymphomane de Gérard Kikoïne).

Keisha, au sex-appeal "opulent".

« Tiens, esclave, reçois mon foutre sur la croupe ! » (analyse)

L’éducation d’Anna prend pour alibi la rédaction du manuscrit d’un roman érotique (par Anna) afin de dérouler un maximum de séquences hard et surtout de développer, comme son titre l’indique, une histoire d’initiation sexuelle au potentiel sadien, postulat de base se révélant la panacée pour nombre de productions pornographiques.

Au-delà du décorum et des costumes « so 80’s », qui peuvent prêter à sourire, sans oublier la faculté sidérante qu’ont les actrices à simuler en hurlant/gesticulant de façon échevelée (aspect renforcé par le travail enhardi des doubleuses), l’œuvre s’ancre rapidement dans un univers fantasmatique de bourgeoisie feutrée, se complaisant volontiers dans la luxure. Dans ce cadre douillet, l’optique voyeuriste d’une poignée de scènes, inhérente à la réalisation de Ricaud (en collaboration avec son chef op François Margueritte), s’épanouit via les miroirs sans tain disséminés dans le château, les amorces dans le plan et une caméra dont les mouvements effleurent l’anatomie délicieuses des actrices.

Objet d’un apprentissage SM, Anna (Gyn Seng) a un physique qui fait merveille dans de pareilles « cérémonies » ; petit gabarit, seins menus, fine et gracile, une allure symptomatique de cette époque pas si lointaine où les actrices étaient 100 % naturelles… A cet égard, la sempiternelle scène saphique (entre Gyn Seng et Keisha) n’a que plus d’attrait de par les morphologies des actrices : l’une filiforme, l’autre gironde/pulpeuse.

Une des séquences-clés du film.

Qui plus est, entre corsets de cuir à lacets, tulle et dentelle, le film se pare d’une dimension fétichiste bienvenue (en accord avec le récit), qui culmine avec le port d’une ceinture de chasteté métallique par l’héroïne. Le clou en est indéniablement cette séquence où Anna est dominée, tatouée et baisée par un homme au crâne chauve (nommé Abdul !) et au torse couvert de tatouages, orchestrant de facto l’union des obsessions singulières du cinéaste et de l’apparat des production Dorcel.

On perçoit la « touche Ricaud » au détour du caractère frontal de certains rapports et de ces séquences de sexe « à l’aveugle » (les yeux bandés) ; une « patte » reconnaissable qui exsude durant ce climax où Anna est emprisonnée sous un drap de soie noire, puis entreprise au travers d’orifices créés à cet effet.

« J’ai compris grâce à mes maîtres que je ne suis en fait qu’un objet sexuel. » (conclusion)

L’éducation d’Anna est un mariage réussi entre la crudité de l’acte prônée par un trublion du porno (Michel Ricaud) et le « standing » d’une boîte alors prestigieuse (Marc Dorcel Production). Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Anna (Gyn Seng).

NB : L’édition DVD Marc Dorcel, en sus du film au master correct (sans plus) et doté d’un son 5.1, propose en bonus un best of de scènes hard des productions maison, quelques photos (stills) extraites du film et une surprise dont je ne dévoilerai pas la teneur, hormis qu’on y retrouve l’impayable Piotr Stanislas.

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