Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - Sacred Flesh

19 janvier 2013 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Eroto-nonnes

Cuni clérical en mode 69...

Après des mois de disette, janvier 2013 marque officiellement le grand retour du Loup derrière la Bergerie sur Cinémafantastique. Je m’étais absenté depuis bien trop longtemps et m’en excuse platement auprès des fidèles de ma chronique rose, mais mes activités chez Hot Vidéo me prennent (presque) tout mon temps. En gros, j’ai eu tendance à marcher au plafond vers la fin 2012… Bref…

Le loup à la langue bien pendue fait son comeback via l’obscur nunsploitation british Sacred Flesh (2000), réalisé et scénarisé par l’anonyme Nigel Wingrove (la trilogie sexy trash Satanic Sluts, dédiée à une belle brochette de furieuses amazones gothiques), sous l’égide de Jake West (qui a participé au montage).

Bonne sœur en chaleur

On n’y retrouve guère que des actrices pour la plupart peu farouches, mais dont c’est la seule apparition à l’écran (Sally Tremaine - la Mère Supérieure, Daisy Weston - Sœur Brigitte, Laura Plair - une succube, …), ainsi que des comédiens de seconde (troisième ?) zone : Moyna Cope (la série BBC Doctors, le drame Acts of Godfrey), Kristina Bill (dans les tréfonds du cast de The Affair of the Necklace, film d’époque starring Hilary Swank) ou encore le cabotin Simon Hill (le sci-fi flick du pauvre Zone 39, la série « pépère » Hercule Poirot).

On y remarque tout de même la méconnue Emily Booth, abonnée au genre : Cradle of Fear (Alex Chandon, 2001), l’extrêmement jouissif Evil Aliens (Jake West, 2005), Doghouse (Jake West, 2009) et Don’t (2007), faux trailer mis en scène par Edgar Wright pour le Grindhouse des duettistes Rodriguez/Tarantino.

Ça se la donne chez les nonnes ! Le ton est donné dès le pré-générique un peu cheap de ce Sacred Flesh  : succession d’images sacrilèges - dont un crucifix immergé dans un liquide douteux, rappelant le Piss Christ de l’artiste Andres Serrano - sur des couleurs saturées dégoulinantes (pour l’essentiel, du rouge et jaune vifs).

Nous dérivons ensuite vers le cas d’une nonne tiraillée par les forces démoniaques - son côté obscur et sa libido, en somme -, postulat incontournable de la « nunsploit’ », des Diables (The Devils, Ken Russell, 1971) à l’esthétisant Couvent de la bête sacrée (Seijû gakuen, Norifumi Suzuki, 1974).

Horriblement bavarde, l’entame du film fait craindre le pire et le jeu hasardeux des acteurs n’est pas de nature à apaiser nos appréhensions. Tout comme le rendu visuel général très vidéo, contrastant inélégamment avec l’époque soi-disant traitée (le Moyen-Âge, sans plus de précision).

Au vu du résultat, il n’est pas étonnant que les chefs op (Chris Herd & James MacDonald) n’aient pas été félicités pour leur travail ; l’ensemble ressemblant parfois à du Andrew Blake shooté avec les pieds et relevé de la naïveté propre aux univers érotico-fantastiques du regretté Jean Rollin.

Le ridicule ne tue pas...

En attente de la vision des premiers nibards ou de petits culs rebondis, on prend son mal en patience et suit - sans s’y intéresser vraiment - le déluge de litanies proférées par les femmes d’Eglise, questionnant leur foi et leurs désirs refoulés.

A ce sujet, le premier téton pointera brièvement le bout de son aréole après environ 18 minutes de métrage (je précise, pour les érotomanes à la montée de sève rapide) et les plus endurants seront récompensés par une belle séance de masturbation hérétique aux alentours de la 25ème minute.

Les apparitions grandiloquentes d’une nonne squelettique au crâne proéminent finissent quant à elles de noyer Sacred Flesh dans les eaux saumâtres du Z qui ne s’assume pas totalement comme tel…

Mais petit à petit, on se laisse gagner par l’atmosphère bancale et psyché-bandulatoire de l’œuvre, qui nous touche par tant de maladresse. Une aberration filmique tellement à côté de la plaque et outrancière qu’elle en devient fascinante.

Honnêtement, vous pourriez résister à un tel regard ?

A son corps défendant (sic), on finit par reluquer d’un œil torve ces bonnes sœurs aux gros seins (je ne savais pas que les nonnes étaient si bien gaulées !) et le film agirait presque par instants comme un psychotrope. Même si nous ne sommes pas samedi soir, on a l’impression d’être « druggy », presque hébété face à certaines séquences.

Mention spéciale au viol par deux ecclésiastiques dégueulasses de cette sublime « nonnette » aux grands yeux clairs implorants et à la poitrine menue. Dommage que Sacred Flesh n’ait pas plus régulièrement cédé à cette fièvre déraisonnée et cette folie qui aurait dû être sienne…

Chaud, chaud, chaud ! Flirtant souvent avec le ridicule, décousu, absurde et d’un mauvais goût prégnant, Sacred Flesh se déguste comme une bière fraîche, sirotée avachi dans un bain chaud… Un plaisir coupable gratiné, que l’on déconseille vivement aux lecteurs de Télérama, mais qui devrait titiller la fibre érectile de la plupart des cinéphiles déviants. Même si l’on pourra toujours arguer que l’œuvre aurait pu (dû ?) se montrer plus généreuse au rayon gore et cul.

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